Des leaders indigènes appellent à l'arrêt de projets de barrages - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 15/03/2011 à 23h08 par Mich.


DES LEADERS INDIGÈNES APPELLENT À L'ARRÊT DE PROJETS DE BARRAGES

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Des leaders indigènes appellent à l'arrêt de projets de barrages

 

Les 25 et 26 février, trois représentants indigènes étaient de passage à Paris pour dénoncer la construction de barrages destructeurs en Amazonie.

Ruth Buendia Mestoquiari, Ashaninka du Pérou, Sheyla Juruna, Juruna du Xingu (Brésil) et Almir Surui, Surui du Brésil, appellent à l'arrêt des projets de des retenues à Pakitzapango, Belo Monte et Jirau, ces projets ne prenant pas en considération les droits de ces peuples.

La compagnie Alstom fournira des équipements à hauteur de 500 millions d'euros pour la construction du barrage de Belo Monte au Brésil, tandis que GDF-Suez est impliqué dans la construction du barrage de Jirau. Sheyla Juruna, qui lutte activement pour défendre la rivière Xingu, explique :

« Le peuple français contribue malgré lui aux violations de nos droits : GDF-Suez et Alstom participent financièrement à ces projets dont les conséquences humaines et environnementales seront catastrophiques. »

Des impacts environnementaux désastreux

Ces infrastructures ne représentent qu'une infime partie du projet d'exploitation de l'énergie hydroélectrique conçu par le gouvernement brésilien.

Bien qu'officiellement présentés comme fournisseurs d'énergie verte, les impacts environnementaux et sociaux de ces barrages seront considérables et affecteront les peuples indigènes. Ruth Buendia Mestoquiari explique :

« Ces projets expulseront mon peuple de ses terres et mettront fin à son mode de vie. Mon peuple ne demande que le respect, la tranquillité et la paix. Ces barrages apportent la souffrance, la pauvreté et les déplacements forcés. »

D'après Sophie Baillon, porte-parole de Survival International France :

« Le projet de barrage de Pakitzapango, au Pérou, inondera près de 100 000 hectares de forêts et affectera les terres et les ressources de plus de 10 000 Ashaninka.

Les barrages sur la rivière Madeira au Brésil, dont le barrage de Jirau, entraîneront une immigration massive dans la région et la déforestation de territoires où vivent plusieurs groupes indigènes, les impacts sur l'écosystème et sur les populations locales seront désastreux.

Enfin, le barrage de Belo Monte, sur la rivière Xingu, deviendra le troisième plus grand barrage au monde. Il dévastera une grande partie des forêts et des stocks de poissons dont dépendent des milliers d'Indiens pour leur survie. »

Brent Millikan de l'ONG International Rivers, précise :

« L'un des impacts environnementaux majeurs de ces constructions est l'importante émission de méthane, gaz dont l'effet de serre est plus de trente fois supérieur à celui du CO2.

A cela s'ajoute le CO2 relâché par la déforestation, il y a donc un effet considérable sur le réchauffement climatique. La biodiversité, notamment par le biais des migrations de poissons, sera également affectée par ces projets. »

 

 

« Les gouvernements ne respectent pas leurs propres lois »

Ces barrages, financés par les gouvernements brésilien et péruvien, les banques de développements, et les entreprises locales et étrangères, sont également à l'origine d'importantes violations des droits humains reconnus par les constitutions de ces pays et par les instruments légaux internationaux.

Comme le rappelle Sheyla, « selon la Convention 169 de l'OIT, les peuples indigènes doivent être consultés avant toute construction sur leur territoire, or cela n'a pas été fait ! ».

« Je suis triste, indignée, déçue, le gouvernement brésilien vient de donner la licence de construction du Belo Monte. Les travaux ont déjà commencé malgré nos protestations et le gouvernement a refusé de nous recevoir » déplore-t-elle.

Ruth de son côté « [Je] regrette que le gouvernement péruvien émette des lois contre la tranquillité de mon peuple et de notre environnement. Il ne veut pas consulter ceux qui seront directement concernés par ces constructions alors qu'il en a le devoir ».

Pour Almir, les responsables sont avant tout les instances étatiques : « Les gouvernements brésilien et péruvien ne respectent pas leurs propres lois pour protéger les peuples indigènes. »

« Une partie de la population est ubliée et négligée par ces projets »

Tous les trois affirment qu'un autre développement, respectueux des droits de l'homme et de l'environnement est possible : « Nous ne sommes pas contre le développement mais la construction de ces barrages aura de nombreux impacts négatifs sur nos rivières et sur nos terres », déclare Ruth tandis que Sheyla souligne qu'« il existe d'autre formes de développement, en particulier en ce qui concerne l'énergie ».

Almir, quand à lui, soutient :

« Nous voulons un dialogue afin de construire ensemble un future viable. Le développement économique de notre pays peut être différent de celui aujourd'hui planifié et devenir durable.

Il faut simplement respecter nos constitutions et les accords internationaux. Aujourd'hui une partie de la population est tout simplement oubliée et ignorée par ces projets de construction. »

Fin février, un juge brésilien décidait de suspendre le projet du Belo Monte pour des raisons environnementales. Toutefois, l'entreprise leader du projet, Norte Energia, a annoncé lundi 7 mars que les travaux d'infrastructures sur les routes permettant l'accès au site venaient officiellement de commencer.

 

 

Nous aider

Lance-toi! Deviens vite lanceur d'alerte. Rejoins ceux qui ont la rage!

Le site étrange qui dérange même les anges!

 





Auteur : Jenny Joussemet/Rue 89

Source : www.rue89.com