Dette, climat : ça sent l'affolement - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 29/06/2011 à 14h09 par Kannie.


DETTE, CLIMAT : ÇA SENT L'AFFOLEMENT

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Dette, climat : ça sent l'affolement

 

Dans la série, pour régler les problèmes du monde, j'agite ma baguette magique, voici venue la géo-ingénierie. Il s'agit, miracle de la science, de combattre le changement climatique par des solutions technologiques. C'est vrai ça, après tout, pourquoi s'enquiquiner à changer nos comportements, la voiture, la chaudière, pourquoi prendre des douches, arrêter la viande, le made in China et les bouteilles en plastique quand tout peut être résolu par la technologie. Elle est pas belle la vie ? Un coup de géo-ingénierie et ça repart !

Il y aura une bonne douzaine de solutions miracles qui excitent scientifiques et businessmen. Car c'est comme avec la dette, si pour une très large majorité le dérèglement climatique est une catastrophe, pour une poignée de lascards, la catastrophe c'est une opportunité d'affaire en or.

Pensez donc : et si on injectait des sulfates dans l'atmosphère pour la refroidir ? Et si on blanchissait les nuages pour qu'ils absorbent mieux les rayons solaires ? Mieux, et si ceux-ci étaient stoppés net par un miroir géant en équilibre dans l'atmosphère ? Et pour se débarrasser du CO2, si on construisait des tours géantes, sortes de cheminée montant jusqu'au ciel pour le rejeter très très loin de notre toute petite planète ? Alors magie ou pur délire ? Je vous laisse choisir.

Car voilà autant d'idées sur lesquelles ont planché une soixantaine de chercheurs et de politiques du GIEC réunis à Lima. Le GIEC, c'est l'organe inter-gouvernemental d'évaluation des informations scientifiques, technologiques et socio-économiques sur le climat. Une entité, qui a reçu le prix Nobel de la Paix en 2006 avec Al Gore mais dont la crédibilité a été lourdement entachée par son manque de rigueur et des soupçons de collusion.

Le GIEC avait d'ailleurs rejeté en bloc la géo-ingénierie dans son dernier rapport en 2007. Mais voilà, le temps presse et les comportements eux, individuels et collectifs ne changent pas.

Pour Christina Figueras, Madame climat à l'ONU, «nous entrons dans un territoire effrayant»: les émissions de CO2 continuent d'augmenter (+5 en 2010, selon l'Agence Internationale de l'énergie) malgré les promesses et engagements. Les politiques de réduction d'émission de gaz à effets de serre ne fonctionnent pas. Alors quand un accord politique ne peut se faire, contre l'inertie humaine il reste le sacro-saint progrès technique.

Peu importe que personne n'ait étudié les couts, effets secondaires, risques et même efficacité de ces solutions. A Lima, le GIEC a expédié cela en deux jours chrono comme il expédiera la question de la gouvernance de ces solutions et déséquilibres géopolitiques potentiels. Cela sent méchamment l'affolement. Ultime déni tout en haut du précipice : pour sauver le monde Bah... il doit bien y avoir un appli Iphone non ?

Mais pourquoi alors que le sort de la Grèce mettrait en péril l'économie mondiale, acculant, par effet domino, l'Euro et l'Europe à l'implosion, pourquoi vous parler de panneaux solaires géants et autres dioxide de souffre ? Parce que précisément, c'est la même chose, le même renoncement.

D'un côté, on veut régler le problème de la dette grecque avec plus de dette. De l'autre, on veut régler le problème du dérèglement climatique, lié en grande partie, au formidable essor de la technique, avec plus de technique. Et dans les deux cas, on va créer de nouveaux problèmes, une situation de moins en moins compréhensible ou tenable. Deus ex machina.

 


 

En climat comme ailleurs, les gouvernements vont déballer l'artillerie, les artifices, les planches à billets qui illusionnent, les cures d'austérité qui achèvent. Tout, au fond, sauf dire que l'on a eu tort, que l'on s'est trompé.

Tout, au fond sauf revenir sur cette idéologie du no limit, après moi le déluge, après moi l'enfer. Tout au fond sauf admettre que l'on est au bout d'une logique, d'un système mortifère qui confond toujours plus et toujours mieux.

Tout au fond sauf dire qu'il y a peut être une alternative mais qu'elle coûte cher. Surtout politiquement.
 

Un article de Flore Vasseur, publié par Flore Vasseur Blog

 

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Auteur : Flore Vasseur

Source : blog.florevasseur.com