Des pesticides écolos ? - L'atelier

Accueil

Cette actualité a été publiée le 19/01/2011 à 22h03 par Jacques.


DES PESTICIDES ÉCOLOS ?

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • Google+  FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr
SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre

Titre initial : Des pesticides écolos ? La com' verte de l'industrie agrochimique

Bienvenue dans le monde merveilleux des fabricants de pesticides. Une prairie plantée d'arbres en fleurs borde les rives d'un lac : telle est l'image accueillante du site internet de Bayer CropScience, la firme allemande de produits agrochimiques qui emploie près de 1 900 salariés à Lyon.

Un encadré prévient l'internaute; : « Nous agissons... Agriculture et biodiversité, des intérêts communs; ? »

Des onglets tentent d'« informer » le public sur la notion de biodiversité, le changement climatique, la conservation des espèces animales et végétales. Avec une légende en point d'orgue:

« Nous agissons en proposant des produits phytopharmaceutiques [comprendre des pesticides, ndlr] pour que l'agriculture puisse assurer une production de qualité tout en préservant l'environnement. »

Quand l'écologie se refait une virginité sur le dos de l'écologie

Mais depuis quand les multinationales de l'agrochimie se sont-elles muées en associations de défense de l'environnement ?

Couloir historique de la chimie, Lyon est devenue, en quelques années, la place forte des fabricants de pesticides et des semenciers. La majorité des leaders mondiaux y ont leur siège français.

Les équipes lyonnaises, qui constituent la matière grise et le centre névralgique de l'agrochimie hexagonale, rivalisent d'ingéniosité pour faire passer le message le plus écolo possible auprès du grand public.

Depuis la vague verte qui a déferlé sur la France au début des années 2000, ces firmes essaient de se racheter une image.

Elles s'adonnent à l'écoblanchiment ou au « greenwashing », c'est-à-dire que ces entreprises, qui peuvent être nocives du point de vue environnemental, tentent de préserver et d'étendre leurs marchés en se présentant comme des amis de l'environnement.

Lionel Roche, un avocat lyonnais spécialisé en environnement, le définit comme « un coup de ripolin en matière de communication verte » :

« Les industriels pensent que les consommateurs sont très sensibles aux questions de santé publique et d'environnement. Ces groupes chimiques véhiculent déjà une mauvaise image.

Pour couronner le tout, ils n'embauchent presque plus. Donc ils cherchent à se refaire une virginité quelque part et le domaine de l'environnement est un bon terrain pour ça. »

Mais quelles sont leurs techniques pour redorer leur blason ?

Un laboratoire de « santé des plantes »

Tout un vocabulaire est employé pour brouiller les pistes. Dans le jargon des agrochimistes, on ne dit plus pesticides ou produits phytosanitaires mais « produits de protection des plantes ».

Les OGM se cachent sous le terme « biotechnologies végétales » qui correspondent aux technologies issues de la transgénèse.

Certains industriels assurent lutter contre le « stress des plantes », c'est-à-dire les insectes, les mauvaises herbes ou les champignons qui détruisent les cultures.

Bayer CropScience a inauguré, l'année dernière, son laboratoire de « santé des plantes ».

Loin d'être une charmante herboristerie tenue par des savants à l'affût de la nouvelle décoction révolutionnaire, le laboratoire se révèle être un lieu de séquençage de l'ADN, où les chercheurs, spécialisés en biologie moléculaire, créent des plantes génétiquement modifiées afin de tester de nouveaux produits phytosanitaires « alternatifs ».

Mais la communication verte va parfois beaucoup plus loin. BASF a axé sa dernière campagne de publicité sur son appui au réseau « biodiversité pour les abeilles ».

Sur le visuel, deux agriculteurs discutent au milieu d'un champ. En bordure de ce terrain cultivé, un pré en jachère, avec des fleurs printanières et cette légende :

« Plus de 1 000 hectares de couverts apicoles semés en France. BASF Agro favorise les couverts apicoles pour nourrir les abeilles et renforcer les défenses immunitaires des populations d'insectes pollinisateurs indispensables à la biodiversité. »

« Cette campagne peut être assimilée à de la communication verte. C'est vrai », avoue Claire Deschenaux, de la communication du groupe. « Mais nous n'assimilons pas nos produits à ces actions. »
Monsanto condamné pour publicité mensongère

C'est néanmoins un procédé intelligent pour faire oublier que le Regent TS, un insecticide commercialisé par le même BASF, a été interdit à la vente en France depuis 2004. Sa substance active, le fipronil, était à l'origine de la surmortalité des abeilles dans les ruchers.

Pour lire la suite, cliquez sur "source"

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

........

 
.
.

Devenez lanceur d'alertes





Auteur : Emmanuelle Sautot

Source : www.rue89.com