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Cette actualité a été publiée le 08/12/2009 à 17h13 par Tanka.


DÉSERTIFICATION : L'AGRICULTURE AU PIED DU MUR

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Désertification : l'agriculture au pied du mur

Information recueillie par Tanka.

Menacée par la désertification comme en Australie ou, au contraire, servie par la hausse des températures dans les zones tempérées, l'agriculture va devoir adapter ses modèles au changement climatique.

En Bolivie, depuis des semaines, bovins et moutons meurent de soif. La sécheresse qui frappe le sud-est du pays met en danger plus de 600.000 têtes de bétail et près de 2 millions d'ovins et de lamas sur la plaine andine de l'Altiplano, menaçant la sécurité alimentaire de ce pays très pauvre d'Amérique latine. La météo nationale invoque El Niño pour expliquer cette anomalie. Dans le nord du Kenya, cinq saisons de pluies irrégulières ont engendré une situation de grave pénurie. Ces épisodes dramatiques sont-ils le fait d'une variabilité classique du climat ou doit-on y voir les premiers effets du changement climatique ? Difficile à ce stade de l'affirmer scientifiquement.

En Australie, en revanche, le doute ne paraît plus permis. L'été austral n'est pas encore là, mais les feux de brousse ont repris, après les incendies meurtriers qui ont fait plus de 170 morts en février dernier. Depuis 2001, l'Australie est confrontée à une sécheresse sans précédent, The Big Dry, et à des températures jamais atteintes dans le pays.

Le débit du fleuve Murray, qui alimente le bassin agricole stratégique de Murray-Darling (40 % de la production et 72 % des cultures irriguées du pays) a chuté de 80 % en huit ans. Le pays-continent a compris qu'il est aux avant-postes du réchauffement climatique et qu'il va devoir changer de toute urgence son modèle agricole basé sur l'irrigation à tout-va.

ll y a deux ans, le gouvernement fédéral a alors pris en main la gestion de l'eau du bassin, mis en place un marché de droit d'accès et réduit drastiquement la distribution des allocations, dont le prix a fortement augmenté. Avec des résultats spectaculaires, comme l'a souligné une étude de l'OCDE : en quinze ans, le taux moyen d'irrigation par hectare a diminué de plus de 50 %, alors que la production globale était maintenue, grâce à une diversification accélérée, Canberra subventionnant les reconversions des fermiers à des cultures moins gourmandes en eau, comme la vigne.

Depuis 2001, 2 milliards d'euros ont été consacrés au fonds antisécheresse d'aide aux agriculteurs. Le gouvernement a même créé une cellule de soutien psychologique aux fermiers, dont certains sont acculés au suicide. Si cette sécheresse perdure, le coton, les céréales ou le riz, dont les volumes ont déjà chuté de façon drastique ces dernières années, vont vite paraître déplacés dans cet immense territoire gagné par le désert. De quoi modifier en profondeur le modèle économique de l'Australie dont l'agriculture ne représente certes que 3 % du PNB, mais qui exportait jusqu'ici 70 % de sa production, faisant partie des premiers exportateurs mondiaux de viande, de laine, de blé et de coton.

Le Sud encore pénalisé

Même s'il n'est pas question de généraliser ce scénario catastrophe, les agriculteurs sont désormais au pied du mur. En Europe aussi, les effets du réchauffement se font sentir : avancement de la maturité des raisins, précocité de la floraison, extension géographique des maladies et des insectes, etc. Les travaux scientifiques analysant l'impact du changement climatique sur les systèmes agricoles et la nécessaire adaptation de ces derniers sont désormais pris au sérieux.

Selon Bernard Seguin, responsable de la mission Inra sur le sujet et expert du Giec, le changement climatique risque d'accentuer le clivage entre le Nord et le Sud. « Dans les zones tempérées, explique-t-il, une hausse modérée de la température, de 1 à 2° C, peut induire une hausse de la production de blé ou de maïs, à condition de ne pas manquer d'eau, tandis que, dans les pays du Sud, l'impact est négatif dès le premier degré supplémentaire. »

La hausse de la teneur en CO2, qui favorise la photosynthèse des végétaux et dope les rendements des prairies sont autant de facteurs susceptibles de profiter aux agriculteurs du nord de la planète. L'agriculture du Kazakhstan, sur lequel s'est penché l'Inra, devrait ainsi bénéficier sensiblement de la transformation du climat.

De leur côté, certains Etats américains ont déjà étudié cyniquement tout le bienfait qu'ils pourraient tirer d'une hausse des températures de 2° C. Au sud de la planète au contraire, qu'il s'agisse du bassin méditerranéen, de l'Australie, de l'Amérique du Sud, de l'Afrique, réchauffement rime toujours avec effondrement de la pluviométrie. A partir de 4 ou 5° C de plus en revanche, la catastrophe serait générale.

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