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Cette actualité a été publiée le 18/12/2009 à 08h01 par Tanka.


"COPENHAGUE INAUGURE UNE NOUVELLE ÈRE"

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"Copenhague inaugure une nouvelle ère"

Information recueillie par Tanka

Jean-Marc Jancovici, ingénieur spécialiste du climat, a dialogué avec les metronautes sur l'après-Copenhague.

Bonjour à tous !

Zaza : Qui êtes-vous ? Quelles sont vos activités ?

Je suis ingénieur, associé de la société de conseil Carbone 4 (créée il y a 2 ans), membre du comité stratégique de la Fondation Nicolas Hulot, professeur à Mines ParisTech, et auteur de livres quand j'ai le temps !

Zaza : Etes-vous à Copenhague ? Quel est votre rôle ? Votre position ?

Je suis ici ce que l'on appelle un "observateur". La "conférence des parties" est une grande réunion de tous les pays du monde qui viennent négocier ce qu'ils ont l'intention de faire dans le cadre de la convention climat, qui dit en gros qu'il faut empêcher un changement climatique dangereux d'arriver plus tard. Viennent négocier 13000 délégués de différents pays. Pour relayer ce qui se passe, il y a 5000 journalistes. Et puis il y a 23000 observateurs, membres d'associations diverses en général (de défense de l'environnement mais aussi de représentation des entreprises, des jeunes, des femmes, des minorités, etc). Je suis dans cette dernière catégorie

Fouzy : Quels étaient selon vous les objectifs de départ ? Les avez-vous revus à la baisse depuis ?

Au départ, il s'agit de se mettre d'accord sur la manière de parvenir à remplir l'objectif de la convention climat, qui dit qu'il faut "arrêter la croissance des gaz à effet de serre dans l'atmosphère avant que cela ne devienne dangereux pour les hommes".

En pratique les négociateurs ont fini par dire que cela signifiait ne pas avoir plus de 450 millionièmes de CO2 dans l'air (nous sommes à 390 en gros). Personne n'a revu cela à la baisse, mais la discussion porte sur la répartition de l'effort.... qui est difficile à négocier à 190 !
Par ailleurs, comme les chefs d'Etat vont venir à Copenhague, ils sont désormais forcés de ne pas ressortir « tous nus ». Il y a donc une configuration très particulière, inédite même, car ils sont condamnés à ne pas revenir les mains vides devant les opinions publiques tout en n'étant pas d'accord entre eux. C'est un exercice inédit...

Prof : Au moment où les chefs d'Etat vont arriver pour finaliser la Conférence, où en est-on des négociations ?

C'est quasi-impossible à définir en une phrase (et même en plusieurs !). C'est d'autant plus difficile que comme les chefs d'Etat vont venir, comme je le disais plus haut, je suis sûr qu'une partie des négociations est déjà sortie de la conférence, et se passe désormais via des coups de fils entre JinTao, Obama, Sarkozy et Merkel, Zelaoui (le chef d'Etat éthiopien qui représente l'Afrique), etc... et ça on ne le sait pas !

Jerk : Ce matin, on entend un peu partout qu'on se dirige vers un échec !

Nous sommes entrés dans une phase de "brouillard". Il y aura des tas de revirement jusqu'à la "délivrance" finale, parce que les chefs d'Etat ne repartiront pas "à poil"

Le simple fait que pour la première fois dans l'histoire des négociations (et même dans l'histoire tout court) on va avoir 130 chefs d'Etat pour discuter d'un objectif environnemental fait que parler d'échec complet n'a déjà plus de sens. Copenhague inaugure une nouvelle ère dans les négociations climat. Cette ère ne se terminera pas ici.

Romain : Que s'est-il passé hier pour que tout le monde soit aussi pessimiste ce matin?

Il s'est passé le psychodrame que beaucoup prévoyaient ici dans le déroulement normal des négociations : comme à 192 ça grippe, tout le monde fait de la surenchère. Mais personne ne sait ce qui se prépare directement entre les cabinets des présidents des principaux pays qui donnent le « la » ici, et puis surtout il faut comprendre qu'à peu près aucun pays n'accepterait de porter le chapeau en cas d'échec.

C'est un jeu où le premier qui claque la porte a perdu, et personne n'est prêt à prendre ce risque. Encore une fois, c'est une configuration très particulière pour des négociations.

D'habitude, pendant les négociations il y a toujours un des deux négociateurs qui pense qu'il a le temps pour lui (cas typique dans un conflit employé-patron, par exemple, ou encore dans un conflit fort-faible entre pays). Mais ici tout le monde se sent pressé par le temps, sans "rab", sans possibilité d'être celui qui va assumer l'échec, et pourtant pas d'accord avec ses voisins. C'est inédit et c'est pour ça que je me refuse à faire le moindre pronostic.

À mon avis, jusqu'à la dernière heure du dernier jour, la partie de poker va continuer. On ne saura pas qui peut abattre quelles cartes, et je pense que la dramatisation va aller crescendo jusqu'à la fin.

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