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Cette actualité a été publiée le 24/08/2009 à 15h52 par Tanka.


DANGER DE MORT POUR LA FORÊT HUMIDE INDONÉSIENNE

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Danger de mort pour la forêt humide indonésienne

Information sélectionnée par Tanka.

Les forêts humides de Bornéo et Sumatra pourraient avoir complètement disparu avant 2020 si la déforestation se poursuit au rythme actuel. Le World Wide Fund for Nature (WWF) et Greenpeace sonnent l'alarme.

La déforestation sur les îles indonésiennes de Bornéo et Sumatra, deux des zones de forêt humide parmi les plus importantes de la planète, se poursuit sans diminution, a indiqué lundi à Francfort l'organisation de protection de la nature World Wide Fund for Nature (WWF), sur base d'images satellites. Entre 2003 et 2007, Bornéo aurait ainsi perdu 1,15 million d'hectares de forêt. Sumatra, de son côté, aurait perdu la moitié de sa surface boisée entre 1985 et 2007.

Si le déboisement continue d'avancer à cette vitesse, les forêts humides des deux îles indonésiennes seront dévastées d'ici 2020, selon les experts.

Les bois sont notamment transformés en plantations d'huile de palme et d'acacias. Une grosse partie de la production est destinée aux pays industrialisés, selon WWF.

Cauchemar écologique

L'huile de palme, qualifiée parfois de "cauchemar écologique", est un produit qui connaît un boom sans précédent dans l'industrie agro-alimentaire et dans la restauration collective. Peu onéreuse, elle entre dans la composition d'une gamme très étendue de produits de consommation courante: biscuits, céréales, pain, margarine... C'est une huile qui a une teneur très élevée en acides gras saturés, considérés comme mauvais pour la santé et susceptibles d'augmenter les risques de maladie cardiaque. En réalité, il ne s'agit pas réellement d'une huile mais plutôt d'une graisse, solide à température ambiante étant donné la part très importante d'acides gras saturés qu'elle contient (45% contre 15% pour l'huile d'olive et 10% pour l'huile de noix).

Sa production a été largement subsidiée à l'origine par certains pays occidentaux, comme les Pays-Bas, qui ont vu dans l'huile de palme un biocombustible bon marché. Partant d'une démarche écologique, le rêve s'est toutefois transformé en cauchemar. Car les experts ont vite compris que le subventionnement avait entraîné dans toute l'Asie du sud-est une spirale de déboisement et de reconversion des paysans locaux en planteurs de palme.

Evolution d'autant plus rapide que l'industrie agro-alimentaire découvrait les "vertus" de cette graisse bon marché, l'accommodant à toutes les sauces.

Indonésie, troisième émetteur mondial de CO

Autre conséquence, le déboisement par le feu d'espaces de forêts et de tourbières a propulsé en peu de temps l'Indonésie au rang de troisième émetteur de carbone après la Chine et les Etats-Unis, explique le site Agence Science-Presse.

"Et pourtant, le gouvernement indonésien laisse aller les choses", constate Greenpeace de son côté. L'organisation écologiste remarque que, comme chaque année à la saison sèche, les feux reprennent de manière intensive. "Rien qu'à Riau, 2800 foyers d'incendie ont été dénombrés en juillet. C'est un problème annuel récurrent en saison sèche. En 1999, une loi a été éditée contre les incendies, prévoyant des peines très lourdes pour les contrevenants. Mais elle est peu mise en pratique, à cause de la corruption des fonctionnaires et des procédures légales très lourdes", explique l'organisation.

(T. Nagant avec, notamment, Belga)