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Cette actualité a été publiée le 28/12/2009 à 14h46 par Tanka.


COPENHAGUE : LE SYNDROME DE LA TABLE RASE

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Copenhague : le syndrome de la table rase

Information recueillie par Tanka

La dette écologique du Nord envers le Sud s'est avérée ineffaçable à Copenhague. Là où on attendait la mise en question d'un système qui met en péril l'habitabilité du monde, la COP 15 a été un sommet de ressentiment qui inaugure une ère de compétition sans fard et sans entraves entre les grands prédateurs planétaires.

Faut-il se féliciter de la fin du protocole de Kyoto, comme le fait le directeur de l'Institut Goddard d'études spatiales de la NASA, James Hansen, qui ne s'est pas déplacé à Copenhague parce qu'il n'en attendait rien ? Pour ce climatologue américain, « avant le protocole de Kyoto, les émissions globales de dioxyde de carbone augmentaient de 1,5% par an. Après cet accord, elles sont passées à 3% par an. Cette approche n'a pas fonctionné. En fait, je suis assez content de ce qui s'est passé à Copenhague, parce que nous nous retrouvons face à une page blanche.

La Chine et les Etats-Unis se parlent, ce qui est absolument essentiel. Ces pays sont les deux gros acteurs du problème, c'est à eux de se mettre d'accord. » Et cet accord devrait, selon lui, porter sur le prix des énergies fossiles, qui, tant qu'elles restent les énergies les moins chères de toutes, seront consommées sans limites. Le fait que Copenhague n'ait pas touché aux énergies fossiles revient à donner la victoire à l'OPEP et aux compagnies pétrolières. L'or noir et le charbon vont demeurer des valeurs sûres pour les spéculateurs, et les carburants majeurs d'une croissance devenue gage de survie politique au Nord, face à la récession qui s'installe, et, ailleurs, moteur d'un développement légitime, mais tragiquement mimétique.

Avec ses marchés carbone truffés de compensations (offsets) et d'échappatoires légalisés, le protocole de Kyoto, trois ans avant son échéance de 2012, affiche un bilan mitigé : les émissions mondiales auront augmenté d'un tiers depuis 1990. Ses mécanismes de flexibilité auront permis aux pays industrialisés d'effectuer des réductions arithmétiques de leurs émissions grâce à des investissements à bon marché dans les pays émergents en échange de crédits carbone. Quelle image peut avoir la Chine d'un pays comme le Danemark, hôte de la COP 15 ? Ce petit royaume septentrional, aussi peuplé qu'un quartier de Shanghai, se classe parmi les quinze premiers consommateurs mondiaux de charbon per capita, charbon importé de Pologne et d'Afrique du Sud. Longtemps, les Danois ont consommé plus de charbon par habitant que les Chinois.

En 2008, les émissions de gaz à effet de serre du pays n'ont diminué que de 7,2% par rapport à 1990, alors que l'objectif assigné par Kyoto au Danemark était de – 21%. Du coup, le gouvernement danois a souscrit à des investissements de compensation via le mécanisme de développement propre, notamment dans des technologies de capture du gaz à effet de serre HFC 23 dégagé par deux usines en Chine, productrices de gaz HFC 22, par ailleurs interdit par le protocole de Montréal sur la couche d'ozone. Ces offsets un peu sales devraient permettre au Danemark de compenser par des crédits carbone les deux tiers de ses excédents d'émissions. Plus que la planète, c'est la Chine qui en tirera directement un bénéfice financier et le Danemark continuera à exporter de l'électricité à base de charbon. Ce manque d'exemplarité n'a sans doute pas rendu plus légitime aux yeux du monde M. Lars Lokke Rasmussen, premier ministre du Danemark, que Mme Connie Hedegaard, qui présida les dix premiers jours de la COP 15 avant son limogeage sans préavis. Inaudibles, l'un après l'autre ont été écartés de la conduite de la négociation, qui ne pouvait être légitimement menée que par un pays ayant honoré ses engagements de Kyoto.

Vue depuis le Sud et les pays dits émergents, la compensation de la dette écologique du Nord est un préalable à tout dialogue. La Chine en maîtrise parfaitement le vocabulaire. Dans une note diffusée à la COP 15, l'Institut de recherche de Pékin sur l'énergie, l'environnement et l'économie, souligne qu'il ne suffit pas de poser le principe d'une convergence per capita des émissions. Seul le principe d'une convergence des émissions cumulées per capita serait de nature à prendre en considération la responsabilité des pollueurs historiques que sont les Occidentaux.

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