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Cette actualité a été publiée le 24/10/2010 à 21h06 par Tanka.


DES EAUX POLLUÉES

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Des eaux polluées

Le bilan environnemental de la France demeure contrasté. Si l'état des lieux s'améliore en matière de pollution atmosphérique, il reste en revanche préoccupant s'agissant de la qualité des eaux, de la biodiversité et de la gestion des déchets.

L es promesses du Grenelle de l'environnement avaient suscité beaucoup d'espoir. Le bilan environnemental de la France établi par le Service de l'observation des statistiques (Soes) et le Commissariat général au développement durable (Cgdd) est, lui, tristement plus réaliste. Si certaines évolutions positives sont constatées, d'autres points constituent de réels sujets d'inquiétude.

EAUX – Faut-il avoir peur de l'eau ? Celle qui coule dans nos rivières et rejoint les mers, tout en pénétrant les nappes phréatiques. Celle qui abreuve les cheptels et irrigue les cultures agricoles. Mais aussi celle que nous buvons au robinet. Le problème est patent depuis deux décennies.

Fin 2009, le rapport annuel de l'Académie nationale de pharmacie soulevait un premier problème majeur : « Nombre d'études scientifiques réalisées ces dernières années ont démontré la présence de divers polluants, en particulier dans les eaux superficielles et souterraines, les eaux résiduaires et les boues de stations d'épuration utilisées en épandage agricole dans les sols. » Les éléments révélés par le Cgdd sur ce point ne traduisent pas autre chose.

L'origine de cette pollution massive des eaux est double. Elle provient d'une part des urines et des selles humaines – ainsi que des animaux de compagnie toujours plus nombreux – évacuées dans les eaux domestiques, où se retrouvent aussi trop de médicaments inutilisés malgré les systèmes de collecte tel Cyclamed.

Faute d'un traitement suffisamment efficace au niveau des stations d'épuration (qui ne sont pas équipées pour cela), antibiotiques, anticancéreux, analgésiques, antidépresseurs et hormones retournent dans les ruisseaux, rivières et eaux souterraines. Et se retrouvent dans les réseaux d'eau potable à la sortie des robinets.

Cette pollution résulte d'autre part des rejets de l'industrie chimique (inquiétants taux de PCB, autrement dénommé pyralène, relevés dans une majorité de rivières et cours d'eau) et pharmaceutique liée aux élevages industriels d'animaux ou aux cultures agricoles – gros consommateurs d'antibiotiques et d'hormones pour les uns, de pesticides et d'engrais pour les autres.

Le rapport souligne que les plus fortes concentrations de nitrates (supérieures au seuil réglementaire de 50 mg/l) dans les eaux superficielles demeurent situées dans les principales régions agricoles françaises.

Plus globalement, la qualité des eaux souterraines continue de se dégrader. Entre 1997 et 2007, le nombre de points de mesure de la qualité des eaux présentant des teneurs en nitrates inférieures au seuil est passé de 56 % à 48 %. De surcroît, concernant les pesticides, « aucune tendance à la baisse ne se dessine au terme des quatre dernières années ».

Cette situation est-elle susceptible d'engendrer des risques pour la santé humaine ? Toujours selon l'Académie de pharmacie, « les concentrations polluantes peuvent atteindre plusieurs centaines de microgrammes par litre dans les effluents, et quelques nanogrammes dans les eaux superficielles ». Relativement faibles, ces quantités pourraient toutefois poser problème en cas d'ingestion sur une longue période, mais également du fait du mélange de multiples molécules dans un cocktail dont les effets à long terme sont inconnus.

« Faute de recul suffisant dans l'exploitation des analyses, il n'existe pas, à ce jour, de données suffisamment précises permettant d'établir un lien de cause à effet entre ces résidus polluants et des pathologies, mais il est légitime de se poser des questions », confirme l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement.

SOLS – La pollution continue de s'aggraver, en ce qui concerne notamment la contamination en métaux lourds (plomb, cuivre...). Les sols contenant moins de 30 mg/kg (seuil limite) de plomb représentent seulement 55 % des analyses de surface menées en Métropole entre 2000 et 2009. Ceux contenant entre 30 et 100 mg/kg sont estimés à 43,5 %. Les taux les plus élevés (plus de 100 mg/kg) sont majoritairement situés à proximité des grandes agglomérations.

A noter, en outre, que 53 % des très fortes teneurs en cuivre sont localisées dans des zones proches de vignes et de vergers.

SOS-planete





Auteur : Didier ROMAND

Source : www.republicain-lorrain.fr

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