Course aux labels, sésames verts pour perdurer - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 26/07/2011 à 02h12 par Kannie.


COURSE AUX LABELS, SÉSAMES VERTS POUR PERDURER

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Course aux labels, sésames verts pour perdurer

 

Quel rapport entre un orang-outang, un tigre de Sumatra et l'usine de pâte à papier de Saint-Gaudens ? Le groupe indonésien Sinar Mas, le plus grand producteur d'huile de palme.

Le nouveau propriétaire de l'ex-Tembec est accusé par les ONG de déforestation sauvage et de mise en péril d'espèces protégées dans le Nord de l'Inde.

Ses hautes cheminées d'acier et les fumées interminables qui s'en échappent cacheraient presque la vue sur les Pyrénées. Sur ses flancs s'élève un rempart de bois de feuillus et de résineux que domine une pyramide de sciure recrachée par des tapis roulants. Classé Seveso II, le site est impénétrable. Tembec, aujourd'hui rebaptisée Fibre Excellence, répand en continu sur la ville de Saint-Gaudens une odeur de chou, celle de la cellulose.

En mai 2010, pour 100 millions d'euros, le pavillon canadien Tembec plombé par 20 millions d'euros de dettes, tombe, et laisse place aux couleurs de la filiale Fibre Excellence SAS... rattachée par le jeu des alliances à un holding de droit hollandais Paper Excellence BV. Elle-même gérée par Jackson Wijaya, propriétaire du groupe Asian Purple & Paper, APP.

Ce groupe appartient au conglomérat indonésien Sinar Mas. Et c'est là que le destin de l'usine de Saint-Gaudens et celui de ses 260 salariés, prend un virage à 180 degrés.

L'usine perd le précieux label FSC

Sinar Mas est dans le collimateur des organisations internationales de protection de l'environnement : WWF, Greenpeace qui accusent “le rouleau compresseur indonésien de continuer à déboiser des forêts à haute valeur de conservation en dépit de son engagement d'y mettre fin au 1er juillet”.

Elles ont vu dans le rachat des deux entreprises françaises – Tarascon et Saint-Gaudens - labellisées FSC et PEFC, une opération de greenwashing, le sésame vert pour pénétrer le marché européen. FSC a réagi manu militari en retirant à Fibre Excellence son label et son statut de membre de l'organisation.

D'entreprise propre et responsable, l'ex-Tembec est passée au statut d'indésirable, dans un jeu de dominos qui prend racine au fin fond de la forêt indonésienne. Questionné sur un retrait fait sans audit contradictoire, et qui peut mettre en péril une entreprise phare du département, FSC France se dit «totalement étranger à ce type d'évènement. Ces décisions sont prises par l'instance internationale, ce n'est pas un problème franco-français».

PEFC, second label dont dispose l'usine, a réagi tout à fait différemment. «Nous n'avons pas de position à prendre par rapport à ce rachat, estime un chargé de mission. Il n'y pas de raison que nous retirions notre label. Nous ne faisons pas d'amalgame entre les actions d'APP en Inde et l'usine de Saint-Gaudens. Il ne s'agit pas du rachat direct d'un label, peut-être d'un palliatif pour se donner du crédit. FSC veut surtout redorer son image au niveau international.»

Un Pdg en Chine, un président au Canada

Du côté de Fibre Excellence on ne s'émeut pas du retrait. «FSC a toujours validé nos pratiques d'exploitation. Labellisées ou pas, nos actions sont depuis 50 ans respectueuses de l'environnement. De plus, si APP avait voulu s'acheter une conduite, il aurait fait marche arrière sur le rachat en apprenant le retrait de FSC. Cela n'a pas été le cas.»

On rejette aussi l'accusation de greenwashing européen. «A partir d'aujourd'hui l'intégralité de notre production part en Asie, c'est là que réside le marché du papier aujourd'hui, pas en Europe».

Le secrétaire du Comité d'Entreprise CGT, Robert Jacques, porte un regard plus critique sur la situation, et s'inquiète de la pérennité de la filière.

«C'est vrai que le rachat est venu à propos, Tembec étant à bout de course. Mais nous n'avons eu aucun contact avec nos nouveaux actionnaires. Notre PDG, Zheng Rui est en Chine, notre Président Danilo Benvenuti est à Vancouver...... Ils ont un gros souci de communication et de stratégie à court terme, tout est devenu très aléatoire. Aujourd'hui on sent une pression sur la direction. Nous avons un peu délaissé le marché européen, mais depuis quelques mois il semble se stabiliser à 50% de nos ventes. Le rachat change totalement la donne : APP veut majoritairement du résineux, qui ne représentait jusque-là que 15% de notre production. Nous avons jusqu'à présent pu répondre à cette demande, de par l'effet tempête Xynthia, mais qu'en sera-t-il dans les prochains mois ?».

L'usine dispose de deux sources de financement : la cellulose et l'électricité qu'elle produit et revend à EDF.

Une diversification de l'activité était prévue, mais reste aujourd'hui en sommeil : la chimie verte.
 

Un article de Virginie Mailles Viard, publié par ToulEco

 
Afin d'en savoir plus sur l'huile de palme, cliquer ici : Dossier Terre-Sacrée

 

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Auteur : Virginie Mailles Viard

Source : www.touleco.fr