Copenhague en coulisse : les Etats insulaires se fâchent - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 15/12/2009 à 07h54 par Tanka.


COPENHAGUE EN COULISSE : LES ETATS INSULAIRES SE FÂCHENT

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Copenhague en coulisse : les Etats insulaires se fâchent

Information recueillie par Tanka.

Au milieu des manifestations en tout genre qui agitent la capitale danoise, les négociations se font plus âpres. Les Etats africains accusent les pays riches de vouloir « tuer le protocole de Kyoto » et les Etats insulaires se regroupent pour faire entendre leur voix et exiger des efforts plus importants contre le réchauffement.

Après le cri d'alerte lancé par l'archipel de Tuvalu et la publication du brouillon du G77 en réponse aux pays développés, c'est au tour des petits Etats insulaires, regroupés dans l'Aosis (Alliance of Small Island States), de durcir leur discours à Copenhague. Limiter l'augmentation de la température de la Terre à 2°C n'est pas acceptable pour cette coalition dont les pays membres souffrent déjà des effets du réchauffement climatique. L'Aosis a annoncé officiellement jeudi 10 décembre, ce qu'elle répète finalement depuis plusieurs mois : elle se battra jusqu'au bout pour imposer le seuil de 1,5°C.

Selon Dessima Williams, ambassadrice de Grenade et présidente de l'AOSIS, plus de la moitié des délégations présentes à Copenhague souhaitent limiter le réchauffement terrestre à 1,5°C. Pourtant, le chiffre officiellement proposé par les spécialistes du climat est de 2°C.

Le CO2 plutôt que la température

Plutôt que de négocier une limite de la température, les Etats les plus vulnérables préfèrent prendre pour référence une autre donnée avancée par les scientifiques : la teneur de CO2 dans l'atmosphère. Celle-ci est actuellement de 387 parties par million (ppm) alors que les spécialistes du climat estiment qu'elle ne doit pas dépasser les 350 ppm. Il n'existe à l'heure actuelle aucun moyen technologique permettant de réduire cette concentration de CO2.

« Nous sommes clairs... Il n'est pas possible d'accepter l'augmentation de température de plus de 1,5°C. En fait, nous devrions être bien en dessous de 1,5°C. Nous ne devrions pas soutenir, ni approuver, ni accepter plus de 350 parties par million de carbone dans l'atmosphère. Et nous sommes déjà à 387 ppm. »

« Nous sommes en train de négocier nos vies. Certains d'entre nous font actuellement face à des migrations de populations. Ce ne sont pas seulement des populations qui partent vers un nouveau pays ! Leurs cultures sont en train de disparaître ! La biodiversité est en train de disparaître ! Les gens ne comprennent pas pourquoi ces petits pays hurlent comme cela ! Nous hurlons parce que nous n'avons pas d'autres choix. Nous le devons pour notre survie. »

« Nous sommes clairs : la recherche est notre guide. Quand nous avons quitté Bonn, en août dernier, les pays les moins développés et l'Aosis ont formé une coalition et ensuite nous avions à ce moment-là 86 pays qui ont choisi cette cible, cette ambitieuse cible de négociation de moins de 1,5°C de changement moyen de température. Aujourd'hui, 7 mois plus tard à Copenhague, nous avons rallié plus de 100 pays, tout dépend la manière dont vous comptez. »

La proposition de texte préparée par l'Aosis

Cette coalition de 43 pays ne dispose pas de toute l'influence politique et économique nécessaire pour faire plier les nations les plus riches. Mais parce que ces Etats souffrent déjà des effets du réchauffement climatique, leur expertise commence à être reconnue. Les petits Etats insulaires servent en quelque sorte de cobayes du climat. Une centaine d'Etats se sont ralliés à leur proposition.

A la sortie de la conférence de presse, qui a permis de réaffirmer leur position, Dessima Williams a déclaré que l'Aosis était sur le point de présenter une proposition de brouillon aux 192 délégations. Il a été transmis officiellement vendredi 11 décembre.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire