Corruption et pollution : Total n'en a pas fini avec la justice - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 05/04/2010 à 17h41 par Michel WALTER.


CORRUPTION ET POLLUTION : TOTAL N'EN A PAS FINI AVEC LA JUSTICE

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Corruption et pollution : Total n'en a pas fini avec la justice

Décidément, la justice française, s'agissant de Total, concocte de bien curieux jugements. En novembre, dans le procès de l'explosion de l'usine AZF -31 morts, 3 300 blessés et deux milliards d'euros de dégâts-, le tribunal correctionnel de Toulouse, avait, dans de très longs et fort documentés attendus, inventé le principe du « forcément responsable mais pas coupable ».

Après l'énoncé du jugement de relaxe la cour d'appel de Paris, s'agissant du procès en appel de l'Erika, initie le concept du « coupable mais pas forcément responsable ».

Nous n'entrerons pas dans les arcanes des principes juridiques mis en avant par ces magistrats pour motiver de telles décisions judiciaires -car le Droit a ce caractère qu'on peut le tordre dans tous les sens pour lui faire dire ce que l'on veut !

Mais l'exercice du bon sens montre que la puissance de Total, qui a toujours refusé, avec arrogance et désinvolture pour les victimes lors des audiences des procès de l'AZF et de l'Erika, de reconnaître à la fois sa responsabilité et sa culpabilité, a toujours pesé bien lourd dans les décisions prises par ces juges.

Christophe de Margerie mis en examen pour corruption

Ces deux jugements, dont celui d'AZF frappé d'appel par le parquet et les parties civiles, vont-ils conclure le parcours judiciaire de Total en France ?

Non, car deux autres affaires hautement emblématiques des pratiques du groupe en matière de gestion -car il s'agit de corruption- sont toujours à l'instruction :

* le scandale des fonds détournés au titre du pétrole contre nourriture
en Irak

* le scandale de l'Iran où des hauts dignitaires du régime des mollahs s'étaient vus gratifier de plusieurs millions de dollars pour obtenir des concessions d'exploitation de réserves gazières.

Christophe de Margerie, directeur général de Total, est mis en examen dans ces deux affaires. On peut aussi ajouter une autre procédure en Italie pour des faits similaires, ayant valu l'arrestation du directeur de la filiale italienne de Total.

Ainsi des procédures dont on ne sait pas encore si celles-ci finiront dans une salle d'audience, des procès spectacles conclus par des jugements alambiqués et contradictoires...

Mais bon, ne soyons pas trop exigeants. L'Etat de droit dans lequel nous vivons encore en France a permis la tenue de tels procès, que l'on doit aussi à l'obstination de la société civile outragée et des victimes.

Aucune procédure possible au Kazakhstan ou au Canada

Pourtant, les dégâts liés à la façon si particulière dont Total gère ses activités, dopé par les exigences du profit à moindre coût, ne concernent pas seulement notre pays mais bien d'autres qui n'ont aucune possibilité de recourir à la Justice.

Rappelons pour mémoire le prix payé par Total pour l'affrètement de l'Erika, navire réduit à une triste condition d'épave navigante que refusaient d'utiliser toutes les autres compagnies pétrolières, soit 4 600 euros pour transporter 250 000 tonnes de fioul lourd de Dunkerque à Libourne. Moins cher qu'un (gros) déménagement de Paris à Marseille.

Ces pays qui ne peuvent poursuivre Total -la liste est longue car ils sont 130 à pouvoir « apprécier » la présence du groupe sur leur sol- savent aussi ce que signifient les atteintes lourdes et souvent définitives à l'environnement ainsi qu'aux droits humains, ce qui est peut-être pire sur le plan de la morale.

Ainsi pouvons nous citer :

* le Kazakhstan et les gisements exploités en mer Caspienne dont on connaît les caractères très polluants du pétrole extrait avec des dangers potentiels d'épanchements massifs de gaz sulfurés, hautement toxiques pour les populations européennes

* le Nigéria et ses torchères du golfe du Niger ayant dévasté depuis près de cinquante ans l'environnement et les populations locales

* le Canada et ses sables bitumineux, stupide arrangement contre-nature pour y extraire un pétrole dangereux et peu rentableayant déjà suscité la destruction de 4000 km2 de forêt et de populations animales, ainsi que des pluies acides,

* la Birmanie bien sûr, pour son gaz qui finance les armes de la junte depuis une quinzaine d'années...

Ce sont des dizaines d'AZF et d'Erika en termes de dégâts et de victimes qui ne connaîtront jamais aucune procédure.

Demont-Pierot

Source : www.rue89.com

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