Dérogation de pesticides : encore une aberration du système d'autorisation - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 04/11/2011 à 08h12 par Tanka.


DÉROGATION DE PESTICIDES : ENCORE UNE ABERRATION DU SYSTÈME D'AUTORISATION

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Dérogation de pesticides : encore une aberration du système d'autorisation

 
L'utilisation massive, par 15 pays au premier rang desquels la France, du dangereux pesticide Metam sodium – pourtant normalement interdit en Europe – est basée sur une dérogation scandaleuse pour Générations Futures et PAN Europe.

Le Metam sodium est suspecté d'être cancérigène et d'être un toxique de la reproduction et du développement par l'US-EPA aux Etats Unis. Pourtant, des millions de kilogrammes du dangereux gaz metam sodium sont utilisés dans l'Union Européenne par 15 états membres pour la fumigation du sol.

Cette utilisation se fonde sur une possibilité prévue dans la décision du Conseil 2009/562/EC qui prévoit des dérogations à cette interdiction. Le pesticide Metam sodium n'a en effet pas pu être autorisé car l'exposition des consommateurs n'est pas acceptable et qu'une série de données manquent. Malgré l'interdiction de principe, une utilisation large est tolérée au nom de « l'usage essentiel » pour les Etats qui demandent à pouvoir bénéficier de cette dérogation.

En France des dérogations ont ainsi été accordées par l'Etat pour les cultures suivantes : légumes et plantes fruitières, essentiellement mâche, carottes, tomates, fraises, asperges, plantes ornementales, arbres et arbustes. En déposant une requête formelle d'accès aux documents, PAN Europe a pu récupérer les rapports obligatoires réalisés pour 2010 par ces 15 états membres qui utilisent le métam sodium au nom de « l'usage essentiel » et les a analysé.

«Il faut absolument ne pas autoriser le métam sodium en Europe et au contraire retirer immédiatement les autorisations dérogatoires actuelles pour un soi disant usage essentiel qui conduit de facto des pays comme la France à utiliser des quantités énormes de ce pesticide dangereux, sans chercher à mettre en oeuvre des alternatives sûres. » déclare François Veillerette, Porte parole de Générations Futures.

Ces documents montrent que la France est le plus gros utilisateur de Métam sodium et en utilise quelques 6 millions et demi de kilos dans ses terres agricoles ! L'Espagne, le Portugal et la Grèce en sont aussi de gros utilisateurs. La Grande Bretagne et l'Italie n'ont en revanche pas communiqué les quantités utilisés.

La décision dérogatoire du Conseil oblige les 15 pays utilisateurs à rechercher sérieusement des alternatives, notamment à travers la mise en oeuvre de plans d'actions...mais aucun des 15 pays n'a commencé à mettre en oeuvre un tel plan ce qui est totalement anormal ! Des alternatives existent pourtant déjà comme la pratique de rotations culturales plus longues ou l'utilisation de variétés résistantes. Le fait que 12 états membres n'utilisent pas de métam sodium montre bien que l'usage essentiel accordé est sans doute injustifié.

De plus, les Etats membres discutent d'une possible légalisation du Metam sodium par une procédure rapide. Pourtant l'opinion de l'EFSA sur cette substance montre bien que les adultes vivants sous le vent d'un lieu où a lieu une injection dans le sol dépassent leur limite de sécurité en 5 heures. Quant aux enfants, les plus vulnérables, ils dépassent la dose maximale en une seule heure.

Enfin, ces calculs basés sur des données des industriels semblent sous estimer le risque...Le gaz est relargué par le sol pendant de nombreux jours et le métam sodium et ses produits de dégradation sont toxiques pour le foie, immunotoxiques, reprotoxiques et des cancérigènes suspectés. Ils polluent également les eaux souterraines et tuent des organismes utiles du sol comme les vers de terre.
 

Un article de la rédaction de Environnement-france
 

Lance-toi ! Deviens vite lanceur d'alerte. Rejoins ceux qui ont la rage !

Le site étrange qui dérange même les anges !

Merci de PARTAGER les meilleurs posts partout où vous le pouvez, réseaux sociaux et autres.

 





Source : www.environnement-france.fr