Copenhague : Les émissions de GES devront chuter radicalement après 2020 - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 17/12/2009 à 10h31 par Tanka.


COPENHAGUE : LES ÉMISSIONS DE GES DEVRONT CHUTER RADICALEMENT APRÈS 2020

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Copenhague : Les émissions de GES devront chuter radicalement après 2020

Information recueillie par Tanka.

Copenhague — Il faut que les émissions de gaz à effet de serre (GES) atteignent leur point culminant au plus tard entre 2015 et 2020, et par la suite chutent radicalement près de zéro d'ici la fin du siècle si l'humanité veut de façon réaliste empêcher une perte de contrôle de la hausse du climat.

Concrètement, cela veut dire que les émissions de GES par humain devront représenter moins d'une tonne d'ici 2050, soit une réduction de 80 à 95 % par rapport à leur niveau de l'an 2000.

Telle est la conclusion centrale d'une équipe de 26 chercheurs du Centre de recherches sur le climat de l'University of New South Whales, en Australie, qui se sont donné pour défi de faire un bilan de toutes les nouvelles études sur le climat réalisées depuis le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC). Le quatrième rapport quinquennal de cet organisme onusien a été déposé en 2007.

Le rapport du centre de recherche australien, intitulé The Copenhagen Diagnosis, note que, selon les dernières mesures, les émissions globales de GES dépassaient de 40 % celles de 1990. Même si les humains stabilisaient leurs émissions à ce niveau à partir de maintenant, ils n'auraient qu'une chance sur quatre, selon ce bilan, de freiner et de stabiliser la hausse de la température moyenne du globe dans les 20 prochaines années, et cela, en postulant que les émissions seraient ramenées à zéro après 2030. Chaque année qui passe, écrivent-ils dans leur rapport, augmente le risque de dépasser les 2°C que le GIEC recommande de ne pas dépasser.

Depuis 25 ans, la température moyenne de la planète a augmenté de 0,19 °C par décade, ce qui rejoint les prévisions du GIEC. Mais même avec un déclin notable de l'activité solaire depuis dix ans, la dernière décennie s'est avérée la plus chaude depuis 150 ans, chacune des trois dernières ayant dépassé les précédentes en sévérité. Malgré les variations normales dans les températures, la tendance à la hausse ne se dément pas, indiquent les 26 chercheurs.

Le plus grand danger que court la planète, ajoute le rapport, est celui de franchir un seuil irréversible qu'on ne connaît pas et qui rendrait la hausse du climat incontrôlable. L'accélération de plusieurs grands phénomènes climatiques indique en effet que le problème s'aggrave au-delà des prévisions antérieures. Par exemple, la calotte polaire fond à un rythme qui dépasse de 40 % les dernières prévisions du GIEC. Plus critique encore, l'augmentation du niveau des mers atteint maintenant 3,4 mm par année depuis 15 ans, ce que confirment plusieurs relevés satellites différents. Ces mesures empiriques dépassent de 80 % les prévisions du GIEC et cela va de pair avec la multiplication par deux de la fonte des glaciers, des calottes polaires et des couverts de glaces du Groenland et du continent Antarctique.

D'ici un siècle, ajoute le rapport, le niveau des mers et des océans devrait doubler par rapport aux prévisions des spécialistes qui l'ont mesuré et modélisé pour le GIEC, ce qui implique que l'augmentation devrait atteindre un mètre, soit le pire scénario du rapport onusien de 2007. La nouvelle limite supérieure de la fourchette prévisionnelle se situerait désormais à deux mètres plutôt qu'à un mètre. Et l'augmentation du niveau des mers devrait se poursuivre encore pendant des siècles en ajoutant encore plusieurs mètres, même après une stabilisation de la température moyenne du globe.

Selon le groupe de chercheurs, la fourchette d'augmentation du GIEC pourrait devoir être allongée à la hausse. À leur avis, il n'est plus exclu que la température moyenne de la planète accuse une hausse pouvant atteindre 7 °C, soit un degré de plus que les précisions du GIEC.

Plusieurs seuils critiques risquent dans ce scénario d'être dépassés, ce qui changera sur terre bien des choses de façon irréversible. Par exemple, précise le rapport, la fonte des glaces de l'Antarctique, la forêt pluviale d'Amazone, la mousson sud-africaine pourraient devenir choses du passé.

En entrevue au Devoir, le professeur Stephen Henry Schneider, de l'Université Stanford, en Angleterre, a estimé qu'il n'existe aucune solution miracle, comme la séquestration du carbone. Il faut plutôt un «cocktail de solutions» le plus large possible pour que les échecs dans un domaine ne freinent pas la stratégie de réductions globales. Un espoir important réside dans le fait que d'ici 20 ans nous aurons sans doute mis au point de nouvelles technologies, mais on ne peut ni miser exclusivement là-dessus, ni penser que la technologie fournira toutes les réponses, surtout pas pour remplacer les réductions directes de consommation de combustibles fossiles.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire