Déchets nucléaires, une avancée biaisée? - L'atelier

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 29/05/2010 à 22h37 par Jacques.


DÉCHETS NUCLÉAIRES, UNE AVANCÉE BIAISÉE?

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • Google+  FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr
SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre
Déchets nucléaires, une avancée biaisée?

Areva annonce mettre fin prématurément à ses envois d'uranium en Russie.

Les transports de matières radioactives entre la France et la Russie durent depuis des décennies.

L'industriel français vient d'annoncer discrètement qu'ils prendraient fin durant l'été 2011. Dont acte.

Dans les dépêches de l'AFP ou ailleurs, il est écrit qu'Areva cesse l'envoi d'uranium appauvri en Russie.

Attention, Areva n'envoie pas d'uranium appauvri mais de l'uranium de retraitement, qui sort de La Hague, et dont on nous dit qu'il est super recyclable.

Il est tellement recyclable qu'on ne s'enquiquine pas à le recycler. Seuls deux des 58 réacteurs français carburent à l'uranium de retraitement ré-enrichi, Cruas 3 et 4.

Car pour réutiliser cet uranium de retraitement, il faut le ré-enrichir et Areva ne dispose pas encore des installations pour le faire.

L'industriel s'est donc tourné vers la Russie depuis le milieu des années 90 pour ces envois. D'où vient la confusion?

Durant le procédé de ré-enrichissement, 90% de la matière devient un uranium super appauvri et c'est cette matière radioactive que l'industriel français laissait sur des parkings à ciel ouvert dans le complexe militaire de Seversk.

Par extension, cet uranium appauvri stocké sur des parkings est un peu celui d'Areva et d'EDF.

Mais d'après les contrats internationaux sur l'uranium, l'enrichisseur russe devient le propriétaire de toutes les matières produites durant le procédé d'enrichissement.

Juridiquement, l'uranium abandonné en Russie n'appartenait donc plus à EDF, lequel sous-traitait le processus de ré-enrichissement à Areva.

Déchets, le cauchemar du nucléaire, l'enquête réalisée avec Eric Guéret et diffusée le 13 octobre sur Arte, avait provoqué la saisine du Haut comité pour la transparence et la sûreté nucléaire.

Et s'en sont suivis des mois de discussion, les membres du HCTSIN souhaitant connaître l'intégralité des flux de matières radioactives existant entre la France et la Russie. Le rapport sera prêt en juin.

Greenpeace a salué la décision d'Areva mais l'industriel prétend aujourd'hui qu'elle était connue dès 2006. Etonnant. Durant notre enquête pour Arte, Areva n'a jamais parlé de la fin prématurée de ces contrats.

Certains couraient jusqu'en 2011, d'autres jusqu'en 2014. Ni durant les quelques débats qui ont suivi la diffusion du film, ni lors des interviews qu'il a accordées aux journalistes, Jacques-Emmanuel Saulnier, porte-parole du groupe, n'a expliqué que tout cela allait prendre fin au plus tard en juillet 2010.

Ce qu'il expliquait en revanche, c'était que la France allait bientôt être dotée de la technologie nécessaire au ré-enrichissement d'uranium de retraitement grâce à l'usine Georges Besse II, en construction sur le site du Tricastin.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire
.
.





Auteur : Rédaction Libération

Source : environnement.blogs.liberation.fr