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Cette actualité a été publiée le 03/08/2009 à 08h07 par Tanka.


DES COQUILLAGES POLLUÉS, PARTOUT DANS LE MONDE

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Des coquillages pollués, partout dans le monde

Information sélectionnée par Tanka.

Manque de fiabilité des tests ou apparition d'une nouvelle pollution ? Le débat autour de la toxicité des huîtres du bassin d'Arcachon, régulièrement interdites à la consommation, fait rage pour la cinquième année consécutive. Désemparés, les ostréiculteurs s'inquiètent pour leur avenir.

Le cas des coquillages français est loin d'être isolé. Depuis une vingtaine d'années, les proliférations d'algues toxiques se multiplient sur les littoraux du monde entier et sont devenues une source de préoccupation pour les pouvoirs publics. Car les coquillages sont de plus en plus consommés : en cinquante ans, la production mondiale a été multipliée par quinze. Les scientifiques s'inquiètent aujourd'hui de la montée en puissance de risques "émergents", liés aux effets du réchauffement climatique et aux interactions entre toxines, encore mal connues.

La production française au premier rang européenElevage. La production mondiale de mollusques bivalves (huîtres, moules...) est passée de 1 million de tonnes en 1950 à 15 millions de tonnes en 2007.

Europe. Avec environ 200 000 tonnes, dont deux tiers d'huîtres, la production française se place au premier rang européen.

Consommation. Les Français sont les premiers consommateurs au monde d'huîtres fraîches, avec 2 kg par an et par habitant.

Emploi. Les 3 700 entreprises françaises du secteur conchylicole emploient 20 000 personnes et réalisent un chiffre d'affaires de 630 millions d'euros.

Pour le malheur des producteurs et des amateurs de moules, palourdes et autres huîtres, les coquillages, en filtrant l'eau de mer, concentrent les polluants.

Trois types de contaminants s'y accumulent : les résidus chimiques, les pollutions microbiologiques (liés aux dysfonctionnements des stations d'épuration et aux activités agricoles) et, depuis une vingtaine d'années, les substances toxiques produites par certaines espèces de micro-algues. Ces dernières peuvent provoquer des désordres gastro-intestinaux ou neurologiques.

Toutes les régions du monde sont touchées par ces proliférations. "Les Etats-Unis et le Canada sont davantage concernés par les toxines paralysantes et amnésiantes, qui peuvent produire des intoxications graves. Des cas mortels ont été recensés au Canada dans les années 1980, observe Catherine Belin, directrice du réseau de surveillance du phytoplancton et des phycotoxines (Rephy) créé par l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) en 1984. Les toxines diarrhéiques dominent en Europe." C'est le cas en France, où tout le littoral est affecté. Des toxines paralysantes ou amnésiantes y sont également repérées plus ponctuellement. Mais aucune intoxication mortelle n'a été recensée en France.

Le phénomène a été clairement caractérisé pour la première fois dans les années 1970. Les pollutions ont ensuite augmenté de manière importante dans les années 1990, avant de se stabiliser dans les années 2000. En cause : les eaux de ballast des navires, qui ont propagé les algues toxiques sur tout le globe. La pollution locale est un facteur aggravant : l'afflux d'azote et de phosphore venu des villes et des exploitations agricoles favorise les efflorescences d'algues.

Les scientifiques s'inquiètent aujourd'hui de l'impact du réchauffement climatique. Ainsi l'Ostreopsis, habituée aux eaux tropicales, prolifère de plus en plus en Méditerranée. Cette algue produit une substance toxique qui se disperse dans l'air, provoquant des troubles respiratoires. Des fermetures préventives de plages ont déjà eu lieu en France, en Espagne et en Italie.

Face aux risques, un système de contrôle rigoureux de la qualité de l'eau et des coquillages a été mis en place en France, premier pays conchylicole européen devant l'Espagne et premier consommateur au monde d'huîtres. Chaque année, des interdictions de vente sont prononcées l'équivalent d'un mois par an. C'est ce système de tests qui est actuellement au coeur de la polémique autour des huîtres d'Arcachon.

Les scientifiques parlent de cas "atypiques". Les tests biologiques, qui consistent à injecter des extraits de glandes digestives de coquillages à des souris, aboutissent à la mort des animaux en vingt-quatre heures, mais ne sont pas confirmés par les tests complémentaires habituels.

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