Décroître ou être décru ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 16/05/2013 à 13h31 par kannie.


DÉCROÎTRE OU ÊTRE DÉCRU ?

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Décroître ou être décru ?

 

Les décroissants prosélytes sont certains d'atteindre le nirvana en détricotant tranquillement jour après jour l'écheveau du développement industriel. Ont-ils raison ?

Les fidèles de la religion croissante jouissent d'une sérénité morale plus grande que les agnostiques des lendemains durables et plus grande encore que les zélateurs convaincus de la réduction de la voilure économique. Pour ces derniers, les paradoxes se mêlent aux confusions et les incertitudes s'additionnent aux contradictions, si l'on excepte bien entendu les plus cyniques qui ont fait de ce thème devenu tendance un véritable fonds de commerce capitaliste.

La décroissance est un terme qui, pourtant, présente l'avantage d'être facilement compréhensible par tout un chacun, dans le sens où il signifie l'antithèse d'un concept archi-rabâché, rebattu, ressassé, seriné et présenté comme la condition «sine qua non» de l'accès au mode de vie idéal de la civilisation post-industrielle.

Bref, la décroissance, tout le monde comprend grosso modo ce que cela veut dire, à savoir, la diminution globale du nombre de biens mis en circulation dans le circuit marchand, assorti d'une réduction plus importante, voire une disparition, des biens jugés inutiles, futiles, et superflus.

Sur le fond, les gens ne sont pas hostiles à cette vision prospectiviste du devenir de leurs choses, mais dans la réalité immédiate (qui, se renouvelant chaque jour à l'identique, devient en fait une réalité durable), montrent qu'ils ont d'autres chats à fouetter ainsi que l'indique un récent sondage dans lequel 80% des personnes se disent convaincues qu'il faudra bientôt changer de mode de vie, mais seulement 20% se disent prêtes à en changer !

On ne peut donc pas dire qu'en ce qui concerne la configuration de l'avenir, la confiance règne... Mais de là à anticiper quoi que ce soit, il y a un précipice que la pratique du quotidien se charge de combler jour après jour.

Reste tout de même 20% des sondés qui affichent une tranquillité paisible en l'avenir et qui croient dur comme le fer (qui va pourtant être épuisé aux environs de 2087) que le progrès technique va perdurer indéfiniment et venir pallier tous les assèchements. Ces derniers ont, en tous cas, le mérite de la cohérence intellectuelle et doivent être considérés avec respect car ils ont su mettre leur comportement en adéquation avec leurs convictions, ce qui est loin d'être le cas pour la plupart de ceux qui pataugent dans le marécage de l'idéologie décroissante.

À cette catégorie remarquable, il convient d'ajouter les «décroissants technocrates» (MM. Jancovici, Grandjean, Hulot & consorts) qui, bien que développant un discours situé aux antipodes de celui des croissants militants, alignent toutefois leur pensée sur leur activité professionnelle en dégageant une source de revenu substantiel d'un concept de résilience qui, habilement conçu et lancé d'un point de vue marketing, trouve un écho favorable auprès du marché, d'autant plus qu'il est adoubé par l'État complice.

 

 

Pour ces gens-là, la vie est un long fleuve générateur d'actions renouvelables, peu importe la couleur du business, qu'il soit bleu, blanc, rouge ou vert, pourvu qu'ils en retirent l'ivresse de la partie gauche du compte de résultat. Il nous faut donc les laisser en paix car il est désobligeant de déranger des gens qui travaillent, même si le socle de leur labeur nous disconvient. La tolérance est la première vertu de l'homme libre et responsable, la seconde étant de s'occuper de ses affaires sans se soucier de la cuisine d'autrui.

En réalité, le débat sur la Décroissance peut varier en fonction d'un certain nombre de paramètres qui, s'ils sont changés, retournent les questions en sens inverse.

Prenons par exemple le paramètre «pourquoi» : ceux qui pensent que la décroissance doit s'installer parce que la croissance est néfaste à l'homme préconiseront nécessairement des actions inverses de ceux qui pensent qu'elle est inéluctable pour des raisons géologiques. Prenons ensuite le paramètre «où» : ceux qui pensent que la décroissance doit s'installer dans tous les secteurs d'activité préconiseront nécessairement des actions inverses de ceux qui pensent qu'elle ne doit s'appliquer que dans certains domaines.

Prenons encore le paramètre «quand» : ceux qui pensent que la décroissance doit s'installer maintenant et tout de suite préconiseront nécessairement des actions inverses de ceux qui pensent qu'il faut profiter du bon temps avant que le ciel ne nous tombe sur la tête, etc., etc.

Cette intéressante inversion du raisonnement imprègne même, et sans doute à leur corps défendant, certains idéologues parmi les plus sympathiques de la cause réductionniste. C'est ainsi que le journal La Décroissance, bréviaire mensuel des bobos en mal de déplétion, s'auto-intitule «le journal de la joie de vivre» et serine à longueur d'articles le slogan fédérateur «moins de biens plus de liens», sans se rendre compte qu'il enfonce des portes ouvertes d'un demi-siècle, car tout le monde sait bien depuis mai 68 qu'aller décroître dans une ferme du Larzac, c'est gagner le droit à la joie de vivre et que remplacer les soirées TVfilms par des castagnades au feu de bois avec les paysans du coin, c'est «diminuer les biens et augmenter les liens».

 

 

(...)

Ces douces utopies n'ont aucune chance de recueillir la moindre adhésion populaire, alors qu'un simple retard de 24 heures dans l'approvisionnement des stations services d'un pays développé serait de nature, lui, à créer un début de panique générale et un terrain révolutionnaire.

Il est évident qu'il faudra attendre la «véritable» crise, c'est-à-dire celle de la déplétion fossile et minérale, et non pas la fausse crise spectaculaire-médiatique dont on nous rebat les oreilles, pour que l'individu de base soit confronté à l'obligation de décroître et, par conséquent de s'adapter à des données externes, ainsi qu'il l'a toujours fait et continuera à le faire.

Aussi je m'associe à Jean Laherrère, ingénieur pétrolier membre fondateur de l'ASPO (Association for the Study of the Peak Oil) pour déclarer de façon résolument optimiste : « vivement la crise ! »

 

Pour lire la totalité de ce très bon article, cliquer ICI

 

Un article de Christian Laurut, publié par contrepoints.org et relayé par SOS-planete

 

Testament oral d'un Ancien à ses enfants et petits-enfants

 

Nous les esclaves modernes ! Version pour les "non-voyants"...






 

N'acceptez pas le crime organisé ! Rejoignez la Force ! Ralliez le Cercle des Anciens ! Apportez votre petite pierre à une évolution joyeuse, compatible avec la Vraie Vie...

 

 

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : Christian Laurut

Source : www.contrepoints.org