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Cette actualité a été publiée le 29/04/2010 à 19h26 par Tanka.


DES LAPINS TRANSGÉNIQUES POUR PRODUIRE DES MÉDICAMENTS

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Des lapins transgéniques pour produire des médicaments

Le français BioProtein s'apprête à fabriquer son propre médicament dans le lait des lapins. Il veut faire valoir les avantages de sa technologie.

Fin avril, BioProtein a déposé un brevet portant sur la production, dans le lait de lapins transgéniques, d'une protéine pour traiter le choc septique. Pour cette société française, il s'agit d'un virage stratégique. Jusqu'à présent, BioProtein se contentait de proposer aux sociétés de biotechnologie et aux laboratoires pharmaceutiques un service de production à façon de protéines thérapeutiques.

Désormais, il va fabriquer ses propres médicaments grâce au lait de ses lapines. Un changement qui vient d'être validé par ses actionnaires, les fonds Gilde (Pays-Bas), Creagro (France) et Iwic (Luxembourg), qui réinvestissent un demi-million d'euros dans la société.

A l'origine de cette évolution, un constat : les sociétés qui développent des protéines thérapeutiques innovantes, comme les anticorps monoclonaux, ne veulent pas ajouter un risque supplémentaire en recourant à un mode de production qui n'a pas encore complètement fait ses preuves. Quant aux protéines plus classiques, il n'y a pas vraiment de raison de changer leur mode de production, sauf à réaliser une importante économie.

C'est sans doute possible dans certains cas avec les lapins transgéniques. BioProtein estime même que l'économie peut aller jusqu'à 50 % avec les lapins. Mais, là encore, la preuve à grande échelle n'est pas faite.

A ce jour, en effet, la seule protéine produite dans le lait de mammifère disponible sur le marché est l'ATryn (alpha-1 antitrypsine), de l'américain GTC Biotherapeutics. Obtenu dans le lait de chèvres transgéniques, ce produit est prescrit, en cas d'intervention chirurgicale, chez les patients souffrant d'une déficience antithrombotique congénitale (production de caillots sanguins), un marché malheureusement si limité qu'il ne permet pas de démontrer véritablement l'intérêt de la méthode de production.

Un autre produit, le Rhucin du hollandais Pharming, obtenu dans le lait de vaches, est en cours d'évaluation par l'Agence européenne des médicaments. Mais, là aussi, il s'agit d'un marché très limité : le traitement de l'angio-oedème héréditaire, une autre maladie rare.

Alexandre Fouassier, directeur général de BioProtein, estime que « seul le succès d'une molécule ayant un grand marché, permettra de débloquer la situation ». Le facteur VII lui échappant (lire ci-dessous), BioProtein a cherché une autre molécule. Il a finalement identifié une protéine pour le traitement du choc septique.

Hyperréaction immunitaire à une infection généralisée, elle touche chaque année 18 millions de personnes dans le monde, dont la moitié en meurent faute de traitement.
Proche de l'homme

« Outre l'aspect du coût, l'utilisation du lapin comme "bioréacteur" présente de nombreux avantages », note Alexandre Fouassier. D'abord, certaines protéines complexes, dont le caractère fonctionnel est lié à leur structure en trois dimensions, ne peuvent pas être obtenues de façon satisfaisante avec les méthodes classiques de production.

Le lapin, parce qu'il est proche de l'homme en termes d'évolution, peut, lui, produire ces protéines. Du fait de sa courte gestation, de sa maturité sexuelle rapide (six mois pour obtenir une nouvelle génération mature) et de son caractère prolifique (jusqu'à 12 lapereaux par portée), il permet de passer rapidement à une production « industrielle ». D'autant que la plupart des protéines actuellement commercialisées ont des utilisations qui ne nécessitent pas plus de 10 kilos par an au plan mondial. « Cela fait du lapin l'animal idéal pour la fabrication de médicaments », conclut Alexandre Fouassier.

par CATHERINE DUCRUET - Source : lesechos.fr/info

Information recueillie par Anny

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