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Cette actualité a été publiée le 21/03/2010 à 20h10 par Tanka.


DES MULTINATIONALES PENSENT À FUIR LA CORRUPTION RUSSE

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Des multinationales pensent à fuir la corruption russe

MOSCOU - La corruption a pris de telles proportions en Russie que plusieurs multinationales occidentales envisagent de se retirer du pays, estime la directrice de l'organisation à but non lucratif Trace International, qui conseille les compagnies étrangères sur le sujet.

Pour Alexandra Wrage, cette corruption "endémique effrénée" est l'une des pires parmi les grandes économies émergentes.

"Ma recommandation est la suivante: peut-être devriez-vous renoncer à faire des affaires en Russie. Je suis plus optimiste au sujet du Nigeria que de la Russie", a-t-elle dit à Reuters.

La Russie se trouve au 146e rang du classement établi par Transparency International, qui porte sur 180 pays. L'organisation non gouvernementale évalue les sommes détournées à 300 milliards de dollars par an.

"Beaucoup de discussions (avec les entreprises) en Russie portent sur la question: 'Pouvons-nous rester ici ?'", a expliqué Alexandra Wrage lors d'une visite à Moscou où elle animait un séminaire réunissant une centaine de sociétés, la plupart occidentales, la semaine dernière.

"Les entreprises craignent le département américain de la Justice et le SFO (Serious Fraud Office) britannique (...), et plus d'une parle de se retirer", a-t-elle dit.

Elle a refusé de fournir de noms d'entreprise, mais le géant suédois de l'ameublement Ikea a déjà annoncé l'an dernier une pause dans le développement de ses activités en Russie du fait des procédures administratives jugées imprévisibles dans certaines régions.

"CORRUPTION À TOUS LES NIVEAUX"

Alexandra Wrage raconte une anecdote survenue lors de son premier séminaire à Moscou en 2002 qui avait permis de mettre en lumière les dangers particuliers de la corruption en Russie.

"Quelqu'un est venu me voir lors d'une pause et m'a dit: 'Si je ne verse pas les pots-de-vin ici, je crains vraiment que mon bureau ne soit détruit par un incendie."

Wrage avait reconnu qu'elle n'avait pas vraiment de réponse à apporter à pareil scénario.

La corruption dans les économies émergentes prend souvent la forme de versements d'argent pour obtenir une protection, mais en Russie cet argent sert à acheter des fonctionnaires ou des responsables pour éviter des ennuis administratifs.

Les pratiques les plus courantes sont des dossiers fabriqués de toutes pièces qui peuvent conduire à la fermeture de l'entreprise ou des ententes pour organiser une concurrence déloyale soutenue par des fonctionnaires.

Alexandra Wrage précise que les entreprises qui viennent la consulter posent souvent la même question: "Comment pouvons-nous survivre ici sans payer de pots-de-vin, parce que nous ne sommes pas sûrs que cela soit possible."

Elle se dit sceptique face aux promesses du président Dmitri Medvedev de combattre la corruption, même si elle admet que la question fait désormais l'objet d'un débat public élargi.

"La Russie est un bastion solide. La corruption existe à tous les niveaux", juge-t-elle. "Il semble qu'il y ait une sorte de sentiment de quasi-impunité, que c'est un droit".

Selon elle, les efforts pour lutter contre la corruption ne reçoivent de soutien à aucun des échelons de la hiérarchie.

Trace International a également mené des études en Chine et en Inde. En Chine, la corruption a la forme d'une pyramide inversée avec de nombreuses pratiques illégales au sommet de la hiérarchie. En Inde, le schéma est inversé avec une corruption répandue dans les classes les plus défavorisées, mais avec une tendance à se diffuser vers le haut.

Par Jean-Philippe Lefief - Source : lexpress.fr

Information recueillie par Tanka

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