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Cette actualité a été publiée le 18/12/2009 à 16h07 par Tanka.


COPENHAGUE : OBAMA VA TOUT NU AU SOMMET SUR LE CLIMAT

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Copenhague : Obama va tout nu au sommet sur le climat

Information recueillie par Tanka

Le président américain ne pourra s'engager sans accord préalable du Congrès, qui se préoccupe plus d'assurance médicale.

Le Président part au sommet de Copenhague : bah ! quelle importance ? Aux Etats-Unis, l'accord final semble ne préoccuper personne. Le Président a prévenu : il ne peut pas prendre d'engagement international sans savoir ce que le Congrès est prêt à accepter. Or le Congrès a d'autres chats à fouetter : il est toujours plongé dans le psychodrame de l'assurance médicale.

Deux jours avant qu'Obama ne s'envole pour le Danemark, le pays ne s'intéresse guère aux discussions de l'ONU. Non que tout le monde s'en fiche, mais cette histoire de changement climatique est évidemment moins importante pour les gens que le coût stupéfiant de leur santé.

Pourtant, les Américains savent que la prochaine bataille législative d'importance portera sur l'énergie et les enjeux climatiques. Obama en avait fait un élément-clé de sa campagne électorale, et la Chambre des représentants a rapidement voté en juin une loi fixant des objectifs de réduction d'émission, ainsi que des mécanismes pour y parvenir. Maintenant, c'est au tour du Sénat de s'attaquer au sujet.

La crise économique est dévastatrice aux Etats-Unis

Mais ça traîne, parce que le sujet est économiquement épineux. Quel élu, tant démocrate que républicain, veut prendre le risque d'être accusé par ses électeurs, en temps de récession, d'acculer les entreprises à licencier en leur imposant des coûts supplémentaires ? (Des détails sur le projet ici)

Je ne dirai jamais assez à quel point les Américains, depuis un an et demi, souffrent de la crise. Chômage, bien sûr, et tout ce qui va avec : perte de couverture médicale, mise en faillite personnelle, expulsion des logis, abandon des voitures dont l'assurance n'est plus payée, vie dans la rue, enfants dans la misère...

Alors Copenhague, hein... Même les farouches militants environnementalistes prennent des gants pour dénoncer les travers de leurs compatriotes, grands gaspilleurs et dévoreurs d'énergie devant l'Eternel. Ils savent que c'est une question d'éducation, de prise de conscience et que les choses s'améliorent lentement, mais sûrement. (Merci à Al Gore pour sa contribution à l'éveil des consciences américaines.)

Certes, les climato-sceptiques, longtemps confortés par l'ancien président Bush, s'évertuent à dire que l'Amérique n'a pas à sacrifier sa prospérité - ou ce qu'il en reste - à une chimère pseudo-scientifique.

Résoudre les problèmes de manière patriotique

Mais, pour appréhender correctement l'attitude d'Obama à Copenhague, pour comprendre la méfiance populaire, il est important de se placer dans la perspective américaine. (Je me permets de reproduire ici ce que j'ai récemment écrit dans Politis) :

« Le problème réside moins dans la reconnaissance populaire et politique du phénomène climatique que dans les moyens d'y remédier en tant qu'Américain. Cette dimension patriotique est très importante aux Etats-Unis, consubstantielle à tout débat national doté d'un enjeu international.

Impossible, dans ce contexte de crise économique, de taper sur les méchantes entreprises pollueuses sans que leurs ouvriers (américains) ne se sentent un minimum solidaires de leurs patrons. Impossible de condamner complètement l'extraction et l'usage du charbon quand tant de familles (américaines) dépendent de cette industrie pour vivre.

Impossible de refuser, au nom de la seule préservation de la nature, les autorisations de forer pour extraire du gaz et du pétrole (américains) sans se faire accuser de maintenir la dépendance énergétique envers les pays arabes (qui financent Al-Qaeda) ou le Venezuela.

Difficile de s'opposer à la relance du nucléaire pour les mêmes raisons... surtout quand les Français, qui tirent 80% de leur électricité de l'atome, se posent en chevaliers blancs de l'énergie face aux USA. »

Pas d'accord mondial qui tienne sans la participation américaine

Revenons aux enjeux de Copenhague. La semaine dernière, le New York Times écrivait :

« Sans (la collaboration du) Sénat américain, l'intégralité du projet international est en danger : si les Etats-Unis - émetteurs de 20% de tous les gaz à effet de serre de la planète - n'en sont pas partie prenante, aucun accord mondial ne peut fonctionner, ni remédier à quoi que ce soit. »

A Copenhague, Obama et les négociateurs américains jouent donc les équilibristes. Un accord mondial un peu costaud dont les Etats-Unis seraient encore une fois absents pourrait faire vaguement honte au Sénat.

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