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Cette actualité a été publiée le 26/01/2011 à 09h16 par Tanka.


DES ANTIDÉPRESSEURS DANS LES POISSONS DU SAINT-LAURENT

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Des antidépresseurs dans les poissons du Saint-Laurent

Les antidépresseurs que plusieurs Montréalais consomment quotidiennement sont transportés par les canalisations d'eau et ont un effet mesurable sur les poissons du fleuve Saint-Laurent, selon des chercheurs de l'Université de Montréal.

Ces médicaments s'accumulent dans les tissus des poissons et influencent leur activité cérébrale, montre leurs travaux, parus dans la revue Chemosphere.

L'équipe a analysé les tissus de truites qui avaient été exposées pendant trois mois aux rejets des eaux usées de la Ville de Montréal à ceux de truites exposées aux rejets traités à l'aide d'ozone. Un autre groupe de truites gardées dans des bassins ont servi de contrôle.

Les chercheurs ont trouvé des traces de six antidépresseurs dans les tissus et les organes des truites exposées aux rejets de la Ville. Ils ont aussi noté un changement d'activité d'un biomarqueur qui intervient dans la régulation de la sérotonine cérébrale, un effet observé aussi lors de la prise d'antidépresseurs. La sérotonine est une composante chimique importante qui joue un rôle dans les sentiments de joie chez l'humain.

« Nous savons que les antidépresseurs ont des effets secondaires nocifs sur les êtres humains, mais nous ne savons pas exactement comment ces produits chimiques ont un impact sur les poissons non plus que sur l'écosystème du fleuve Saint-Laurent », affirme Sébastien Sauvé, professeur au département de chimie de l'Université de Montréal et coauteur des travaux.

D'autres recherches sont nécessaires pour déterminer les conséquences de manière plus précise.

Les humains hors de danger

Selon M. Sauvé, les concentrations trouvées sont trop petites pour présenter un danger pour les humains, même s'ils buvaient directement l'eau à la sortie des des usines de filtration. « Néanmoins, nous observons une influence sur l'écosystème du fleuve, ce qui devrait susciter l'attention de toutes les villes », affirme le chercheur.

« Montréal possède un réseau d'égout très rudimentaire, la Ville ne retirant pratiquement que les matières solides et l'eau ne faisant l'objet d'aucune désinfection. De toute façon, la structure chimique des antidépresseurs les rend extrêmement difficiles à retirer des eaux d'égout, même en utilisant les systèmes les plus sophistiqués qui soient », ajoute-t-il.

Des travaux ont révélé précédemment les concentrations élevées d'oestrogènes dans le fleuve Saint-Laurent.

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Auteur : radio-canada.ca

Source : www.radio-canada.ca