Durban. Pourquoi la dette climatique est pire que la dette financière - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 28/11/2011 à 23h59 par Mich.


DURBAN. POURQUOI LA DETTE CLIMATIQUE EST PIRE QUE LA DETTE FINANCIÈRE

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Durban. Pourquoi la dette climatique est pire que la dette financière

Des activistes de Greenpeace portant une éolienne sur une plage de Durban, comme symbole avant la conférence

 

LE PLUS. La conférence de l'ONU sur le climat a débuté ce lundi à Durban, en Afrique du Sud. Mais avec la crise financière et économique, une relégation des enjeux écologiques au second plan est à craindre. Une évolution de notre modèle de développement est pourtant urgente explique Corinne Lepage.

La dette climatique est une menace au moins aussi grande que la dette financière, pas seulement pour notre génération mais également pour toutes celles à venir. A terme, c'est l'humanité qui pourrait être remise en cause si la température du globe augmente de cinq ou six degrés comme les experts du Giec semblent l'envisager.

L'objectif principal aujourd'hui est d'adopter un système qui permette le développement économique et la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Avec de la volonté, c'est parfaitement réalisable. Pour y parvenir, la question financière est immanquablement à aborder.

Actuellement, les budgets des Etats sont tels qu'il est inenvisageable de pouvoir tenir l'engagement sur le Fonds vert pour le climat, cette promesse faite à Copenhague en 2009 et actée l'année dernière à Cancun consistant à placer cent milliards de dollars chaque année à partir de 2020, pour aider les pays les plus vulnérables à surmonter l'épreuve du réchauffement. Il faudra alors très probablement instaurer une taxe sur les transactions financières ou une taxe carbone.

Les quatre enjeux de Durban

Quatre enjeux principaux se distinguent de cette conférence de Durban :

- Clore le "gigatonne gap", ce fossé qui mesure la différence entre le niveau d'émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser selon les experts et les émissions réelles. Il renvoie aux fameux "2 degrés par an" à ne pas franchir. Pour s'y conformer, il faudrait que nous émettions moins de 44 milliards de tonnes de CO2 (ou tout autre gaz à effet de serre) par an, or nous sommes actuellement bien au-dessus.

- Le financement. Les pays présents à Cancun avaient promis 10 milliards de dollars par an, de 2010 à 2012, pour le Fonds vert pour le climat. Pour autant, la question des taxes sera forcément prépondérante à Durban, bien que les Américains et les Saoudiens y soient farouchement opposés.

- La suite du protocole de Kyoto. Seuls les Européens sont d'accord pour le prolonger - le droit communautaire leur impose de toute façon à peu près la même chose. Or l'UE ne représente que 11% des émissions de gaz à effet de serre mondiales, elle va donc devoir se trouver des alliés, manoeuvre très difficile à mon sens.

- La mise en oeuvre des accords de Cancun. De nombreuses résolutions ont été adoptées en 2010 (Fonds vert, préservation des forêts dans les pays en développement, rester sous le seuil d'une augmentation de 2 degrés, mécanismes de vérification, etc) et il faut maintenant les mettre en place.

Que peut-on attendre de Durban ?

Si un Kyoto 2 me semble hors de portée et que je doute fort qu'une taxe sur les transactions financières voit le jour à Durban – bien que je la souhaite vivement ! – je pense que cette nouvelle conférence peut mener à de réelles avancées sur les systèmes de contrôle des émissions de gaz à effet de serre, sur la gouvernance du Fonds vert, et sur des aspects plus techniques – mais non négligeables, le diable se cachant bien souvent dans les détails.

Il est primordial de ne pas créer de psychose comme lors du sommet de Copenhague – "demain nous allons tous mourir" – et de se concentrer sur le changement de modèle de développement. Cet objectif est réalisable, comme en atteste le dernier rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement.

Enfin, il me paraît important de souligner que ces problématiques sont intimement liées à des questions de gouvernance et de volonté politique. Or face aux lobbys, pétrolier et dans une moindre mesure nucléaire, la société civile a du mal à se faire entendre.

 

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Propos de Corinne Lepage, présidente de CAP 21, recueillis par Hélène Decommer et publiés par leplus.nouvelobs.com

 

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Auteur : Propos de Corinne Lepage, recueillis par Hélène Decommer