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Cette actualité a été publiée le 26/12/2009 à 14h32 par Tanka.


COPENHAGUE : POURQUOI UN TEL FIASCO ?

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Copenhague : pourquoi un tel fiasco ?

Information recueillie par Tanka

Les causes d'abord. Sans doute est-il de bon ton d'incriminer la présidence danoise qui n'a pas fait montre d'un talent excessif et le blocage évident du système onusien infiniment trop lourd. Mais l'essentiel n'est pas là.

En tout premier lieu, le chaos de Copenhague est à l'échelle du chaos du monde actuel. De même, le fait que les dirigeants du monde aient été capables de sauver le système bancaire et de débloquer des milliards de dollars (qu'ils n'avaient pas en poche pénalisant ainsi le futur) et qu'ils aient démontré leur incurie à sauver l'Humanité d'un désastre inévitable en cas d'échec, illustre l'échelle des valeurs dominantes en ce début de XXIéme siècle et l'illustration de la thèse de Jiared Diamond dans l'Effondrement qui analyse les raisons pour lesquelles, à un moment donné de l'Histoire, une civilisation fait le mauvais choix, celui qui l'emmène à sa perte... Sauf que dans le cas présent , il ne s'agit pas d'une civilisation en particulier, mais de l'Humanité dans son ensemble.

Comme l'a crié à la tribune le président Lula, décrivant la nuit plus qu'improbable qu'il venait de passer, il avait discuté avec des hommes d'affaires et non avec des responsables politiques. Les affaires et l'économisme ont eu raison du bon sens le plus élémentaire. Il faut admettre qu'ils ont été largement aidés par ceux qui ne voulaient pas, et dès le début, d'un accord et ce, pour des raisons diverses.

Commençons par les Etats pétroliers, Arabie saoudite en tête, qui, depuis l'origine luttent contre la convention sur les changements climatiques et travaillent de concert avec tous les intérêts pétroliers pour éviter de passer à une économie décarbonnée. Ils ne sont guère éloignés des climato-sceptiques qui ont délibérément saboté la convention en lui faisant perdre deux jours en débats inutiles qui ont cherché à jeter le discrédit sur les travaux du GIEC, discrédit dans lequel, heureusement aucun Etat hors l'Arabie saoudite n'a accordé le moindre intérêt.

Ces intérêts pétroliers restent malheureusement très puissants dans l'administration Obama , les Etats-Unis refusant dès l'origine tout accord contraignant tant en ce qui concerne les objectifs de réduction que les financements automatiques et proposant des réductions très faible au regard de l'effort européen.

Continuons avec la Chine qui a boycotté régulièrement toutes les réunions préparatoires depuis plusieurs mois et qui veut avant tout être libre de faire les efforts qu'elle entend et sans aucun contrôle international. Le degré de fermeture dont a fait preuve le premier Ministre chinois préjuge bien mal de la suite.

Tous ces éléments suffisaient amplement à faire échouer par avance la convention. Mais des facteurs supplémentaires se sont agrégés à savoir la faiblesse de l'Europe et la réaction de l'Afrique. Véritable nain politique, l'Europe a été inaudible.

Mais le plus important est sans doute encore ailleurs. L'absence de l'Europe politique est apparue dans toute sa cruauté au cours de ces derniers jours. Même s'il est incontestable que Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Gordon Brown et Luis Zapatero ont essayé de sauver les meubles, l'Europe n'a pas su parler d'une voie forte et défendre un leadership. La convention climat a fait les frais d'une nouvelle forme de guerre mondiale pour le partage des richesses du XXIéme siècle et le partage du pouvoir.

Le poids de la Chine qui a fait bloc avec les 77 et plus précisément l'Afrique dont elle semble vouloir faire, dans une nouvelle forme de colonialisme, une sorte de chasse gardée, a poussé en avant un certain nombre de pays qui sont aujourd'hui les premières victimes du fiasco qui vient de se produire. Une nouvelle coalition se dessine dans laquelle l'Europe est étrangement absente.

Tout se joue désormais ailleurs et les constructions tentées au cours des mois passés par le Président Sarkozy et Jean-Louis Borloo ont péri dans le naufrage. Car en réalité, l'Europe et les Etats-Unis payent le prix fort, et surtout l'Europe des promesses non tenues de milliards promis et jamais alloués, de bonnes paroles non concrétisées par des actes, d'une hypocrisie patente. Les Africains ont décidé de dire non et d'exiger un Kyoto 2, une manière de prendre les pays occidentaux au pied de la lettre. Et l'Europe n'a pas su ou voulu relever le gant alors même que le paquet climat énergie permettait parfaitement d'accepter une deuxième période pour Kyoto.

Corinne LEPAGE - Actu-Environnement


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