Des millions de litres de diesel injectés dans le sol aux États-Unis - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 06/02/2011 à 17h42 par Tanka.


DES MILLIONS DE LITRES DE DIESEL INJECTÉS DANS LE SOL AUX ÉTATS-UNIS

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Des millions de litres de diesel injectés dans le sol aux États-Unis

Les présidents de trois comités de la Chambre des représentants du Congrès des États-Unis ont avisé lundi l'Environmental Protection Agency (EPA) que 14 compagnies spécialisées dans l'exploration des gaz de schiste avaient injecté 128 millions de litres de diesel et de ses dérivés après que le Congrès eut, en 2005, interdit cette pratique sans autorisation par un amendement à la Loi sur la sécurité de l'eau potable.

Selon la lettre envoyée par les présidents des comités de l'Énergie et du Commerce, des Ressources naturelles et des Enquêtes spéciales, l'injection de diesel a été pratiquée dans 19 États par ces 14 compagnies sans que l'EPA ou les ministères de l'Environnement des États en cause n'aient été saisis de cette pratique pour en évaluer les risques.

Aucune des 14 compagnies nommées dans le rapport n'est présente au Québec.

Les trois plus importantes compagnies mises en cause aux États-Unis par cette enquête conjointe de trois comités de la Chambre sont BJ Services, Schlumberger et Halliburton. Cette compagnie avait pour vice-président Dick Cheney avant qu'il ne devienne au début des années 2000 le bras droit du président Bush.

Des 128 millions de litres de diesel injectés dans le sous-sol des États-Unis entre 2005 et 2009, c'est le Texas qui a écopé de l'essentiel, soit près de la moitié avec 64 millions de litres. Les autres exploitants des gaz de schiste ont injecté au moins 4 millions de litres dans le sous-sol de l'Oklahoma, du Dakota du Nord, de la Louisiane, du Wyoming et du Colorado.

À elle seule, BJ Services a injecté 46 millions de litres de diesel, suivie par Halliburton avec 28,8 millions de litres. En tout, 40,8 millions de litres de diesel « pur » ont été injectés et le reste, soit 87,2 millions de litres, était constitué de liquides de fracturation contenant au moins 30 % de diesel.

« Ces activités, concluent les trois comités de la Chambre, semblent en violation de la Loi sur la sécurité de l'eau potable parce que les compagnies n'ont pas obtenu les permis qui auraient pu autoriser l'usage du carburant diesel dans les activités de fracturation. »

« Nous n'avons pas pu tirer de conclusions définitives sur les impacts potentiels de ces injections sur la santé publique et l'environnement, poursuivent les trois présidents des comités, les représentants Henry Waxman, Edward Markey et Diana DeGette.

Les compagnies gazières et pétrolières que nous avons contactées ne nous ont fourni que des fragments d'information sur la proximité de leurs opérations de fracturation hydraulique avec l'eau potable des nappes souterraines. Et qui plus est, parce que ces compagnies n'ont pas demandé les permis requis par la Loi sur la sécurité de l'eau potable, les agences gouvernementales qui auraient pu évaluer leurs demandes de permis ne savent à peu près rien de ces activités d'injection de diesel et de leurs impacts potentiels. »

Cette histoire illustre bien l'attitude de l'administration Bush envers l'industrie du pétrole et du gaz.

En 2003, l'EPA a signé une entente avec les trois principaux exploitants pour qu'eux seuls cessent d'injecter du diesel dans les formations de gaz des dépôts souterrains de houille (charbon) en raison de leur proximité avec les nappes souterraines. L'EPA a décrété par la suite que tout le monde devait se conformer à l'entente.

En 2004, l'EPA a commencé à s'inquiéter un peu plus des risques que posait l'utilisation du diesel. Ses inquiétudes provenaient d'une évaluation conjointe réalisée avec le département de la Santé et des Services sociaux et l'Agence internationale pour la recherche contre le cancer. Les trois organismes avaient alors conclu que le benzène présent dans le diesel, un agent cancérigène avéré, menaçait la santé publique tout comme l'exposition chronique aux autres molécules de ce carburant, soit le toluène, l'éthylbenzène et le xylène, un cocktail connu sous le nom de BTEX. Ces molécules peuvent endommager sérieusement le système nerveux central, le foie et les reins.

En 2005, le Congrès a fait un pas de plus en modifiant la loi pour ne permettre que les seules injections de diesel dûment évaluées et autorisées par les autorités fédérales ou les États.

L'industrie a pour sa part renvoyé la balle à ses sous-traitants, qui ont répliqué qu'ils ne faisaient que forer des trous, la responsabilité d'évaluer les risques relevant des propriétaires des puits. Après la divulgation du bilan des trois commissions, un procureur des entreprises pétrolières et gazières a déclaré au New York Times que l'EPA aurait un gros problème juridique sur les bras si elle s'avisait de poursuivre ses clients, car ces compagnies se sont autorisées à aller de l'avant, malgré la loi, parce que l'EPA n'avait mis en place aucune procédure d'évaluation particulière pour ce type de dossier.

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Auteur : Louis-Gilles Francoeur

Source : www.ledevoir.com

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