Des experts passent au crible la gestion par l'OMS de la pandémie de grippe A(H1N1) - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 16/04/2010 à 00h37 par Tanka.


DES EXPERTS PASSENT AU CRIBLE LA GESTION PAR L'OMS DE LA PANDÉMIE DE GRIPPE A(H1N1)

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Des experts passent au crible la gestion par l'OMS de la pandémie de grippe A(H1N1)

Après quelques mois de répit, la grippe A(H1N1) a retrouvé son statut de vedette au siège de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève. Vingt-neuf experts indépendants venus de vingt-huit pays s'y sont réunis, du lundi 12 au mercredi 14 avril, avec la délicate mission de disséquer la manière dont l'agence onusienne, soupçonnée aujourd'hui de collusion avec l'industrie pharmaceutique, a géré la pandémie mondiale de grippe A (H1N1).

"Nous voulons agir de manière ouverte, honnête et objective, faute de quoi nous perdons la possibilité d'améliorer les choses à l'avenir", a expliqué le président de ce comité d'examen, le professeur Harvey V. Fineberg, de l'Institut de médecine de Washington. Le comité doit déterminer si le règlement sanitaire international (RSI), élaboré en 2005 par l'OMS et qui est un instrument juridique contraignant pour les 193 Etats-membres, a fonctionné de manière adéquate face au virus H1N1.

A ce jour, la pandémie a provoqué le décès de 17 770 personnes dans 213 pays – un chiffre bien inférieur à celui des morts de la grippe saisonnière classique – et a conduit à l'achat d'énormes et souvent inutiles stocks de vaccins.

DEGRÉ DE GRAVITÉ

Les experts doivent rendre leurs conclusions fin 2010. Ils auront accès à tous les documents disponibles au sein de l'OMS et se pencheront sur cinq questions, dont celle – cruciale – du degré de gravité d'un nouveau virus, un critère que l'agence onusienne n'a quasiment pas pris en compte pour déclencher la phase 6 de la pandémie. "Nous devons trouver un moyen de tenir compte à la fois de la propagation géographique d'un virus et de sa virulence, même si ce n'est pas simple", a expliqué le professeur Fineberg.

Le groupe réfléchira aussi sur les différentes stratégies de communication à mettre en place, l'utilisation des nouveaux médias et la manière de "cultiver de bonnes relations avec la presse dans les situations sanitaires d'urgence", comme l'a expliqué une experte canadienne. Cette politique semble déjà d'actualité puisque, fait rarissime à l'OMS, les journalistes ont été autorisés à suivre ces discussions en séance plénière. Sans, cependant, être autorisés à parler directement aux experts, qui sont soumis à une clause de confidentialité.

La presse a ainsi pu entendre l'épidémiologiste norvégien Preben Aavitsland demander tout de go à son collègue australien, John Mackenzie, président du très secret Comité d'urgence du règlement sanitaire international, s'il avait subi l'influence des industries pharmaceutiques. "Je ne peux répondre qu'à titre personnel : je n'ai à aucun moment été contacté par l'industrie pharmaceutique", a rétorqué M. Mackenzie, justifiant par ailleurs le fait que l'identité des quatorze autres membres du Comité n'ait toujours pas été révélée : "L'anonymat permet d'éviter ce type de pressions", a-t-il ajouté. Convoqué à huit reprises par Margaret Chan, la directrice de l'OMS, ce comité d'urgence a joué un rôle déterminant dans le passage à la phase 6 de la pandémie.

Interrogé par un expert nigérian sur l'état actuel de la pandémie, John Mackenzie a répondu que le virus se propageait encore en Asie et en Afrique occidentale, et qu'il ne fallait "pas baisser la garde". "Que se passera-t-il lors de la seconde vague dans l'hémisphère Sud ? Nous ne le savons pas", a-t-il ajouté.

Par Agathe Duparc - Source : lemonde.fr


Information recueillie par Tanka

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