De l'eau dans le Gaz! - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 01/02/2011 à 22h06 par Fred.

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De l'eau dans le Gaz!



Le prix du pétrole toujours en constante augmentation pousse les gouvernements à trouver des solutions de rechange.

En France, outre le nucléaire dont on connait le danger, on se tourne maintenant vers le gaz de schiste.

Lorsque les Etats-Unis ont découvert cette nouvelle énergie, ce gaz de grande profondeur, piégé dans la couche de schiste, ils se sont rendu compte que le gisement était si grand (on évoque le chiffre de 15 570 milliards de m3) qu'ils l'ont qualifié « d'océan virtuel de gaz naturel ».

Depuis 2009, les USA sont devenus le premier producteur de ce gaz, devant la Russie, et on évoque dans les milieux d'affaire « un nouvel eldorado américain ».

De quoi s'agit-il ?

Le gaz de schiste n'est pas un gaz banal. Pour l'exploiter, un forage vertical ne suffit pas.

Ce gaz est piégé à ~2000 mètres de profondeur ou plus sous la terre, dans le schiste, d'où son nom.

Pour l'exploiter, les spécialistes américains ont mis au point une technique appelée « l'Hydrofracturation ».

Il y a tout d'abord la création d'un puits bétonné, qui permet d'atteindre la couche de schiste.

Une charge explosive est placée dans cette couche, et l'explosion permet de la « fracturer ».

De l'eau, à laquelle on mélange du sable, des microbilles, et de nombreux produits chimiques, est injectée sous forte pression dans le schiste de profondeur afin de pousser le gaz vers la surface.

Un documentaire choc, « GasLand », de 102 minutes a été réalisé par Josh Fox afin de montrer les dangers de cette nouvelle technologie.

Il veut attirer l'attention des populations sur les risques de l'exploitation du gaz de schiste.

Il ne faut pas rater la séquence dans laquelle un habitant de la zone d'extraction enflamme l'eau du robinet, tant elle est saturée de gaz.

(...) Cette eau, dans laquelle sont restés près de 600 produits chimiques utilisés, va polluer définitivement les nappes phréatiques.

Et puis ce ne sont pas moins de 200 camions qui sont mobilisés à chaque extraction afin d'évacuer le liquide de fracturation, direction les usines de retraitement.

Il peut y avoir jusqu'à 14 fracturations pour chaque puits, entre 10 et 15 puits par kilomètre carré et chaque « fracturation » nécessite entre 10 à 15 millions de litres d'eau.

(...) Mais à part ces produits dangereux polluant la nappe, le gaz va aussi s'y mélanger, et se retrouver dans l'eau du robinet en telle quantité que l'on peut l'enflammer.

Des études réalisées aux Etats-Unis et au Canada ont amené la preuve qu'il y avait des conséquences inévitables passant de la dissémination de produits hautement toxiques, à la pollution inévitable des nappes phréatiques.

(...) La carte des gisements est sur ce lien.

José Bové, et d'autres, sont naturellement sur la brèche :

« Pour l'instant, on est uniquement dans la logique de propagande. Toutes les firmes pétrolières se sont jetées dessus.

Maintenant qu'ils se rendent compte qu'il y a des problèmes, parce que la population n'aime pas être mise devant le fait accompli, forcément ils sont en train d'essayer de trouver un moyen de revenir.

Si on regarde ce qui s'est passé aux Etats-Unis et au Canada, la réalité est toute autre.

Les problèmes posés par la fracturation sont des problèmes majeurs (...) si le gouvernement s'entête à vouloir imposer ces forages de cette manière-là, il est évident que les gens ne laisseront pas faire ces forages, même de prospection.

Il est trop tôt pour dire quelle forme prendrait cette mobilisation, mais mobilisation il y aura, c'est certain. (...)

Il est impossible théoriquement de faire des forages de prospection sans des arrêtés préfectoraux les autorisant (...) on est sur des territoires où la question de l'eau est centrale et où les nappes phréatiques sont d'une fragilité extrême » a-t-il déclaré récemment.

Pour l'instant, l'information du public a été faite essentiellement par les militants, et la presse.

Quand à la ministre de l'écologie, interrogée sur la possibilité d'un débat public, elle n'a pas voulu commenter, ni expliquer les raisons pour lesquelles elle avait attribué des permis sans en parler aux populations.

La préfecture de région interrogée n'a pas voulu faire le moindre communiqué.

On le voit, la transparence n'est toujours pas au rendez-vous.

Seule la société Total à publié un communiqué concernant les permis obtenus.

On y apprend qu'un arrêté ministériel émis discrètement le 1 mars 2010 a attribué pour une période de 5 ans, un permis d'exploiter une zone de 4414 kilomètres carrés allant du sud de Valence à la région de Montpellier.

L'entreprise Total a pour objectif de démontrer la présence de gaz de schiste dans la région de Montélimar, et si les résultats sont positifs, ils seront étendus à tout le secteur attribué.

Le petit monde politique s'agite.

(...) Les élus régionaux interrogés sont dubitatifs.

A part José Bové qui réclame le gel des prospections et demande aux maires de prendre des arrêtes municipaux afin d'interdire les forages, on trouve des députés de gauche ou de droite qui restent dans le flou.

(...) Les écologistes de Cap 21 et d'Europe écologie les Verts, ainsi que le Parti de Gauche soutiennent la pétition.

Elle a récolté en 3 jours près de 3000 signatures, et on peut la signer sur ce lien.

Allons-nous assister en France à la guerre du gaz de schiste ?

L'avenir nous le dira, car comme répète régulièrement mon vieil ami africain :

« Ne mets pas ton doigt entre l'écorce et l'arbre ».

L'image illustrant l'article provient de « québec-politique.com »


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Source : www.centpapiers.com

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