Débris spatiaux : création d'un fonds par les usagers de l'espace ? - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 29/06/2011 à 16h29 par Mich.


DÉBRIS SPATIAUX : CRÉATION D'UN FONDS PAR LES USAGERS DE L'ESPACE ?

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Débris spatiaux : création d'un fonds par les usagers de l'espace ?

 

Titre original :
Débris spatiaux: une association demande la création d'un fonds par les usagers de l'espace

 

Les astronautes de la station spatiale internationale ont dû s'abriter ce mardi à cause de déchets spatiaux repérés tardivement. L'association Robin des Bois demande la création d'un fonds pour gérer cette pollution d'un nouveau genre.

Ce mardi, les six astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS) ont dû l'évacuer environ une demi-heure pour se réfugier dans les deux capsules Soyouz amarrées, des débris spatiaux ayant été repérés à proximité.

Cet incident arrive quelques jours après la publication par une association écologiste, Robin des Bois, qui dresse dans un rapport (PDF, 3,86 Mo) l'état de cette pollution récente et demande la création d'un fonds pour gérer les déchets spatiaux.

Elle y déclare en introduction:

La conquête spatiale a réussi un exploit considérable. En 50 ans, l'humanité a disséminé dans l'espace des milliards de déchets d'origine terrestre. « L'océan d'en haut » comme l'appelait Victor Hugo est victime d'une pollution industrielle d'un genre nouveau, foudroyant, proliférant et durable du même type en plus irrécupérable que la pollution de l'océan d'en bas par les déchets de plastique, de polystyrène et d'hydrocarbures.

La durée de vie d'un satellite n'est guère plus longue que celle d'une voiture, une bonne dizaine d'années. Sur Terre, la gestion des Véhicules Hors d'Usage -VHU- et de leurs accessoires est un casse-tête. Dans l'espace, la gestion des Satellites Hors d'Usage – SHU- est dominée par le « chaque Etat pour soi » et le sans gêne à l'état pur.

C'est un effet imprévu de la conquête spatiale que rappelle l'ONG: « En 50 ans, les activités humaines dans l'espace ont créé sur les orbites basses et hautes de la Terre plus de déchets que le système solaire n'y a injecté de météorites en plusieurs milliards d'années. »

15.000 objets de plus de 10 cm en orbite basse

Il y aurait actuellement 15.126 objets de tailles variées en orbite basse (jusqu'à 2.000 km d'altitude), dont 2.523 satellites hors d'usage, 1.901 étages supérieurs de lanceurs et plus de 10.000 déchets de plus de 10 cm.

Ces objets spatiaux sont, pour les plus gros, surveillés, notamment par l'US Space Surveillance Network. Mais nul ne peut surveiller les résidus de combustion, des milliards de poussières laissées par la combustion des lanceurs: leur taille peut varier de moins d'un micron à plusieurs centimètres, et si on en trouve des nuages sur toutes les orbites, ils sont particulièrement nombreux dans les orbites basses.

Ces particules peuvent mettre en danger les astronautes lorsqu'ils sont en mission extérieure, ou perforer des panneaux solaires. Des hublots de la navette américaine Columbia ont été remplacés en 1996 après ce qui a été identifié comme une collision avec des particules d'alumine.

Un risque sur 89 pour les astronautes en sortie

Lors de la dernière mission de réparation du télescope spatial Hubble, en mai 2009, la NASA estimait que les astronautes couraient 1 risque sur 89 d'être tués par un déchet au cours des opérations à l'extérieur de la navette spatiale, indique le rapport.

On trouve aussi dans cette décharge spatiale les « déchets d'exploitation » (verrous, outils, câbles etc.), les satellites hors d'usage et les déchets de fragmentation, nés de collisions ou d'explosions accidentelles.

Ces multiples épaves et débris flottants sont un danger pour les humains et pour les matériels. Depuis 1991, huit collisions ont été enregistrées. La plus grave a eu lieu le 10 février 2009, quand les satellites américain Iridium 33 (560 kg, en activité) et russe Kosmos 2251 (900 kg, hors d'usage) se sont percutés à une vitesse de 42.120 km/h, à 790 km d'altitude au-dessus de la Sibérie.

Le choc dispersa 521 morceaux d'Iridium 33 et 1.267 morceaux de Kosmos 2251 de plus de 10 cm.

180 tonnes sur la Lune

Le rapport de Robin des Bois fait un état des lieux de l'utilisation des différentes orbites, des satellites et des débris qui y évoluent. Il relève au passage que sur la Lune les humains n'ont pas laissé que des traces de pas:

« Les six équipages des missions Apollo qui se sont succédés de juillet 1969 à décembre 1972 ont abandonné sur place des tonnes de déchets électriques, électroniques, nucléaires et biologiques. Entre 1959 et 2009, 49 sondes automatiques s'y sont écrasées, volontairement ou non, ou ont été abandonnées à la surface en fin de mission. Des bactéries terrestres ont été involontairement introduites, et ont survécu plusieurs années. Au total près de 180 tonnes de déchets sont dispersés sur la Lune. »

L'association estime notamment en conclusion que « le financement des recherches sur les modalités de capture ou de neutralisation in situ des plus gros déchets susceptibles de se fragmenter en des millions de microdéchets projectiles pourrait être en partie assuré par un fonds alimenté par tous les usagers de l'espace, en premier lieu les exploitants de satellites commerciaux ».

 

Un article de Thierry Noisette, publié par smartplanet.fr

 

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Auteur : Thierry Noisette

Source : www.smartplanet.fr