Disparitions massives d'abeilles: la traduction des gènes en cause - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 26/08/2009 à 22h10 par Michel Walter.


DISPARITIONS MASSIVES D'ABEILLES: LA TRADUCTION DES GÈNES EN CAUSE

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Disparitions massives d'abeilles: la traduction des gènes en cause

Information sélectionnée par Colibri Michel

Les mécanismes de fabrication des protéines à partir de l'ADN seraient perturbés chez les abeilles victimes du syndrome d'effondrement des colonies.

Des chercheurs américains pensent avoir trouvé, pour la première fois, un marqueur biologique permettant de caractériser le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles aux États-Unis (CCD pour colony collapse disorder en anglais.

La présence d'un virus de paralysie aiguë (IAPV), identifié en 2007, ne suffit pas à expliquer ces nombreuses pertes de ruches, d'où les abeilles disparaissent en masse.

Grâce à une étude génomique, basée sur l'analyse du génome intestinal d'un très grand nombre d'abeilles, May Berenbaum (University of Illinois, E-U) et ses collègues ont découvert une anomalie dans l'expression des gènes chez les abeilles touchées par le CCD.

A l'intérieur des cellules, l'information codée par l'ADN est retranscrite et transmise aux centres de fabrication des protéines, les ribosomes. Or, chez les abeilles issues de zones affectées par le CCD aux États-Unis, le constituant principal de ces ribosomes -l'ARN ribosomique- montre des signes de dégradation inhabituels, expliquent les chercheurs dans les Proceedings of the National Academy of Sciences publiés cette semaine. Certaines informations génétiques ne peuvent alors plus être transcrites en protéines.

Ces fragments dégradés d'ARN ribosomique sont peu fréquents chez les abeilles issues de régions où les ruches n'étaient pas atteintes du CCD alors qu'ils sont légion dans les régions touchées par les disparitions d'abeilles. Il s'agirait donc d'un indicateur significatif du syndrome. Les chercheurs suspectent des virus de la famille des dicistrovirus, comme l'IAPV, de perturber la machinerie cellulaire des abeilles et de les priver ainsi de protéines essentielles pour se défendre contre des infections ou faire face à un stress environnemental.

Ces travaux fournissent un nouveau moyen d'identifier le CCD mais ne facilitent pas la tâche des apiculteurs : ce syndrome n'a ni cause unique ni remède simple.

Cécile Dumas
Sciences-et-Avenir.com
25/08/09