Désherbage au glyphosate : 11 hectares de terres brûlées - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 25/11/2010 à 22h07 par Jacques.


DÉSHERBAGE AU GLYPHOSATE : 11 HECTARES DE TERRES BRÛLÉES

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Le promeneur qui chemine sur l'ancienne route de Carcassonne, en direction de Saint- Martin-Lalande, va découvrir un paysage dévasté.

La terre y est brûlée sur 11 hectares, à la suite d'un traitement par produit chimique. Afin de détruire les herbes pour préparer la culture à venir, du glyphosate a été épandu il y a quelques semaines par un agriculteur.

Au-delà du choc émotionnel qui résulte de la découverte d'un tel paysage, nous avons souhaité interroger différentes personnes concernées par cet état de fait, ceci pour mieux comprendre les enjeux entre choix écologiques et choix économiques.

Car, si l'agriculteur a décidé de traiter chimiquement et non mécaniquement les 11 hectares de sa parcelle , c'est « parce que ça va plus vite » autrement dit, parce que ça coûte moins cher.

La responsable de l'environnement de l'équipe municipale de Castelnaudary, Evelyne Guilhem, nous a permis en début de semaine de rencontrer trois personnages clef, à savoir Gilles Boyer conseiller agricole à la chambre d'agriculture, Henri Blanc, président des entrepreneurs agricoles et Hervé Loussert, appartenant à l'antenne de Carcassonne de la Draaf (direction régionale de l'alimentation de l'agriculture et de la forêt).

« Le glyphosate est écologique ».

Henri Blanc travaille de grandes étendues de terre et considère sans l'ombre d'un doute que le fait de désherber avec du glyphosate est écologiquement préférable au travail réalisé via la charrue ou la disqueuse, dont le principe est de retourner la terre en enfouissant les herbes.

«Au niveau de la technique qu'il a utilisée moi je dis qu'il a économisé du carburant à l'hectare et que par ce biais il a réduit l'effet de serre... ». (NDLR : il faut un quart d'heure pour traiter un hectare avec de la chimie contre une heure avec une disqueuse attelée à un tracteur)

« En terme d'image ce n'est pas bon ».

Gilles Boyer est plus nuancé. A la question, « L'agriculteur a-t-il fait un bon emploi de son produit phytosanitaire ? », le conseiller agricole déclare que « techniquement il n'y a rien à jeter, mais en terme d'image ce n'est pas bon. I

l y a une pollution visuelle ». Gilles Boyer explique alors que « ce n'est pas parce que c'est visible de façon négative que c'est nocif ». Ajoutant qu'il est nécessaire d'éviter les amalgames qui ont pour conséquence de mettre à l'index les agriculteurs.

Le risque pour l'utilisateur.

Y a-t-il, pour ces professionnels de l'agriculture, un risque pour l'environnement dans l'utilisation du glyphosate ?

«S'il y avait un risque de danger on n'est pas fou, on ne l'utiliserait pas », précise Henri Blanc, tandis que Gilles Boyer pense que « le risque le plus important est réservé à celui qui utilise le produit », étant précisé qu'il n'y a «pas de danger pour l'eau potable du fait qu'elle est parfaitement contrôlée ».

Objectif de réduction des produits phytosanitaires.

L'ombre du doute est cependant présente pour le conseiller de la chambre d'agriculture, avouant que l'on «trouve trop de ce produit dans les nappes phréatiques et que, même si le glyphosate n'est pas dangereux, il n'a rien à y faire ».

D'où son souhait de voir son utilisation se réduire. « Il faut anticiper car dans 5 ou 6 ans, cela va être interdit en raison des normes qui seront réduites, souligne alors le représentant de la Draaf.

Soyons clair, l'objectif est d'amener les produits phytosanitaires à être de moins en moins utilisés ».

Sagesse.

Et, dans cette perspective, le « bon sens paysan » ne semble pas être remis en question.

Comment expliquer autrement que, contrairement au cas d'école mis en exergue, la grande majorité des cultivateurs choisissent de désherber en retournant la terre plutôt qu'en épandant de la chimie, alors que cette technique leur coûte plus cher, qui plus est dans une période financière particulièrement délicate ?

Gilles Boyer : « Je crois qu'il y a différentes sensibilités dans le monde agricole. Certains veulent préparer l'avenir et anticipent sur l'environnement. Il ne faut pas oublier que ce sont des gens qui transmettent la terre aux futures générations ».

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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Auteur : Jean-Christophe Sannicolas

Source : www.midilibre.com

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