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Cette actualité a été publiée le 07/12/2010 à 22h17 par Tanka.


DES MAÏS TRANSGÉNIQUES POUR LES PAYSANS AFRICAINS

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Des maïs transgéniques pour les paysans africains

Les gènes, cédés gratuitement par Monsanto et Pioneer, vont être introduits dans les variétés locales afin qu'elles résistent à la sécheresse.

Depuis le temps qu'on en parlait... Des maïs tolérants à la sécheresse vont enfin être mis à la disposition des agriculteurs confrontés au manque d'eau. Aux États-Unis d'abord, où deux variétés en cours d'homologation devraient être cultivées à partir du printemps 2012, notamment dans les États de l'ouest de la Corn Belt comme le Kansas ou le Nebraska. Puis en Afrique, entre 2013 et 2017, grâce au programme international Wema (Water Efficient Maize for Africa) qui vise à introduire gratuitement les gènes concernés dans les variétés de maïs utilisées par les paysans locaux pour se nourrir.

«Avec le changement climatique, la réduction de la consommation d'eau en agriculture devient un enjeu de plus en plus incontournable» explique Bernard Bachelier, le directeur de la Fondation pour l'agriculture et la ruralité dans le monde (Farm), créée en 2006 à l'initiative de Jacques Chirac, qui organise aujourd'hui et demain à Paris une conférence intitulée «Les agriculteurs du monde et la croissance verte».

Mises au point par les sociétés semencières américaines Monsanto et Pioneer, ces variétés ont été obtenues par transgénèse, pour l'une, et par sélection assistée par marqueurs génétiques, pour l'autre. Dans le premier cas le ou les gènes d'intérêt sont directement intégrés au génome, dans le second cas, l'identification de petits segments d'ADN (les marqueurs) liés au caractère recherché permet de faciliter le tri des plantes et donc d'accélérer considérablement le processus de sélection (3 à 4 générations au lieu de 7 à 8 avec les méthodes classiques).

«Le but n'est pas d'améliorer la productivité stricto sensu , explique Yann Fichet, l'un des responsables de Monsanto France. Il s'agit, en situation normale, d'obtenir le même rendement en utilisant moins d'eau ou de limiter les pertes lors de pics de chaleur. Ce qui revient à offrir à l'agriculteur une sorte d'assurance récolte.»

Par rapport aux variétés locales cultivées dans les cinq pays partenaires de Wema (Kenya, Mozambique, Ouganda, Tanzanie et Afrique du Sud), avec des rendements très faibles (de l'ordre de 1 à 1,5 tonne par hectare), ces maïs tolérants au stress hydrique devraient permettre d'améliorer la production de 20 à 35 % au cours des dix prochaines années, soit l'équivalent de 2 millions de tonnes de nourriture supplémentaires.

Outre les entreprises semencières concernées, ce projet ambitieux rassemble des organismes de recherche publics africains et internationaux, comme le Cymmit, Centre d'amélioration du blé et du maïs, ainsi que des fondations comme Farm et surtout la Fondation Bill et Melinda Gates. Cette dernière a investi 150 millions de dollars (113 millions d'euros) sur cinq ans pour former 48 jeunes thésards dans les universités africaines et créer des filières semencières, aujourd'hui existantes, destinées à approvisionner l'agriculture vivrière de ces pays.

«Les biotechnologies végétales sont, avec l'agroécologie, l'un des deux piliers du défi alimentaire de demain», poursuit Bernard Bachelier qui regrette «le désengagement de la France, autrefois très en pointe mais dont la recherche publique est actuellement tétanisée par la polémique sur les OGM.»

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Auteur : Marc Mennessier

Source : www.lefigaro.fr