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Cette actualité a été publiée le 03/12/2011 à 22h51 par Tanka.


CONFÉRENCE DE DURBAN : LE CLIMAT ENTRE CRAINTE ET ESPOIR

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Conférence de Durban : le climat entre crainte et espoir

 
Une augmentation de 3 à 6°C d'ici à la fin du siècle : c'est l'augmentation mondiale de la température que nous promettent maintenant des experts du climat. Face à cette menace grandissante, Gaël Derive, scientifique et climatologue , nous explique à quel point les enjeux de la 17e conférence annuelle sur le climat de Durban en Afrique du Sud sont devenus cruciaux.

Près de 12 000 personnes, experts du climat et de l'énergie, ministres de l'Environnement, ONG et autres délégués de 190 pays, sont actuellement réunies à la Conférence de Durban en Afrique du Sud. Tous ont jusqu'au 9 décembre prochain pour trouver un accord visant à contenir le réchauffement climatique sous le seuil de 2°C. Un objectif qui semble très compromis au vu des derniers chiffres concernant les émissions de gaz à effet de serre, qui ont augmenté de 6% en 2010, atteignant des niveaux records.

Pour Gaël Derive*, spécialiste des problèmes globaux humains et écologiques, la Conférence de Durban n'est qu'une étape sur ce chemin : « Les enjeux de la Conférence de Durban sont aujourd'hui multiples. Il faut tout d'abord, à court terme, continuer dans une seconde phase du Protocole de Kyoto, pour ne pas décrocher du processus politique. Ensuite, il est nécessaire de préparer le moyen terme à travers un accord mondial légalement contraignant, au plus tard en 2015. Cet accord contraignant impliquant tous les pays est le véritable cap. »

La seconde phase de Kyoto est mal partie

A ce jour pourtant, très peu pays ont réussi à tenir leurs engagements, ou même à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre depuis 1990, alors qu'il s'agissait l'objectif de la première phase du Protocole de Kyoto, signé en décembre 1997 et ratifié depuis par 184 pays. Pis, plusieurs pays développés dont le Japon, le Canada et la Russie refusent fermement de s'engager dans une seconde période du protocole, considérant aujourd'hui être de faibles émetteurs au regard des émissions mondiales.

Il est pourtant urgent de réagir, car « plus le niveau des émissions augmentera, plus le temps s'écoulera, plus il sera difficile de tendre vers une trajectoire qui réponde à la nécessité scientifique de limiter le réchauffement à 2°C », alerte Gaël Derive.

L'Amérique de Barack Obama a aussi déçu. Non signataire du protocole de Kyoto, refroidie par la crise économique elle prône une politique plus volontariste que contraignante. Sa position laisse donc placer une menace lourde sur les négociations, au risque de les bloquer. Gaël Derive craint même qu' « avec les élections, l'adoption d'une loi climat-énergie soit rendue impossible avant probablement 2014. Or, sans l'engagement des Etats-Unis et des pays développés, les négociations globales resteront au point mort. »

De leur côté en effet, les pays émergents rechignent à accepter un accord international. Ils estiment que c'est d'abord aux pays développés, responsables selon eux du changement climatique, de montrer la voie. Et cela même si plusieurs d'entre eux, comme la Chine ou l'Inde, ont déjà mis en place des mesures au sein de leur gouvernement visant à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre.
 

 
Le gouvernement chinois a notamment fixé comme objectif que sa croissance économique soit supérieure à l'augmentation de sa consommation d'énergie.

L'Union européenne, elle, peut jouer un rôle crucial en tant que médiatrice entre les pays développés et les pays émergents. Certes, à l'image du sommet du Copenhague, l'Europe semble isolée mais, pour Gaël Derive, en « étant proche de respecter ses engagements, l'Europe peut donner le cap, servir d'exemple sur le front de la lutte contre le dérèglement climatique, et proposer un changement de modèle de développement de nos sociétés : économiser l'énergie, se positionner sur des équipements performants et développer les énergies renouvelables. »

Un fond vert de 100 milliards de dollars

L'autre aspect crucial de Durban concerne les moyens financiers pour développer des énergies nouvelles. La conférence de Cancun l'an dernier avait vu la naissance d'un« fond vert ». Destiné aux pays émergents afin de les aider à se développer en créant le moins d'émissions de gaz à effet de serre, ce fond vise 100 milliards de dollars par an d'ici 2020.

Mais la crise financière actuelle risque de compromettre son avenir, de nombreux pays, à commencer par les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite, ne veulent pas s'engager tant qu'il n'existera pas de certification encadrée visant les projets financés par ce « fond vert. » Il sera fixé en fait sur son avenir l'an prochain lors de discussions en marge du G20.

Après l'échec du sommet de Copenhague, tous les regards se tournent donc vers Durban. D'autant plus que le temps presse, comme le confirme Gaël Derive : « Le dérèglement climatique n'est pas seulement une question environnementale, de conservation, ou non, de l'ours polaire ou de modification du Gulf Stream. Il entraîne une réelle modification, en profondeur, de notre mode de vie.

Cela impose une nouvelle contrainte sur l'économie, le social, l'agriculture, l'alimentation. Sur le terrain, on constate que les changements climatiques sont plus forts et plus rapides que ce que l'on imaginait. Notre civilisation est aussi bien plus fragile que ce que l'on pensait. »
 

* Gaël Derive est aussi l'auteur du film « Une planète. Une civilisation », sorti en 2011, en partenariat avec l'Organisation météorologique mondiale et Oxfam.
 


 

Un article de Cyril Cournoyer, publié par Paris Match
 

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Auteur : Cyril Cournoyer

Source : www.parismatch.com