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Cette actualité a été publiée le 05/04/2012 à 11h47 par Tanka.


DÉCOUVERTE D'UN TYRANNOSAURE... À PLUMES

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Découverte d'un tyrannosaure... à plumes

 
La nouvelle n'est pas tombée un 1er avril et c'est heureux : personne ou presque n'y aurait cru. Une équipe sino-canadienne a publié, ce mercredi 4 avril dans Nature, une étude annonçant la découverte, dans la province chinoise du Liaoning, d'une espèce de dinosaure pour le moins surprenante : un grand tyrannosaure à plumes. Sur le plan de la symbolique, c'est le mariage dissonant du lourd et du léger, du terrestre et de l'aérien, de la belle et de la bête.

Sur le plan paléontologique, c'est un peu moins étonnant. Depuis une quinzaine d'années en effet, et notamment grâce à l'exploration de gisements fossilifères chinois, de plus en plus de dinosaures à plumes sortent de terre. Mais jusqu'à présent, ces emplumés des temps anciens étaient en général des animaux de taille modeste, comme le sinosauropteryx découvert en 1996 en Chine.

Avec l'arrivée dans le paysage de ce tyrannosauridé, on saute d'un coup plusieurs catégories de poids... Trois fossiles ont été découverts, un adulte et deux jeunes. Selon les paléontologues, le plus grand individu ne mesurait pas moins de 9 mètres des narines au bout de la queue et pesait un peu plus de 1,4 tonne, les deux autres, plus petits, ayant une masse de 500 et 600 kilogrammes. Ce chiffre de 1,4 tonne semble évidemment modeste par rapport aux 5 à 7 tonnes du fameux Tyrannosaurus rex, mais c'est quarante fois plus que le plus lourd des dinosaures à plumes retrouvé jusqu'à présent, le curieux Beipiaosaurus.

La nouvelle espèce, carnivore, a été baptisée d'un nom mélangeant latin et mandarin, Yutyrannus huali, qui signifie "beau tyran à plumes". En consultant l'arbre généalogique des tyrannosauridés (voir ci-contre), on s'aperçoit que Y. huali, qui vivait il y a environ 125 millions d'années est, si on le compare à ceux qui le précèdent et le suivent, un intrus question taille dans la famille, laquelle comptait des espèces bien moins imposantes. Les individus de plus d'une tonne sont plutôt l'apanage de la fin du Crétacé, le summum étant T. rex, arrivé quelques dizaines de millions d'années après Y. huali, que l'on peut considérer comme son arrière grand-oncle.

On s'en doute, avec cette masse de 1,4 tonne, notre beau tyran à plumes ne risquait pas de voler. Son plumage ne s'y prêtait d'ailleurs pas comme l'explique Xing Xu, professeur à l'Institut de paléontologie des vertébrés et de paléoanthropologie de Pékin et un des auteurs de l'étude parue dans Nature : "Les plumes de Yutyrannus étaient de simples filaments.

Elles ressemblaient plus au duvet d'un poussin actuel qu'aux plumes rigides d'un oiseau adulte." D'où l'idée qu'elles aient plutôt eu un rôle isolant, pour maintenir le corps au chaud. Une hypothèse problématique pour le paléontologue canadien Corwin Sullivan, co-auteur de l'étude : "Les animaux à grand corps peuvent conserver la chaleur assez facilement (puisque plus on est grand, plus le ratio surface corporelle/volume est favorable de ce point de vue, NDLR) et ils ont en réalité plutôt un problème potentiel de surchauffe. C'est ce qui fait de Yutyrannus un peu une surprise, lui qui est grand et carrément ébouriffé." Les plumes retrouvées par les chercheurs sont en effet assez longues, mesurant entre 15 et 20 centimètres.

Cela a donc poussé les chercheurs à émettre une autre hypothèse, celle du climat. L'étude rappelle que Y. huali vivait à une époque nettement plus froide que la suite du Crétacé, avec, dans ce qui est aujourd'hui la province du Liaoning, une température moyenne de 10° C, à comparer avec les 18° C qui régnaient dans la région il y a 65 millions d'années, à la fin du Crétacé.

De la même manière que de gros mammifères comme les bisons et les yacks ont, malgré une masse qui approche parfois la tonne, une fourrure conséquente pour lutter contre le froid, le tyrannosaure à plumes pourrait avoir gardé les plumes isolantes de ses ancêtres. A l'inverse, ses successeurs, avec la remontée des températures, auraient troqué le plumage contre les écailles et c'est heureux : un Jurassic Park avec des tyrannosaures bardés de trucs en plumes à la Zizi Jeanmaire, cela n'aurait pas fait sérieux...
 

Un article de Pierre Barthélémy, publié par Passeur de sciences
 

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Auteur : Pierre Barthélémy

Source : passeurdesciences.blog.lemonde.fr