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Cette actualité a été publiée le 29/06/2011 à 14h35 par Mich.


E. COLI : HISTOIRE D'UNE BACTÉRIE INDISPENSABLE

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E. coli : histoire d'une bactérie indispensable

 

Depuis hier, il y a un cas d'infection de plus à Bordeaux. Mais l'Escherichia coli, à l'origine d'épidémies outre-Rhin comme sur notre territoire, est la plus étudiée des bactéries, et la plus utile aux microbiologistes.

Ce genre de bactérie vit des déchets qui se trouvent à l'extérieur de nos tissus, comme la peau et les muqueuses de la bouche, de la gorge et du système digestif.

«C'est une bactérie très gentille et indispensable. » Celui qui qualifie ainsi l'Escherichia coli est le microbiologiste Patrice Moreau, et il dirige l'une des équipes du laboratoire de chimie bactérienne du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) d'Aix-Marseille. Mais la bactérie, qui a beaucoup fait parler d'elle en Allemagne il y a un mois, continue d'être sous les feux des médias à Bordeaux.

Hier, une nouvelle personne a été hospitalisée à l'hôpital militaire Robert-Piqué, à Bordeaux. Il s'agit d'une femme de 72 ans, entrée en gastro-entérologie pour cause de diarrhée sanglante. Son état est néanmoins jugé satisfaisant. Au total, 10 personnes sont hospitalisées dans deux hôpitaux bordelais.

De leur côté, les 11 équipes du CNRS d'Aix-Marseille connaissent bien E. coli, puisqu'elles travaillent sur les systèmes bactériens pour décrire le fonctionnement du vivant et analysent les mécanismes de la diversité de ce monde bactérien.

Patrice Moreau explique ainsi qu'« Escherichia coli est la plus utilisée des bactéries. C'est un peu le cheval de bataille des pasteuriens. C'est une bactérie indispensable pour que le système immunitaire fonctionne bien ».

À notre table

Escherichia coli est une « bactérie commensale ». Autrement dit, elle mange habituellement à la même table que nous. Les bactéries commensales sont des bactéries qui vivent des déchets qui se trouvent à l'extérieur de nos tissus, comme la peau et les muqueuses de la bouche, de la gorge et du système digestif.

Elles stimulent ainsi de façon continue notre système de défense et nous permettent de construire notre immunité. De plus, occupant les places disponibles au niveau de nos muqueuses accessibles, elles empêchent des intrus d'y accéder.

Ces bactéries s'habituent très tôt à l'homme. Absentes du corps du nouveau-né, elles y entrent dès la naissance par contamination, via la mère et aussi tous ceux qui manipulent le bébé. « Les diarrhées des nouveau-nés, explique Patrice Moreau, s'expliquent par le fait qu'il faut un peu de temps pour qu'Escherichia coli s'installe et fonctionne. »

Si les bactéries commensales collaborent avec les voisines de même espèce, il n'en est pas de même pour les pathogènes. « Les bactéries pathogènes, précise le microbiologiste aixois, vivent pour elles. Quand elles s'installent dans un organisme, elles rompent l'état d'équilibre.

Elles déposent en effet des plasmides (une molécule d'ADN surnuméraire non indispensable à la survie de la cellule) qui peuvent porter des toxines, de petits gènes résistants aux antibiotiques. C'est ainsi que s'installent des souches pathogènes qui vont tout faire pour tuer. »

Même s'il ne travaille pas dans le domaine strictement médical, mais sachant que l'usage des antibiotiques ne peut que renforcer la résistance des bactéries, Patrice Moreau, qui connaît bien les bouillons de culture pour en cultiver à longueur de temps, estime que « la meilleure solution pour lutter contre elles, c'est de se laver les mains souvent ».

Et pas uniquement en sortant des toilettes ou en se mettant à table. Mais aussi après avoir quitté sa voiture. Toute la journée, on récolte des bactéries, que ce soit sur les poignées de porte ou sur le volant de son automobile.

Dans le réfrigérateur

De la même façon on ne se méfie pas assez de son réfrigérateur. « Le froid n'a jamais tué une bactérie », souligne Patrice Moreau.

Une façon, pour l'homme d'aujourd'hui, de se souvenir que le confort ou la modernité ne protègent en aucun cas de beaucoup de « bestioles » qui étaient installées dans ce monde bien avant sa propre apparition.

 

Un article de Hélène Rouquette-Valeins, publié par sudouest.fr

 

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Auteur : Hélène Rouquette-Valeins

Source : www.sudouest.fr