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Déchets nucléaires : le plus grand centre de stockage d'Europe fête ses 40 ans - Demain l'Homme

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Cette actualité a été publiée le 07/10/2009 à 19h38 par lovely.

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Déchets nucléaires : le plus grand centre de stockage d'Europe fête ses 40 ans

 

Information recueillie par Olivier

 

La France excellente en matière de gestion des déchets nucléaires? L'image du Centre de Stockage de la Manche à l'occasion de ses 40 ans voudrait le laisser croire. Mais c'était sans compter le doute semé par le rapport établi par ACRO et Greenpeace.

Ce mardi 22 septembre, ils étaient près de 200 invités à assister au 40 ème anniversaire du Centre de Stockage [de déchets nucléaires] de la Manche (CSM) organisé par l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra). Parmi eux, le député François-Michel Gonnot, président de l'Andra et sa directrice générale Marie-Claude Dupuis, ainsi que de nombreux élus du canton de Beaumont Hague sur le territoire duquel se trouve le site ouvert en 1969, ainsi que d'autres venus de l'est de la France.

Pour l'Andra, cet événement était sans aucun doute l'occasion de montrer le résultat d'une surveillance à long terme après fermeture en 1994 d'un centre de stockage de déchets nucléaires, aux élus de l'Aube, dont le territoire est concerné par les centres de stockage en surface et en subsurface de déchets nucléaires de Faible et Moyenne Activité (FMA) et de Très Faible Activité (TFA), ainsi qu'aux élus de Meuse et de Haute-Marne, concernés eux par le stockage souterrain (à 500 mètres sous terre) de déchets nucléaires de Haute et de Moyenne Activité à Vie Longue (HA-MAVL) qui en est pour l'instant à l'état de « laboratoire ».

Le lendemain de cet événement, en ce même lieu, commençait le premier séminaire international sur la surveillance environnementale des stockages de déchets radioactifs organisé par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) dans le cadre du réseau international DISPONET d'échanges sur le stockage des déchets de faible activité.

C'est dire que le CSM, premier centre de stockage de déchets nucléaires français situé sur la presqu'île du Cotentin à quelques kilomètres du centre de retraitement de La Hague exploité par Areva, et plus grand centre de stockage de déchets nucléaires d'Europe, sert d'exemple de l'excellence française dans le domaine de la gestion des déchets nucléaires !

Pourtant, dans un communiqué de presse publié hier, Greenpeace France crie au scandale : ''nappe phréatique contaminée, structure d'entreposage qui s'effondre, déchets de longue vie stockés dans des conditions inadmissibles : le bilan du Centre de stockage de la Manche (CSM), le seul centre de déchets nucléaires « fermé » en France est accablant''.

Déchets de longue vie ? Dans l'historique du CSM publié sur le site Internet de l'Andra, il est précisé : « Les déchets stockés dans ce centre sont des déchets solides de faible et moyenne activité ». Ce qui ne dit pas s'ils sont de courte ou de longue durée de vie. Mais le rapport de 58 pages réalisé par le laboratoire indépendant d'analyse de la radioactivité ACRO à la demande de Greenpeace France fait état de la présence au CSM de près de 100 kg de Plutonium venus du centre de Valduc du CEA/Direction des Applications Militaires (DAM), qui eux, relèvent de la catégorie HAVL.

Les téléspectateurs du documentaire de Esther Hoffenberg « Au pays du nucléaire » diffusé sur France 2 le jeudi 17 septembre à 22h50 auront sans doute été frappés par l'intervention en réunion de la Commission de Surveillance du CSM de Christian Kernaonet, ancien directeur d'exploitation du CSM. Véritable lanceur d'alerte plein de culpabilité, il s'efforce de faire valoir la nécessité de reprendre les colis de déchets stockés à même le sol dans la première tranchée creusée à l'ouverture du CSM, comme cela s'est fait pour les tranches 2 et 3.

Son combat dure depuis 1994-95, date à laquelle il a été muté et, selon lui mis au placard, tandis que les tranches étaient bétonnées pour être recouvertes, que le stockage s'arrêtait portant à 527.000 m3 le volume de déchets radioactifs stockés sur le site et que le centre fermait pour rentrer dans la phase de surveillance. Et que le centre de l'Aube s'ouvrait, en prenant soin de recouvrir d'un toit les alvéoles de stockage le temps du remplissage, pour éviter l'infiltration de la pluie et la contamination des eaux de ruissellement.

''Le CSM a servi de retour d'expérience pour le centre de l'Aube, déclare David Boiley, président de l'Acro. En ré-ouvrant la partie nord et en reprenant les fûts métalliques qui risquent de rouiller et de contaminer la nappe phréatique, le CSM pourrait servir de retour d'expérience sur la capacité de rendre réversible un stockage de déchets nucléaires, la réversibilité étant une des conditions retenues pour le stockage souterrain de déchets nucléaires HAVL''.

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