De Lyon à Saint-Etienne, la chasse aux "Rroms" se poursuit - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 25/09/2011 à 07h30 par Kannie.


DE LYON À SAINT-ETIENNE, LA CHASSE AUX "RROMS" SE POURSUIT

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De Lyon à Saint-Etienne, la chasse aux "Rroms" se poursuit

 

Hier, 21 septembre 2011, ce sont encore 200 roms de l'agglomération lyonnaise qui ont été expulsés de leurs lieux de vie sur 4 camps. A Lyon, depuis une semaine, le préfet applique à la lettre la circulaire du 5 août 2010, pourtant illégale, et démantèle, un par un, tous les camps de Rroms.

Il fallait voir ces 25 enfants de l'autre côté du trottoir de la rue Eugène Pottier, le regard perdu, les yeux encore embués par le sommeil, ne comprenant pas pourquoi on leur envoyait une quinzaine de véhicules de police de si bon matin.Ils avaient entre 6 mois et 12 ans. L'un d'entre eux avaient son cartable sur le dos. Ce matin, il n'ira pas à l'école.

La veille, l'OFII de monsieur Klarsfeld (directeur de Office Français de l'Immigration et de l'Intégration) était passé pour proposer «l'aide au retour». Pas un habitant n'en n'a voulu. Stefan expliquait pourquoi : «Qu'est ce que tu veux que je fasse de cet argent pour retourner en Roumanie ? Je suis en France depuis 2002, j'ai 5 enfants qui vont à l'école, l'OFII ne m'a jamais proposé un centime pour m'aider.»

Le préfet du Rhône a déclaré qu'il ne voulait pas voir d'enfants mendier dans la rue. Il montre clairement aujourd'hui qu'il ne veut pas non plus les voir à l'école. A peine les enfants rentrés et scolarisés à un endroit, il les expulse et les rejette à l'autre bout de la ville. Le préfet du Rhône, reprenant les déclarations du ministre Apparu, à déclaré qu'à Lyon, il ne laisserait aucun enfant de moins de 10 ans dormir dehors. Rien qu'hier, il en a jeté une centaine à la rue dont les plus petits ont quelques mois.

La semaine dernière, après avoir trouvé le camp de Saint Fons, vide, le préfet a donné des consignes pour traquer, harceler et pourchasser les Rroms Saint Fons où qu'ils se trouvent. (A moins que de tels agissements ne soient le fait de fonctionnaires particulièrement zélés qui agissent de leur plein gré). C'est ainsi qu'un groupe de 80 personnes dont une trentaine d'enfants se sont retrouvés à Chassieu, puis Décines, retour à Chassieu, Villeurbanne puis Vaulx en Velin.

A Chassieu, quand la police les a retrouvés dans une forêt au milieu de nulle part, ils ont été obligés de quitter les lieux. Ils faisaient 100 mètres, tenant d'une main leur enfant, de l'autre leur lourd baluchon, suivis à pied par des policiers. Dès qu'ils s'arrêtaient pour se reposer, la police les obligeait à repartir. Cette traque à durée 2 jours et 2 nuits.

Finalement, à Vaulx en Velin, alors qu'ils étaient exténués, au bord de l'épuisement, la police les a chassés une dernière fois... Pour les conduire dans une usine occupée par une trentaine de Rroms...

Alors que depuis une semaine et le début des rafles, la police était passée dans tous les squats pour menacer d'expulsion immédiate tous les occupants s'ils accueillaient de nouvelles personnes ; ici, la police a tenu le discours contraire. Un rom m'a raconté que la police les avait menacés d'expulsion immédiate s'ils n'acceptaient pas le nouveau groupe...

Depuis le mardi 13 septembre et l'expulsion illégale des 140 personnes de la rue Marcel Mérieux (les premiers occupants étaient là depuis plus de 48 heures), le préfet à jeté dans la rue plus de 650 Rroms.

Mardi 20 septembre il en a expulsés par charter 150 dont une cinquantaine de Saint-Etienne. En ce qui concerne le respect de la loi, celle-ci est bafouée en permanence. A une personne qui s'étonnait de la loi qui interdit d'expulser les squateurs au delà de 48 heures de présence, un officier supérieur de police à répondu : «ne vous inquiétez pas, on ne les laissera JAMAIS s'installer 48 heures. Cà, c'est notre travail.»

La police ne laisse pas 48 heures, elle n'hésite pas à intervenir au bout de quelques heures sur des terrains privés sans l'accord du propriétaire, elle intervient même au bout de 96 heures, sans se gêner. En ce qui concerne les expulsions, la préfecture délivre maintenant des OQTF (Obligations de Quitter le Territoire Français) dès qu'un Rrom qui a déjà vécu sur le sol français l'a quitté et revient. En gros, on supprime le droit de libre-circulation et on exclut les roumains de l'Europe.

Bien entendu, ce n'est que pour les roumains. Un touriste hollandais qui vient en caravane et multiplie les courts séjours, même s'il ne dépense rien en France, lui, ne sera pas inquiété...

En ce moment la police multiplie les contrôles au faciès à l'encontre des roumains. Qu'on ne me dise pas que ce n'est pas ciblé sur les roumains, les contrôles sont effectués avec un policier spécialement venu de Bucarest qui pose les questions et traduit...

Relevé d'identité, fouille des sacs, confiscation des portables pour vérifier s'ils ne sont pas volés et enfin, questionnaire rapide pour connaître la situation administrative et la date d'entrée en France. Le tout précieusement consigné dans un petit carnet spécial.

Parfois, dans la foulée, convocation à la PAF pour se constituer un dossier d'expulsion. Enfin, depuis longtemps déjà, la police arrête des enfants Rroms. Dans le métro, dans la rue, dans les déchetteries.

Voici le témoignage d'un enfant : - « Dans la déchetterie, il y avait un monsieur qui ressemblait à un clochard. Il fouillait dans les poubelles. Et puis d'un coup il a sauté la barrière et il nous a attrapés. Il a mis son bandeau de la police. Ensuite ils nous a amenés au commissariat. Ils nous ont pris les empreintes, comme ça, tous les doigts et aussi la main et puis ils nous ont pris des photos, 3 photos et après il nous a dit de cracher sur un mouchoir qu'il a mis sur la table. Après, ils nous ont mis en garde à vue, jusqu'à 11 heures du soir et puis ils nous ont emmené dans un foyer. Ils ont pas voulu prévenir mes parents.»

Cet enfant à 11 ans, il vit en France depuis 5 ans. En 8 jours, il a été expulsé 4 fois de sa maison par la police. Il se déplace la peur au ventre, il ne va plus à l'école, il a perdu son sourire d'enfant, et son visage, déjà marqué par ces épreuves lui fait paraître des années de plus. Il est recensé, fiché, photographié et son ADN répertorié.

Alors je ne sais pas si la Roumanie c'est Auschwitz, monsieur Klarsfeld, mais je peux vous dire, et votre comparaison est à cet égard tout à fait bien trouvée, ici, pour les Rroms, c'est déjà Vichy.

 

Un article de Philippe Alain, publié par danactu-resistance.over-blog.com

 

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Auteur : Philippe Alain

Source : danactu-resistance.over-blog.com