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Cette actualité a été publiée le 11/11/2009 à 22h33 par Philippe BOISSEAU.


DÉBAT POUR IMPLANTER DES GÈNES HUMAINS CHEZ LES ANIMAUX

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Débat pour implanter des gènes humains chez les animaux

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L'hérésie se poursuit, les animaux en sont toujours les sempiternelles victimes.

L'Académie britannique pour les sciences médicales a lancé mardi un débat dans la communauté scientifique anglaise en vue de déterminer s'il est concevable d'implanter des gènes humains chez les animaux dans le but de faire progresser la recherche médicale.

Qui ne connaît pas « L'Ile du docteur Moreau » ? Le roman de H-G Wells est un standard de la littérature de science-fiction, et a été adapté à plusieurs reprises au cinéma... Seul survivant d'un naufrage, un marin échoue sur une île peuplée de créatures monstrueuses, mi-hommes mi-bêtes, vivant sous la domination du docteur Moreau et de son assistant, l'inquiétant Montgomery. Ces êtres hybrides sont alors capables d'une pensée rudimentaire, mais se révèlent très instables.

Le débat lancé par les Anglais ne prendra pas moins d'une année, sous la houlette de Martin Bobrow, un généticien de l'université de Cambridge, et qui préside un collège de 14 membres de l'Académie. « De telles créations sont-elles compatibles avec notre idée de l'être humain » ? L'éminent professeur est assez optimiste sur l'avenir de la science : « Il existe un ensemble de techniques scientifiques susceptible de rendre, non seulement plus facile, mais aussi plus probable le franchissement de la barrière des espèces ».

Un tollé s'est produit l'an passé en Grande-Bretagne au sujet de lois nouvelles permettant la création d'embryons expérimentaux à la fois humains et animaux. S'opposant aux scientifiques à la recherche de traitements nouveaux contre la maladie, un cardinal catholique a stigmatisé de telles expériences comme étant du ressort de la « science de Frankenstein ». Pour le professeur Bobrow, « C'est important de considérer maintenant ces questions pour que les limites appropriées soient identifiées et la recherche puisse avancer ».

Utiliser du matériel humain chez les animaux n'est pas nouveau. Les scientifiques ont déjà créé un rhésus de singe macaque avec une apparence humaine du gène de Huntingdon pour étudier l'évolution de cette maladie. Des souris porteuses d'un foie réalisé avec des cellules humaines sont utilisées pour tester de nouveaux médicaments. Les chercheurs estiment que la technologie permet d'implanter un matériel génétique humain toujours plus important chez les animaux et que certains seront tentés de repousser la barrière des espèces un jour ou l'autre.

Martin Bobrow ne souhaite pas envenimer un débat sensible, mais que la communauté scientifique est d'accord, selon lui, pour parvenir à un assortiment de matériel humain et animal de l'ordre de moitié-moitié. « Est-ce que la plupart d'entre nous s'inquiète de créer une souris dont les globules sanguins ou le foie sont humains ? Probablement pas ». Une chose est certaine, c'est que les progrès de la génétique permettent de résoudre tout un tas de questions morales qu'il serait illusoire de ne pas aborder d'un point de vue éthique.

En revanche, Martin Bobrow estime que l'animal doué de parole ou de pensée est d'un tout autre registre... Pour le comité scientifique mis en route par l'Académie britannique, il n'est pour l'instant pas question d'essayer d'imiter les aspects humains essentiels chez des animaux, ce qui pose « là des problèmes en termes d'acceptation sociale ».

Pour en savoir plus sur la situation planétaire