"En France, les intérêts économiques priment sur la santé publique" - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 16/09/2009 à 19h57 par Tanka.


"EN FRANCE, LES INTÉRÊTS ÉCONOMIQUES PRIMENT SUR LA SANTÉ PUBLIQUE"

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
"En France, les intérêts économiques priment sur la santé publique"

Information recuiellie par Tanka.

L'actu : le nombre de pathologies liées à l'environnement (cancers, asthme, malformations...) augmente dans les pays Occidentaux. Un phénomène pas suffisamment prix au sérieux par le corps médical, selon le docteur Joël Spiroux, expert en santé environnementale. État des lieux à quelques jours du premier congrès européen sur ces questions, qui se tiendra les 9 et 10 octobre à Rouen.

Pathologies environnementales : des chiffres qui font peur

- La production de substances chimiques dans le monde est passée d'un million de tonnes en 1930 à 400 millions de tonnes en 2004, selon l'Agence française de sécurité sanitaire et environnementale (Afsse)

- Les cancers ont progressé de plus de 50% en 20 ans en France, devenant en 2008 la première cause de mortalité, selon l'Institut de veille sanitaire (Invs).

- Les pathologies respiratoires touchent plus de 25% des Français, la prévalence de l'asthme étant passée de 3% à 7% en seulement 15 ans, selon le ministère de la Santé.

- Le nombre de malformations néonatales a doublé en 20 ans à Paris et en région parisienne, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

- Le nombre de pathologies infectieuses a doublé en 15 ans dans les pays occidentaux, selon l'Institut Pasteur.

Les explications du docteur Spiroux, expert en santé environnementale

Avant de devenir médecin généraliste, Joël Spiroux a travaillé comme technicien agricole. Une expérience qui lui a permis de comprendre très tôt l'importance des liens entre environnement et santé. Membre du conseil scientifique du Comité de Recherche et d'information indépendant sur le génie génétique (CRIIGEN), il est l'un des organisateurs du premier congrès européen sur les pathologies environnementales (ECEP), qui se tiendra les 9 et 10 octobre à Rouen.

GEO.fr : Le corps médical français prend-il au sérieux les liens entre santé et environnement ?

Les médecins commencent à peine à s'intéresser à ces questions, mais on vit encore dans une sorte de déni. Depuis la fin du XIXe siècle et les découvertes de Pasteur, les médecins établissent un lien de cause à effet entre une bactérie et une pathologie. Or, en ce qui concerne les pathologies environnementales, la menace vient souvent d'un cocktail de produits polluants et chimiques. Et comme on ne trouve pas de cause précise, on préfère dire qu'il n'en existe pas. Le meilleur exemple, c'est le cancer. En 2008, l'Académie de Médecine explique qu'environ 30% des cancers sont dus à l'alcool et au tabac, et un peu plus de 1% à des facteurs environnementaux comme la pollution. Les 60% restants, on préfère ne pas les identifier.

GEO.fr : Vous êtes favorable à une redéfinition de la notion d'environnement. Pourquoi ?

"L'environnement, c'est tout ce qui n'est pas moi", disait Albert Einstein. Il est important pour le corps médical de prendre en compte toutes les formes d'environnement : biologique (la faune, la flore, notre impact sur le monde vivant), physique (les rayonnements magnétiques, ionisants...), chimique (les pesticides et autres produits toxiques), et sensoriel (la pollution sonore et visuelle). Mais il est également essentiel de considérer notre environnement cognitif (la culture, la famille) et socio-anthropologique, car on ne souffre pas des mêmes pathologies dans le XVIe arrondissement de Paris ou dans un bidonville de Soweto, en Afrique du Sud. Enfin, il ne faut pas oublier l'importance de nos comportements, c'est-à-dire notre adaptabilité et notre capacité de nuisance sur l'environnement. Ces trois dernières dimensions ne sont pas du tout prises en compte dans les Plans Santé-Environnement du gouvernement.

GEO.fr : Que sait-on aujourd'hui des pathologies liées à la consommation de pesticides ?

Les pesticides sont des perturbateurs endocriniens. En déréglant le système hormonal, ils peuvent notamment entraîner des malformations néonatales. Avec un de mes collègues du CRIIGEN, le docteur Gilles-Eric Seralini, nous avons, par exemple, démontré les effets toxiques du Roundup (un herbicide de la firme Monsanto) sur les cellules hépatiques et embryonnaires.

GEO.fr : Si l'impact sur la santé des pesticides est connu, pourquoi la France est-elle toujours la première consommatrice de pesticides en Europe ?

Ce grand écart s'explique par le pouvoir des lobbys. En 2002, l'Agence européenne de l'Environnement, une organisation indépendante, a publié une étude intitulée "Signaux précoces et leçons tardives : le principe de précaution 1896-2000". Ce document montre comment une quinzaine de molécules dont les conséquences néfastes sur la santé étaient connues depuis des dizaines d'années n'ont été interdites qu'au bout de cinquante ans. En France comme ailleurs, les intérêts économiques priment sur les questions de santé publique.

Pour lire la suite de cet article, cliquer sur "Lien utile"