Dessalement de l'eau de mer : bientôt une usine en Vendée ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 30/06/2011 à 23h54 par Kannie.


DESSALEMENT DE L'EAU DE MER : BIENTÔT UNE USINE EN VENDÉE ?

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Dessalement de l'eau de mer : bientôt une usine en Vendée ?

 

La sécheresse a déjà pointé son nez cette année et risque de récidiver. Depuis le début du mois de mai certains départements, comme la Vendée, ont connu des restrictions d'eau importantes. En parallèle de l'appel à l'économie d'eau, le Conseil Général du département cherche des solutions.

En Vendée, la mer à boire... ou à manger

Si la Vendée manque d'eau, c'est en partie pour assouvir les besoins des agriculteurs (70% de l'eau consommée) pour irriguer les cultures. Les plantes exotiques, communes de nos jours dans le paysage français –comme le maïs– nourrissent les bêtes pour satisfaire les besoins carnivores des français. Il faut donc de l'eau.

L'été dernier, la Vendée lançait un syndicat mixte d'études pour son projet d'usine de dessalement d'une capacité de production de 30 000m3 d'eau par jour. Philippe de Villiers, président du Conseil général, déclarait alors : «L'Etat souhaite labelliser cette expérience parce qu'il considère que l'avenir de l'eau sur le littoral Atlantique, c'est probablement le dessalement. Il se pourrait alors que la Vendée soit en position de département pionnier».

Avec l'abandon officiel, le 23 juin dernier, du projet de construction du barrage de l'Auzance, l'idée de dessaler l'eau de mer est plus que remise au goût du jour. Même s'il n'existe pas encore de grosses unités de dessalement dans l'hexagone, l'entreprise française Suez environnement s'y connaît en la matière. «Leader» mondial dans le domaine de l'eau et des déchets, elle gère de très grandes unités au niveau international et s'apprête à inaugurer une des plus grosses usines du monde (450 000m3 d'eau par jour) à Wonthaggi, près de Melbourne (Australie) en fin d'année 2011.

Le dessalement rassure les riches et inquiète les écolos

En 2008, on comptait déjà 13 869 usines de dessalement dans le monde. Pour la majorité implantée dans les pays riches, il semblerait que ce soit une solution de facilité à l'encontre des économies d'eau.

 


 

Aujourd'hui, deux techniques sont utilisées pour dessaler l'eau de mer : la distillation et l'osmose inverse. La première sépare le sel de l'eau via la vaporisation (le même principe que le cycle naturel de l'eau). La seconde (60% des installations mondiales) utilise la pression pour faire migrer les molécules d'eau à travers une membrane.

Malgré les efforts par certaines entreprises d'inclure un pourcentage d'énergies renouvelables, ces usines –et en particulier celles qui fonctionnent par distillation– consomment énormément d'énergie et produisent une grande quantité de gaz à effet de serre.

Côté rejet, les inquiétudes portent sur les saumures (solution salée) et le chlore. Pour 1m3 d'eau potable, les usines de distillation rejetteraient 9m3 de saumures (eau 10 à 15% plus salée que l'eau de mer) et les usines utilisant l'osmose inverse n'en rejetteraient qu'1m3 (eau 2 fois plus salée que l'eau de mer).

Enfin, pour se faire une idée, l'ensemble des unités de distillation du Golfe Persique rejetteraient 22 tonnes de chlore et 300kg de cuivre par jour. Le premier est biocide mais se dilue rapidement, le second s'accumule dans les sédiments et les organismes marins. Dans le cas de la nouvelle centrale de Wonthaggi, l'étude d'impact environnemental révèle que certaines espèces de poissons vont être affectées. Les surfeurs de Wonthaggi vont-ils continuer à surfer chez eux après le lancement de l'usine de dessalement ?

Actuellement, seule une étude de faisabilité a été lancée pour le projet d'usine de dessalement de l'eau de mer en Vendée. Espérons candidement que les économies d'eau seront privilégiées face à la construction d'une telle infrastructure et ses impacts sur l'environnement.
 

Un article de Anne-Kristell Jouan, publié par Surf Prévention

 

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Auteur : Anne-Kristell Jouan

Source : blog.surf-prevention.com