En Argentine, l'avancée du soja transgénique détruit les forêts primitives - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 10/12/2010 à 18h18 par Tanka.


EN ARGENTINE, L'AVANCÉE DU SOJA TRANSGÉNIQUE DÉTRUIT LES FORÊTS PRIMITIVES

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En Argentine, l'avancée du soja transgénique détruit les forêts primitives

Vingt familles campent sur le bord d'une route à Vilner (nord de l'Argentine), pour défendre la forêt primitive face à l'avancée des bulldozers du soja, alors que 190 pays tentent de parvenir à un accord sur le climat à la conférence de l'ONU à Cancun, au Mexique.

"S'ils nous expulsent de la terre de nos ancêtres pour planter du soja, nous n'aurons plus qu'à rejoindre un bidonville", dit Guido Corvalan, la trentaine, petit, le teint mate, aussi déterminé que ses camarades éleveurs des porcs de cette localité de Santiago del Estero.

Ils sont là depuis un mois, vivant sous des tentes colorées, partageant tout, bloquant la route une fois par jour pour attirer l'attention des autorités sur l'avancée du soja, dont la surface cultivée dans la région est 26 fois plus importante qu'il y a vingt ans.

"Nous devons résister, nous n'avons pas le choix", dit Luis Recio, sur lequel pèse un mandat d'arrêt, en s'abritant du soleil avec la main. "Nous voulons que cesse la vente illégale de terres et qu'on protège la forêt pour qu'on puisse continuer à y élever nos animaux".

Près de là, à Pozo Hondo ("Le Puits Profond"), village de 2.000 habitants, c'est la radio La Merced, située à côté de l'église, qui sert de sonnette d'alarme. Le premier à voir un engin de terrassement appelle la radio, qui transmet l'information et permet à une centaine de familles de se mobiliser.

Les autorités, y compris les magistrats, sont du côté des puissants, selon ces petits agriculteurs. Elles approuvent l'expulsion de gens qui ont vécu sur ces terres depuis des générations. Des groupes armés, constitués souvent d'anciens policiers, participent à ces opérations.

Une femme de 31 ans est morte d'une crise cardiaque en mars, alors qu'elle tentait d'empêcher l'avancée d'un bulldozer protégé par des gens armés.

Les expulsions et la destruction des forêts se sont accélérées ces dix dernières années avec le boom du soja, l'un des moteurs de la croissance en Argentine, premier exportateur mondial de farine et d'huile de soja et troisième pour les graines de cet oléagineux.

Le nouvel or vert couvre déjà 18,5 millions d'hectares en Argentine, qui s'attend à une récolte record de 52,7 millions de tonnes en 2011. Il rapporte 6 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros) par an.

L'Argentine a perdu en un siècle près de 70% de ses forêts, qui s'étendaient sur 100 millions d'hectares contre 33,19 millions aujourd'hui.

Dans la province voisine de Salta, qui a perdu 26% de ses forêts en moins de trente ans, la Cour Suprême, saisie par les populations indigènes, a ordonné la suspension de la coupe des forêts naturelles.

A Santiago del Estero, bien plus pauvre que Salta, la destruction de la forêt semble d'autant plus absurde que la terre, très aride, ne pourra pas être cultivée avant des années.

"Il leur faudra attendre cinq ans avant de pouvoir les cultiver", explique Omar Pranzoni, de l'Office des Forêts. "Ils achètent à cause du prix : 150 dollars (112 euros) l'hectare ici contre 10.000 dollars (7.500 euros) dans la riche pampa" (provinces de Buenos Aires, Santa Fe et La Pampa).

Ils rasent tout, laissant quelques rangées d'arbres autour de leur estancia pour éviter que les bulldozers ne soient vus.

Vus d'un petit avion, en revanche, les engins à chenilles apparaissent soudain au loin, tout comme les centaines d'hectares de champs brûlés, débroussaillés, prêts à être plantés. C'est une vision d'horreur, obscène et pénible à la fois.

"Ils ne mesurent pas les conséquences de leurs actes", dit Pranzoni. "Il faut 50 ans pour reconstituer une forêt".

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Auteur : rtlinfo.be

Source : www.rtlinfo.be