Des OGM dans le cannabis ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 22/05/2010 à 01h59 par Michel.


DES OGM DANS LE CANNABIS ?

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Des OGM dans le cannabis ?

Le maïs transgénique ? Ringard !

Dans un communiqué diffusé ce matin, et que nous dévoilons, Familles de France s'inquiète de l'augmentation progressive du taux de principe actif, le THC (tétrahydrocannabinol ), dans le cannabis circulant dans l'Hexagone.

Selon l'association de protection de l'enfance, les trafiquants manipuleraient génétiquement les graines de chanvre afin de « booster » les effets de la drogue et donc d'attirer le chaland.

Une hypothèse fantaisiste ?

Peut-être pas, car les techniques existent et se répandent à travers les sites Internet de bio-hacking, un phénomène qui voit des biologistes en herbe s'essayer à la fabrication d'OGM à domicile.

«On ne peut pas exclure l'existence de manipulations génétiques» Emmanuel Guiderdoni, directeur du centre de recherche de l'environnement

Premier indice : avec un taux de THC oscillant autour de 10 %, la quantité moyenne de principe actif contenu dans le cannabis saisi « a doublé depuis quinze ans », note Patrick Mura, vice-président de la Société française de toxicologie.

Pis : la direction des douanes note l'apparition récente de résines venues des Pays-Bas affichant jusqu'à 25 % de THC. « La plupart de ces cannabis sont obtenus par sélection des graines », analyse Emmanuel Guiderdoni, directeur du Cired, un centre de recherche sur l'environnement.

« Cela dit, on ne peut pas exclure l'existence de manipulations génétiques : les gènes conduisant à la fabrication du THC sont connus depuis 2004, et les techniques de reproduction ont été testées en laboratoire avec succès dès 2006. »

Les trafiquants s'en servent-ils ? « A grande échelle, ce genre d'opérations coûte beaucoup d'argent, mais vu les moyens financiers dont ils disposent, ce n'est pas impossible. »

Mais pour le « petit cultivateur », nul besoin d'un équipement important. Sur des forums Internet américains spécialisés, le processus est même décrit avec précision, moyennant un équipement rudimentaire. « Obtenir un extrait pur d'ADN est un jeu d'enfant, souligne Yves Bertheau, directeur de recherche à l'Inra (Institut national de la recherche agronomique).

Pour le reproduire, il faut davantage de connaissances, mais un étudiant en génétique peut facilement s'en sortir. » Plus simple encore, l'opération qui consiste à multiplier les chromosomes de la plante pour produire une drogue de « qualité supérieure », ne coûte que quelques euros.

« Pour cela, il suffit de laisser plonger ses graines dans une solution de colchicine, un médicament contre la goutte. C'est un tuyau que se refilent les petits producteurs via Internet », révèle Sylvestre Bertucelli, président de la Fédération nationale de producteurs de chanvre.

Reste qu'à ce jour, aucune donnée officielle n'existe sur l'ampleur de ces phénomènes. « Pourtant, la détection d'un cannabis génétiquement modifié est très simple sur le plan technique », observe Emmanuel Guiderdoni.

Jugeant l'existence de ces manipulations « peu crédibles », les laboratoires des douanes, chargés de l'examen des drogues saisies en France, n'ont jamais procédé pour l'instant à de telles analyses.

Le point sur les OGM





Auteur : THIBAULT RAISSE

Source : www.leparisien.fr