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Cette actualité a été publiée le 15/10/2011 à 20h48 par Tanka.


DES CELLULES SOUCHES POUR CONSTRUIRE DES ORGANES

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Des cellules souches pour construire des organes

 
Foie, coeur, poumon ou encore rein ; des organes autoconstruits à partir de cellules souches s'annoncent comme la stratégie la plus prometteuse pour remplacer les greffes traditionnelles. Mais il ne s'agit que d'une piste qui mettra des années avant d'aboutir, ont prévenu des spécialistes, mercredi 12 octobre, lors d'une séance des Académies de médecine et de chirurgie.

Pour pallier la pénurie chronique de donneurs d'organes (qui conduit, chaque année en France, au décès de 500 personnes en attente de transplantation), les chercheurs ont exploré des alternatives aux greffons issus de cadavres. Jusqu'ici, peu ont abouti. Des organes artificiels, imparfaits, n'existent guère que pour le rein et le coeur. Le recours à des organes animaux (xénogreffes) est quasiment abandonné du fait d'inconvénients majeurs : fortes réactions immunitaires, risque viral... Quant aux greffes à partir de donneurs vivants, elles concernent surtout le rein et, à un moindre degré, le foie.

MATRICES TOTALEMENT SYNTHÉTIQUES

La voie des organes autoconstruits apparaît d'autant plus prometteuse que les connaissances sur les cellules souches progressent vite. Le principe est le même pour chaque organe. Des cellules issues de la différenciation contrôlée de cellules souches sont ensemencées sur une matrice (la charpente de l'organe) décellularisée grâce à un détergent. Dans l'avenir, ces matrices pourront provenir du malade lui-même ou d'un autre donneur - en principe sans risques de rejet. Des matrices totalement synthétiques sont aussi développées.

C'est dans le domaine du foie que les travaux sont les plus avancés. Des greffes de foies autoconstruits ont déjà été réalisées avec un certain succès chez des rats, permettant d'améliorer la biologie hépatique et de prolonger leur survie de quelques jours. Mais passer du petit animal à l'homme pose de nombreux problèmes. "Le premier est la capacité de générer des cellules en nombre suffisant pour recoloniser un organe de gros volume, et la définition des populations cellulaires les plus adaptées pour reconstituer un organe transplantable dans les meilleurs délais", estiment Dominique Franco (hôpital Antoine-Béclère, Clamart) et Karim Si-Tayeb (Inserm U 972, hôpital du Kremlin-Bicêtre).

A terme, ils imaginent la création de banques de foies autoconstruits à partir de cellules souches en culture, avec des groupes sanguins et tissulaires déterminés. Ces organes immédiatement disponibles pourraient être transplantés en urgence aux malades en insuffisance hépatique aiguë. L'autre option, encore plus séduisante selon eux, sera de reconstruire un foie à la demande, avec des cellules souches induites à partir des propres fibroblastes du patient, comme le suggère une étude publiée dans la revue Nature du 12 octobre.

Le cas du coeur semble plus épineux. "Il n'a quasiment pas de capacité de régénération, et en plus il est constitué de plusieurs types de cellules, pas seulement de cellules contractiles", explique le Pr Philippe Menasché (Inserm U 633, hôpital Georges-Pompidou), qui s'avoue sceptique sur les chances de parvenir à un coeur autoconstruit. Il est plus confiant s'agissant de reconstructions partielles : valves, parois...

Les recherches sur des reins autoconstruits butent aussi sur la complexité de cet organe, constitué d'au moins 26 types de cellules et qui exerce de multiples fonctions (filtre, sécrétion d'hormones...), comme le souligne le professeur Jean-Michel Dubernard. Le poumon bioartificiel semble également encore bien lointain. "Aujourd'hui, on sait régénérer une trachée ou une bronche à partir d'une matrice", indique le Pr Emmanuel Martinod (hôpital Avicenne, Bobigny) dont l'équipe s'est illustrée il y a quelques mois en réussissant une greffe de bronche en utilisant une aorte.

Mais le défi reste de mettre au point un système capable d'assurer les échanges gazeux (oxygène et gaz carbonique). En 2010, un prototype de poumon bioartificiel a permis à des rats de survivre quelques heures avant la survenue d'un oedème fatal. "Cette recherche prendra encore vingt ans mais je suis confiant", assure le Pr Martinod.
 

Un article de Sandrine Cabut, publié par Le Monde
 

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Auteur : Sandrine Cabut

Source : www.lemonde.fr