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Cette actualité a été publiée le 18/08/2009 à 13h26 par Tanka.


DES ÉCREVISSES AMÉRICAINES DÉVASTENT LES CAMPAGNES FRANÇAISES

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Des écrevisses américaines dévastent les campagnes françaises

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Si on vous parle d'écrevisses, vous pensez sans doute à un plat délicat qui vous met l'eau à la bouche. Pour certains, cela peut également évoquer quelques souvenirs de pêche, mais rares sont ceux qui vont immédiatement penser à une lourde menace qui pèse sur nos écosystèmes. Pourtant, une espèce bien particulière de cette famille de crustacés décapodes est bel et bien en train de causer des dégâts incroyables dans les campagnes françaises.

L'auteur de ces méfaits n'est autre que l'écrevisse rouge de Lousiane, facilement reconnaissable aux points rouges qui ornent ses pinces et son corps.

Comme son nom l'indique, cette espèce est originaire du continent américain et une chose est sûre, c'est qu'il aurait été bon qu'elle reste cantonnée à cette région. Le problème, c'est que les hommes ont parfois la mauvaise idée d'introduire de nouvelles espèces sur leur territoire. Ce fut le cas dans les années 1970, où cette écrevisse fut importée en Europe, tout d'abord en Espagne, puis en France. Destinés à l'élevage, certains spécimens ne tardèrent pas à prendre la poudre d'escampette et à s'installer dans les cours d'eau et étangs voisins.

A l'époque, on ne pouvait pas imaginer que cet animal serait capable de causer des dégâts absolument incroyables. Difficile en effet de songer qu'un crustacé n'excédant pas 12 centimètres de long, si l'on ne prend pas en compte ses imposantes pinces, puisse se révéler aussi destructeur.

Le problème, c'est que l'écrevisse de Louisiane possède des facultés de résistance et de reproduction totalement hors normes qui font d'elle une menace terrible pour les écosystèmes qu'elle colonise.

Pouvant porter jusqu'à 500 oeufs alors que les écrevisses autochtones n'en portent guère plus d'une centaine, ces envahisseuses sont en outre très résistantes aux polluants et ont la faculté de survivre à la sécheresse en creusant de profonds terriers jusqu'aux nappes phréatiques. Pour ne rien arranger, elles peuvent survivre près de quatre jours hors de l'eau et parcourir pas moins de quatre kilomètres en une seule journée, ce qui favorise leur rapide propagation.

Particulièrement agressive, l'écrevisse rouge a un mode de prédation sélectif et successif.

En clair, cela signifie qu'elle épuise les ressources les unes après les autres. Elle commence par dévorer les végétaux puis, lorsqu'ils ont disparu, elle s'attaque à la faune aquatique. En dix ans seulement de présence sur un site, elles sont capables de faire disparaître 99% de la végétation aquatique, 70% des insectes et mollusques, plus de 80% des amphibiens et plus de la moitié du gibier d'eau, tels que les canards, qui sont obligés d'aller chercher ailleurs leur nourriture.

Les terriers qu'elles creusent, jusqu'à un mètre de profondeur, affaiblissent également les berges et les digues qui finissent pas s'éroder ou s'écrouler. La menace qu'elles font peser sur l'environnement est donc plus que sérieuse. Aujourd'hui présente sur une grande partie du territoire français, cette espèce invasive poursuit sa colonisation et son oeuvre de destruction. Malheureusement, il semble désormais difficile de stopper cette conquête et la lutte contre ce prédateur n'est pas prêt d'aboutir à une victoire, ce qui démontre une nouvelle fois le danger d'importer des espèces dans de nouveaux écosystèmes.