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Cette actualité a été publiée le 26/11/2011 à 09h35 par Tanka.


CONFÉRENCE À HAUT RISQUE SUR LE CLIMAT À DURBAN

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Conférence à haut risque sur le climat à Durban

 
Maintenir en vie le protocole de Kyoto en échange d'une promesse d'accord mondial d'ici à 2020 : ça passe ou ça casse.

Les négociations climatiques qui débutent lundi à Durban (Afrique du Sud) jusqu'au 9 décembre ont quelque chose de la méthode Coué: les ambitions affichées sont à la hauteur de l'échec redouté. Avec la crise financière en toile de fond.

Un grand nombre de pays participants, dont les Européens, veulent croire à la possibilité de mettre sur les rails un accord qui à terme (entre 2015 et 2020), contraindrait l'ensemble des pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre afin de lutter contre le réchauffement climatique. En échange les autorités de Bruxelles se disent prêtes à prolonger le protocole de Kyoto qui arrive à échéance fin 2012. Mais les plus pessimistes imaginent aussi que la conférence puisse capoter.

«L'abandon pur et simple du protocole de Kyoto qui est à ce jour le seul accord juridiquement contraignant ferait basculer les négociations du côté du pire », souligne Emmanuel Guérin, responsable du programme climat à l'Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales).

Les négociateurs devraient alors se contenter de quelques avancées techniques. Importantes comme la structuration du fonds destiné à aider les pays les plus pauvres à lutter contre le réchauffement climatique, mais non décisives.

Les représentants des quelque 190 pays membres de l'ONU qui se réunissent comme tous les ans depuis 1992 semblent toujours traîner comme un boulet l'échec du sommet de Copenhague de 2009. Alors que tous avaient envisagé aboutir à un accord ambitieux en présence des chefs d'État du monde entier, le sommet s'était achevé dans une grande confusion et un maigre engagement de quelques pays à tout mettre en oeuvre pour éviter que l'augmentation de la température mondiale ne dépasse pas 2°C.

La réunion de l'an dernier qui se tenait à Cancun au Mexique a, quant à elle, juste réussi à confirmer ces engagements, sauvant in extremis le processus de discussions multilatérales qui menaçait de s'écrouler.

Certains protagonistes de Durban se montrent d'autant plus prudents que la crise économique occupe depuis de longs mois la première place dans les agendas politiques. «Je trouve totalement absurde quand les gens me demandent comment dans le contexte actuel on peut encore penser aux questions climatiques», s'énerve Connie Hedegaard, la commissaire européenne en charge de ce dossier. «On ne me poserait jamais cette question si j'étais en charge de l'Éducation», ajoute-t-elle. Ces discussions «ne tombent pas au meilleur moment», admet néanmoins Christiana Figueires, la responsable climat de l'ONU.

«Les négociations climatiques sont au pied du mur, et l'on constate un manque d'ambition flagrant», estiment de leur côté les membres du Réseau action climat (regroupement d'associations).

Les États-unis «statufiés»

Dans le grand puzzle mondial, les forces en présence ne cessent d'évoluer. Si les États-Unis sont depuis plusieurs années déjà «complètement statufiés» selon l'expression d'un observateur, ils ont été rejoints cette année par l'Inde pourtant leader l'an dernier à Cancun pour faire avancer le dossier. La Chine semble plus volontaire.

Si le pays n'est pas prêt à prendre le leadership et parle de décisions qui ne pourraient intervenir avant deux ou trois ans, il a désormais tout intérêt à ce que le dossier climat ne reste pas dans les cartons. La Chine a fait le choix de développer une industrie verte. Il est dès lors important qu'une partie du monde suive également cette option.

De ce choix dépend un grand nombre de ses exportations. Les pays africains très attachés au protocole de Kyoto tout comme le groupe des Aosis (les îles) ou encore une bonne partie des pays d'Amérique du Sud ont également intérêt à ce que Durban soit une réussite.

La semaine qui débute lundi est réservée aux discussions entre les techniciens. Plusieurs milliers de participants -délégations officielles, lobbyistes, scientifiques, ONG- vont arpenter les couloirs de réunions officielles en bilatérales discrètes. À eux de préparer les bases d'un éventuel accord à négocier à partir du 8 décembre par les représentants politiques des pays. Un dernier round de tous les dangers.
 

Un article de Marielle Court, publié par Le figaro
 

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Auteur : Marielle Court

Source : www.lefigaro.fr