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Cette actualité a été publiée le 07/12/2009 à 17h09 par Tanka.


COPENHAGUE : UNE (TRÈS) BRÈVE HISTOIRE DU CLIMAT

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Copenhague : une (très) brève histoire du climat

Information recueillie par Tanka.

Aujourd'hui, s'ouvre à Copenhague la 15ème Conférence des Parties de la Convention climat de l'ONU. Elle va durer jusqu'au 18 décembre et verra passer près de 100 chefs d'Etats et de gouvernements. En toute logique, elle devait déboucher sur un accord prolongeant le Protocole de Kyoto, entré en vigueur de 2005. En réalité, elle ne devrait, au mieux, que produire un accord politique, ouvrant la voie à des négociations sur les modalités d'application de cet accord.

Cette perspective n'a rien d'étonnant, et reproduirait d'ailleurs le processus de Kyoto, car tout le monde semble avoir oublié que le Protcole signé à Kyoto en 1997 n'a pas eu de sens opérationnel avant la Conférence de Marrakech, la COP-7, en novembre 2001.
En guise d'apéritif, voici un bref rappel des origines scientifiques du dossier climatique.

Eté austral 1984. Au cul du monde (vu d'Europe), il fait vraiment froid. Claude Lorius, glaciologue grenoblois (photo ci-dessous), s'en tape. Il se trouve en Antarctique, à la station soviétique Vostok. Au dessus de sa tête, le ciel bleu, sec et éclairé 24h sur 24 par un Soleil qui ne se couche pas. Sous ses pieds, près de quatre kilomètres de glaces. A ses cotés, des foreurs russes. Et devant lui, la glace remontée de la calotte polaire, à 2, 5 kilomètres. Il jubile, et pourtant, il ne sait pas encore que de cette glace sortira un coup de tonnerre scientifique, qui va mobiliser la Terre entière.

Claude-lorius Après de longs mois d'études en labo, à Grenoble au LGGE où travaillent à côté de Claude Lorius, Jean Marc Barnola, Jerôme Chapellaz, ou Dominique Raynaud, et Saclay au LSCE, où officie Jean Jouzel, trois articles sont publiés dans la revue Nature qui révèlent, pour la première fois, les relations quantitatives entre les évolutions climatiques et celles de la teneur en gaz carbonique et en méthane depuis 150 000 ans. Couplée à une analyse, elle montrent que l'intensification de l'effet de serre entre une ère glaciaire et une ère chaude n'est pas seulement un effet du réchauffement mais également une cause de ce dernier. Jean Jouzel a l'habitude de parler du déclenchement de la bascule climatique par les relations Soleil/Terre (une insolation plus forte durant l'été boréal déclenche la déglaciation) et de l'amplification postérieure par un effet de serre modifié..

Une observation de labo et une intuition; une idée longtemps abandonnée; le début d'une inquiétude; le coup de tonnerre venu des glaces; la constitution d'un solide dossier scientifique. Telle est, lapidairement résumée, l'histoire de la science de l'effet de serre renforcé par l'homme.

L'observation de labo, c'est celle de Joseph Fourrier, et remonte à 1824. Il baptise alors «effet de serre» le phénomène physique qui permet à l'atmosphère de capter l'énergie des rayons infrarouges émis par la surface terrestre en direction de l'espace.

L'intuition géniale date, elle, de 1896. Le Suédois Svante Arrhénius, devant l'usage croissant du charbon dans l'industrie naissante, note qu'en injectant massivement du CO2 dans l'atmosphère l'homme va en intensifier l'effet de serre et donc devrait réchauffer la planète... ce qu'il trouve très bien. Il va jusqu'à calculer qu'un doublement de la teneur en CO2 de l'air devrait provoquer une augmentation de températures moyennes de 4 à 6°C.

Pourtant, cette idée allait rester sur les étagères des scientifiques pratiquement jusqu'en 1979. Année800px-Mauna_Loa_Carbon_Dioxide-fr.svg où l'Académie des sciences américaines se demande s'il n'y a pas là un problème potentiel, interrogation justifiée par l'explosion de l'usage du charbon, du pétrole et du gaz depuis 1950. Une explosion dont un observatoire perché en haut du volcan de Mauna Loa, à Hawaï, mesure avec précision depuis 1958 l'effet sur l'atmosphère. La teneur en CO2 de l'atmosphère y montre une croissance continue, année après année.

A l'époque, pourtant, aucun signal climatique n'est venu conforter cette inquiétude. C'est au cours des années 1980 que tout va se déclencher. D'abord en raison de l'aventure polaire franco-soviétique déjà relatée. Puis parce que Dame Nature commence à réagir à notre expérience involontaire de géo-ingéniérie climatique : à partir de 1980, les températures commencent à grimper. Il n'est alors pas possible de prouver la relation quantitative de cause à effet entre les deux, en raison de la variabilité naturelle du climat, du même ordre de grandeur et dont les mécanismes ne sont pas suffisamment compris. Mais les équipes scientifiques qui recueillent les mesures météo et les compilent sont si impressionnées qu'elles lancent l'alerte, à l'instar de James Hansen, au Goddard Institute for Space Studies (Nasa).

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