Devant l'anomie actuelle : Quel monde pour quelle vie ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 18/11/2011 à 07h40 par Kannie.


DEVANT L'ANOMIE ACTUELLE : QUEL MONDE POUR QUELLE VIE ?

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Devant l'anomie actuelle : Quel monde pour quelle vie ?

 

«Le bien-vivre, la qualité et la poésie de la vie, y compris dans son rythme, sont des choses qui doivent -ensemble- nous guider. C'est pour l'humanité une si belle finalité. Cela implique aussi et simultanément de juguler des choses comme la spéculation internationale... Si l'on ne parvient pas à se sauver de ces pieuvres qui nous menacent et dont la force s'accentue, s'accélère, il n'y aura pas de bien-vivre.» Edgard Morin, philosophe

La crise financière qui a secoué à des degrés divers les économies capitalistes avec des dommages collatéraux importants a amené les dirigeants des pays industrialisés à une introspection, celle de s´apercevoir que -même en terre d´opulence- la richesse n´est pas forcément synonyme de bonheur.

Ces trente dernières années justement, la croissance du PIB s´est concrétisée dans les pays développés par l´explosion du «beaucoup avoir» d´une minorité et la relative stagnation d´une majorité. 50% du surcroît de richesses créées aux États-Unis entre 1983 et 1998 ont bénéficié au 1% des ménages les plus aisés, et 90% de cette même richesse aux 20% des ménages déjà les plus favorisés (parmi les plus aisés).

Rapidement, il est apparu que le PIB était insuffisant pour rendre compte du développement dans ses multiples dimensions. Un autre indice a été développé en 1990 par l´économiste pakistanais, Mahbub ul Haq et l´économiste indien, Amartya Sen.

L´indice de développement humain ou IDH est un indice statistique composite, créé par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) en 1990, évaluant le niveau de développement humain des pays du monde.

L´IDH est un indice composite, calculé par la moyenne de trois indices quantifiant respectivement : la santé/longévité, le savoir ou niveau d´éducation, le niveau de vie. Malgré cela, il est apparu que même l´IDH rendait insuffisamment compte du bien-être de la qualité de la vie, voire du bonheur.

Le Bonheur national brut (BNB) est une tentative de définition du niveau de vie en des termes plus psychologiques et holistiques que le Produit national brut. La Qualité de Vie est définie par l´Organisation mondiale de la santé (OMS, 1994) comme «la perception qu´a un individu de sa place dans l´existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lesquels il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes».

Cette idée de la «qualité de vie» est également au coeur de la fameuse «politique de civilisation» prônée par le philosophe E. Morin. La base de données mondiales sur le bonheur est un registre de recherches scientifiques sur le plaisir subjectif de vivre. Le Danemark est au sommet de la pyramide de la perception du bonheur alors que le Zimbabwe est lanterne rouge...

Est-ce que la décroissance est la solution ?

Pour E. Rydberg, ce n'est pas vrai ! Car, dit-il, c´est naturellement faire abstraction des couches sociales qui, de plus en plus larges, peinent à joindre les deux bouts, qui n´ont d´autre choix que mal manger, mal se vêtir et mal se loger. (...) Encore faut-il s´entendre sur ce qu´il conviendrait de faire décroître et, détrônant le sacro-saint objectif de croissance, ce par quoi on se propose de le remplacer. (...)

Le néolibéralisme, qui détruit les solidarités, s'attaque d'une façon symbolique à la santé. Parlant de la disparition des solidarités et de l'émergence du tout profit, D. Garnier écrit : «(...) L'hôpital est ainsi disloqué entre l'éthique et la finance. Il s'enlise progressivement dans les méandres du libéralisme prédateur.

La recherche d'économies est devenue un véritable dogme, une vérité absolue, une nouvelle façon de penser le travail. Il faut absolument réduire les coûts ! Alors tout le monde y va de son idée, de sa vérité et nous devons applaudir.

Les emplois coûtent chers, il faut en supprimer ! Le chômage coûte cher, abaissons les allocations et le nombre de bénéficiaires ! La sécurité sociale coûte cher, diminuons la prise en charge des soins ! L'enseignement coûte cher, réduisons le nombre de professeurs. L'Etat coûte cher, livrons ses prérogatives au secteur marchand.

Le contribuable paiera moins, le consommateur sera surtaxé et le client sera prisonnier de factures toujours plus lourdes ! Alors, quelle logique est à l'oeuvre si le progrès est suivi d'une mort sociale?

Pourquoi cet affolement du monde ? La vitesse incriminée

Nos existences ressemblent au tir à la corde. Le monde nous pousse vers le «fast» quand on n'aspire qu'au «slow». La planète est frappée d'un mal terrible, celui de la vitesse. Toujours plus vite, plus haut, plus loin et... toujours moins bien pensé. Mais pourquoi le «vite fait mal fait» s'est-il ainsi emparé du travail, de l'action politique et de notre vie quotidienne ? Et comment y remédier ? «Le froid, le silence et la solitude sont des états qui se négocieront demain plus chers que l'or. Sur une Terre surpeuplée, surchauffée, bruyante, une cabane forestière est l'eldorado.»

Car oui, notre société va vite, trop vite. On mange trop vite, on dort trop peu, on bâcle de plus en plus et l'on savoure de moins en moins. Et cela dépasse le chronomètre : l'ère de l'urgence porte en elle le stress bien sûr, mais aussi le moche, le mal conçu, le standardisé, le superficiel, l'énergivore, le polluant... Fast-food égal malbouffe ; chanteurs jetables égalent pop indigeste ; lois pondues dans l'urgence d'un fait divers égalent texte bancal et souvent retoqué par le Conseil d'Etat... (...)

Pour l'essayiste G. Finchelstein, auteur de La dictature de l'urgence, c'est encore une question géopolitique : «La mondialisation a mis en concurrence nos vieilles économies avec celles de pays émergents. Et qui dit concurrence dit obligation d'intensifier la cadence.» (...)

Le slow a contaminé de nouveaux domaines : le design, l'éducation. Là encore, il s'agit moins de ralentir le tempo que de réhabiliter le qualitatif, le sobre, le durable, le non-rentable, le délicat, le pertinent et parfois l'inutile - disons le beau, tout simplement. Dans un entretien accordé à Terra éco, le philosophe Edgard Morin implique la vitesse imposée par la mondialisation-laminoir et appelle à un moratoire.

Comment résister ? La métamorphose par la solidarité ?

La première étape sur le chemin du bonheur se situe donc dans notre capacité à faire preuve de solidarité envers et contre tout... Le libéralisme sauvage n'est même pas une idéologie. C'est un état d'esprit.
 

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Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : Pr Chems Eddine Chitour

Source : www.mondialisation.ca