Energie, Climat et Population... - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 13/02/2011 à 20h56 par Fred.

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Energie, Climat et Population...


Titre original : Energie, Climat et Population : les termes indissociables d'une même équation planétaire


Lors de l'ouverture du sommet mondial sur l'énergie de l'avenir à Abou Dabi, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a appelé à une véritable révolution dans le domaine des énergies propres.

"Nous avons besoin d'une révolution globale dans le domaine des énergies propres, une révolution qui rendrait l'énergie accessible et abordable pour tous", indique-t-il.

L'ONU prévoit que d'ici 2030, la consommation d'énergie aura augmenté de 40 % dans la plupart des pays en voie de développement.

Or, dans ces pays, 1,6 milliard de personnes souffrent toujours d'un manque d'accès à l'électricité et 3 milliards de personnes dépendent encore de l'énergie traditionnelle pour la cuisine, le chauffage et d'autres besoins de base. (...)

« Investir dans l'économie verte n'est pas simplement un luxe du monde développé. Cela représente aussi une opportunité pour la création d'emplois, la croissance économique des pays et la prospérité pour tous », a ajouté Ban Ki-moon.

Cet appel du Secrétaire général de l'ONU survient au moment où une étude publiée par l'"Universal Ecological Fund", une organisation non gouvernementale révèle que le réchauffement et l'accroissement de la population mondiale risquent d'entraîner des pénuries alimentaires d'ici 2020.

Si rien de plus n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, dont surtout le CO2 produit par la combustion des hydrocarbures et du charbon, un tel scénario est alors très plausible, insistent les auteurs de cette étude.

Les experts du Groupe international d'experts sur le climat (Giec) avaient déjà déterminé en 2006 qu'une hausse de la température terrestre de plus de 2 degrés au-dessus de celle d'avant l'ère pré-industrielle "serait dangereuse".

La combinaison de l'impact de la montée des températures sur la production agricole et de la croissance de la population mondiale, qui devrait atteindre 7,8 milliards d'individus en 2020 (plus 900 millions par rapport à aujourd'hui) entraînera des pénuries pour trois des quatre principales cultures du globe, selon eux.

La production mondiale de blé subira un déficit de 14 % par rapport à la demande d'ici dix ans. Ce chiffre sera de 11 % pour le riz et de 9 % pour le maïs. Le soja est la seule culture majeure qui connaîtra une augmentation de sa production, permettant un excédent de 5 % sur la demande, selon cette projection.

L'eau et le climat, deux ingrédients essentiels à la production alimentaire, seront particulièrement affectés par le réchauffement, relève le climatologue Osvaldo Canziani, un des anciens responsables du Giec et principal conseiller scientifique pour ce rapport.

En outre, la plupart des terres arables dans le monde sont déjà exploitées, rappellent ses auteurs qui soulignent que les espaces agricoles sont devenus des valeurs spéculatives.

Depuis 2006, près de 20 millions d'hectares de terres arables auraient fait l'objet de négociations dans le monde, selon Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation. Des transactions correspondant presque à la surface arable française.

Cette étude est à recouper avec les chiffres de l'ONU qui montrent qu'en 50 ans, la surface moyenne de terres arables par personne a été divisée par deux dans l'ensemble des pays en développement, passant de 0,3 à 0,15 hectare par personne.

L'eau disponible, principalement sous forme de précipitations, et les conditions climatiques seront donc les deux facteurs les plus déterminants pour la production alimentaire mondiale, avec des effets négatifs pour les régions devenant plus sèches, et positifs pour celles plus humides et chaudes.

L'Inde, second producteur mondial de riz et de blé, pourrait subir une diminution de jusqu'à 30 % de ces deux récoltes. En revanche, la Chine, plus grand producteur de riz et de blé et second de maïs, devrait accroître ces productions de 20 %.

En Europe, les pays du Nord, comme la Suède ou la Norvège, bénéficieront du réchauffement pour voir leurs rendements de blé grimper de 3 à 4 % d'ici 2020, selon ce rapport.

Mais les pays européens du bassin méditerranéen dont l'Italie, l'Espagne et la France subiraient une baisse de 10 % de l'ensemble de leurs récoltes, surtout des raisins dont ils représentent ensemble aujourd'hui 30 % de la production mondiale. (...)

Ces différentes études nous montrent que tout se tient et que nous devons modifier radicalement la gestion globale des ressources de notre planète si nous voulons assurer la survie de notre espèce.

Il est frappant de voir, en nous appuyant sur l'histoire de la terre au cours de ces vingt derniers siècles, à quel point les changements climatiques ont des conséquences importantes sur le plan économique, social et politique et nous risquons malheureusement d'en avoir une illustration de grande ampleur si nous ne prenons pas au niveau planétaire des mesures plus énergiques et plus cohérentes pour limiter pendant que cela est encore possible, le changement climatique majeur qui est en train de s'opérer sous nos yeux à un rythme sans précédent dans l'histoire de l'humanité.


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Auteur : René TREGOUËT (www.tregouet.org). Sénateur honoraire, fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

Source : www.notre-planete.info

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