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Cette actualité a été publiée le 14/12/2009 à 18h51 par Tanka.


COPENHAGUE : CONTRÔLE DES NAISSANCES POUR SAUVER LA PLANÈTE

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COPENHAGUE : contrôle des naissances pour sauver la planète

Information recueillie par Tanka.

A l'heure où s'ouvre le sommet de Copenhague, la question du contrôle des naissances se pose tout naturellement, alors que la population mondiale devrait atteindre les 9,2 milliards d'habitants à l'horizon 2050 (contre 6,8 actuellement).

Si le lobby industriel et le manque d'ambition de nos dirigeants ne permet d'envisager sérieusement qu'un compromis en vue d'un contrôle strict des naissances n'émerge à Copenhague, sa mise en application à plus petites échelles est en revanche plus envisageable. Relayée en France par le député écologiste Yves Cochet, la théorie de la décroissance démographique réveille le malthusianisme. Je propose qu'une famille continue de percevoir des aides pour les deux premiers enfants, mais que ces aides diminuent sensiblement à partir du troisième avait assuré le député de Paris début avril, arguant que le coût écologique de chaque enfant occidental, de sa naissance à ses 80 ans serait comparable à 620 trajets Paris-New York.

Autre donnée avancée outre-atlantique, l'empreinte écologique d'un américain, qui est évalué à plus de 1500 tonnes de CO2.

Depuis plusieurs années, le doute quand à la capacité de la planète à accueillir plus de 9 milliards d'êtres humains est posé.

Comment faire face à la demande croissante des pays en développement, qui eux aussi aspireront à posséder une voiture, consommer de la viande, emprunter l'avion pour visiter les quatre coins du monde ? La consommation d'énergies fossiles polluantes va croître de manière vertigineuse : +41% pour le pétrole, +68% pour le gaz et +103% pour le charbon en 2030 selon l'Agence Internationale de l'Energie.

La croissance économique des pays en développement et l'élévation du niveau de vie qu'elle engendra est d'autant plus inquiétante que si la planète entière calquait son mode de vie sur celui de l'Occident, 4 planètes seraient nécessaires ! Un think-thank américain avait calculé, en prenant compte de l'émission de CO2 de chaque pays que la population idéale serait de 3,6 milliards d'êtres humains.

Population.jpgLe réchauffement climatique conjugué à une croissance démographique soutenue pourrait avoir des effets catastrophiques, en Afrique notamment : sa population pourrait doubler en 2050 (1 milliard en 2009, 1,9 milliards dans 40 ans) tandis qu'une hausse de la température de 2 degrès provoquerait une baisse de la productivité agricole dans les régions sèches et tropicales entraînant un risque accru de famine selon le Financial Times.

Pour le conseiller de Gordon Brown John Beddington, nous devons nous attendrons à de graves déstabilisations des sociétés, à une augmentation des émeutes et à de sérieux problèmes migratoires lorsque les populations se déplaceront pour fuir les pénuries de nourriture et d'eau.

En Afrique, le continent où la croissance démographique sera la plus soutenue ces 40 prochaines années (+97% contre +31% pour l'Amérique Latine, deuxième du classement) la mise en place d'une politique de contrôle des naissances sera d'autant plus néfaste rappelle Yvo de Boer, le secrétaire éxécutif de la convention-cadre de l'ONU sur le changement climatique que pour beaucoup d'africains, un enfant, c'est une retraite.

A l'inverse, l'OCDE ne nourrit pas le même pessimisme. Dans un rapport, l'Organisation de coopération et de développement économique estimait que la population ne pose pas un problème en soi. Les pressions exercées sur les ressources naturelles et l'environnement ne proviennent pas du nombre d'habitants mais de leurs habitudes de consommation. D'autres n'éprouvent également pas la même crainte face à la menace d'une explosion démographique. Ils n'oublient pas que tous ceux qui, à un moment donné de l'histoire, ont émis des doutes sur la capacité de la Terre à subvenir à nos besoins se sont fourvoyés.

A la fin du XVIIIème siècle, Robert Malthus appelait déjà à contrôler les naissances, arguant que la croissance démographique suivait une courbe géométrique (1,2,4,8,16) tandis que nos ressources évoluaient de manière arithmétique (2,4,6,8,10), et que de fait, l'écart entre la population et les ressources serait trop important pour subvenir aux besoins de tous.

C'était sans compter la révolution industrielle et la baisse de la natalité qui a suivi la baisse de la mortalité observée lorsque Malthus publia son Essai sur le principe de population. Quand à Paul Ehrlich, le théoricien de la Bombe P, ses prédictions de famines apocalyptiques au courant des années 70 et 80 ont été démenties par la chute brutale de la natalité en Afrique du Nord, en Afrique Australe et en Asie de l'Est.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire