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Cette actualité a été publiée le 14/02/2010 à 18h36 par Tanka.


DU CO2 JUSQUE DANS LE SIROP D'ÉRABLE

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Du CO2 jusque dans le sirop d'érable

Québec - Au rayon des «effets collatéraux» de nos émissions de gaz carbonique, celui-là mérite une place parmi les plus singuliers : d'après la revue Nature, en plus d'être derrière l'actuel réchauffement climatique, le CO2 d'origine humaine pourrait nuire au contrôle de la qualité du... sirop d'érable!

Ces tests, basés sur les isotopes du carbone, servent à prouver si un sirop d'érable a été «coupé» avec un agent sucrant comme du sucre de canne ou du sirop de maïs. Les noyaux atomiques de carbone, rappelons-le, comptent toujours six protons et habituellement six neutrons (on parle alors de «carbone-12», ou 12C), mais il arrive à l'occasion qu'un atome de carbone ait sept neutrons. Cet isotope s'appelle alors «carbone-13», ou 13C.

Comme les plantes utilisent le gaz carbonique (CO2) pour fabriquer du sucre lors de la photosynthèse, une grande partie d'entre elles se retrouvent avec une quantité déterminée de chaque isotope, soit 108 atomes de 13C par 10 000 atomes de carbone. Or, poursuit Nature, il existe d'autres plantes, comme la canne à sucre et le maïs, qui ont une manière un peu différente de faire leur photosynthèse, ce qui leur donne une teneur légèrement supérieure en carbone-13 : 110 ato­mes par 10 000.

La différence est minime, mais elle est néanmoins suffisante pour qu'un test soit basé dessus. Selon Yves Buies, du groupe de recherche ACER sur l'érable, il arrive que ce test soit utilisé au Québec, bien que très rarement en raison de son coût exorbitant.

Mais voilà, selon les travaux d'un géochimiste de l'Université Colgate, dans l'État de New York, William Peck, et de son étudiante Stephanie Tubman, les masses de CO2 rejetées dans l'atmosphère par l'activité humaine changent la proportion naturelle des isotopes du carbone, relâchant une part anormalement grande de carbone-12. Ce qui risque, à terme, de plus ou moins brouiller le test en question. En analysant 246 échantillons de sirop d'érable du Vermont et de New York produits entre 1970 et 2006, M. Peck et Mme Tubman ont trouvé que le ratio de 13C était passé de 108,7 à 108,5 par 10 000 pendant cette période.

Les tests corrigés?

Il s'agit évidemment d'un changement minuscule, mais comme la différence de ratios sur laquelle se base le test isotopique (110 contre 108 par 10 000) n'est pas grande elle non plus, les chercheurs avertissent dans leur article, publié dans le Journal of Agriculture and Food Chemistry, que «les tests statistiques et les valeurs seuils d'isotopes du carbone utilisés pour évaluer l'authenticité de la nourriture pourraient devoir être corrigés pour tenir compte des changements atmosphériques. La littérature et les nouvelles données montrent [...] que les seuils pour l'ajout de sucre de canne ou de maïs dans le sirop d'érable sont devenus plus laxistes avec le temps.»

Par JF CLICHE - Source : cyberpresse.ca

Information recueillie par Tanka

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