Des peuples autochtones sacrifiés au nom de l'industrie minière en Inde - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 25/02/2010 à 13h20 par Tanka.


DES PEUPLES AUTOCHTONES SACRIFIÉS AU NOM DE L'INDUSTRIE MINIÈRE EN INDE

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Des peuples autochtones sacrifiés au nom de l'industrie minière en Inde

En Inde, les populations locales et voisines des collines de Niyamgiri, dans l'Etat d'Orissa, endurent péniblement les affres d'activités minières, développées par une compagnie anglo-saxonne, Vedanta, et ses filiales. En effet, outre l'air ambiant, l'une des principales sources d'eau de la région est polluée, victime de la raffinerie d'alumine (1) implantée à proximité.
Mais, si la situation actuelle s'avère peu réjouissante en termes sanitaire et environnementaux, le pire pourrait être à venir. En effet, ne comptant pas s'arrêter en si bon chemin, les filiales de Vedanta entendent développer leurs activités, d'une part, via l'extension de la raffinerie, et d'autre part, en ouvrant une nouvelle mine de bauxite (2). Dès mai 2009, cette dernière s'attirait les foudres de l' organisation mondiale Survival International en raison du déplacement forcé de la communauté indigène des dongrias kondhs.

Entretenue de ces projets, Amnesty International s'est rendue sur place pour enquêter. Intitulé « Don't Mine Us Out of Existence », son rapport a été rendu public le 9 février dernier, suscitant la réaction de Vedanta Resources. Mais, pour le mouvement de défense des droits humains, les arguments avancés par la compagnie ne tiennent pas la route. Diffusée par une agence de communication de Delhi ce même 9 février, la déclaration de Vedanta ferait l'impasse sur les principales préoccupations soulevées.

Ainsi, la société affirme avoir « proposé à plusieurs reprises de nouer des contacts [...] et un dialogue sur tous les aspects du rapport d'Amnesty... Mais cette proposition de contact direct a été rejetée ». Cette affirmation est vivement démentie par Amnesty, laquelle aurait sollicité une rencontre avec la société dès septembre 2009. Il fallut attendre le 5 février 2010 pour que Vedanta accepte un débat, lequel fut approuvé par Amnesty trois jours plus tard.

Autre point abordé, et qui constitue vraisemblablement le principal point de défense de la compagnie, « la plus grande part du rapport d'Amnesty International s'appuie sur un document périmé ». Là encore, l'organisation internationale se défend, invoquant plus de 18 mois de recherches ainsi que trois missions conduites sur le terrain en août 2008, février - mars 2009 et septembre 2009, notamment dans la région de Lanjigarh et les collines de Niyamgiri. Ces missions furent rythmées par des entretiens avec diverses communautés autochtones, réparties dans huit villages des environs de Lanjigarh. Des hommes et des femmes appartenant à la communauté des dongrias kondhs, directement menacée par le projet de la mine de bauxite, ont également pris part aux discussions.

Du point de vue administratif, Amnesty International a obtenu des copies de tous les rapports du Comité de contrôle de la pollution de l'État d'Orissa, établis entre juin 2006 et août 2009. Or, à de nombreuses reprises, apparaissent dans ces rapports des cas attestant de l'insuffisance des mesures prises par la compagnies en matière de contrôle de la pollution. Des cas récurrents de pollution de l'air et de l'eau par la raffinerie seraient également signalés.

Invoquant le respect du droit international et de ses commandements en terme de droits humains, dont les droits à la santé et à l'eau, Amnesty International estime qu'il est du devoir du gouvernement indien de veiller à la protection des communautés autochtones et à la prise en compte de leurs intérêts. De fait, aucune des communautés indiennes concernées n'a encore été consultée sur ces projets miniers et de raffinerie, qui s'esquissent à messes basses.

Par Cécile Cassier - Source : univers-nature.com

Information recueillie par Tanka

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