Comment mettre fin à la crise du bois à Madagascar - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 05/03/2010 à 13h05 par Tanka.


COMMENT METTRE FIN À LA CRISE DU BOIS À MADAGASCAR

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Comment mettre fin à la crise du bois à Madagascar

Au lendemain du coup militaire de mars dernier, la forêt vierge de Madagascar a été pillée pour son bois précieux, notamment le bois de rose et l'ébène. Des dizaines de milliers d'hectares ont été affectés, y compris les parcs nationaux à la plus grande diversité biologique de l'île : Marojejy, Masoala et Makira. L'abattage illégal du bois a également provoqué une augmentation du commerce de gibier tropical. Les chasseurs massacrent aujourd'hui les lémuriens, rares et inoffensifs, pour la consommation des restaurants.

En outre, les gangs armés en maraudes à travers les parcs nationaux ont également affecté le tourisme, une source importante de revenus directs et indirects pour beaucoup de Malgaches. Les commerçants de bois de rose intimident, et dans certains cas voire même battent, ceux qui tentent d'empêcher le pillage. Les ONG de conservation opérant dans les régions affectées ont été quasiment neutralisées parce que le gouvernement « de haute autorité de transition » (HAT), formé par les leaders du coup d'état, a désormais pris un rôle actif dans l'abattage du bois, sans doute pour aider à financer les élections imminentes qui, ils l'espèrent, leur permettront de légitimer leur prise de pouvoir.

À cette fin, Andry Rajoelina, le leader de la HAT, a récemment autorisé l'export de bois de rose, un commerce jusqu'à présent interdit. Cela a déclenché une frénésie d'abattage qui n'a pas été rapportée du fait que le régime a la mainmise sur la presse. L'illégalité perçue du régime de Rajoelina a amené les donateurs étrangers à suspendre la plupart de l'aide pour le pays, mettant fin aux programmes de protection de l'environnement et de mise en application de la loi. La situation est désespérée.

La protestation internationale résultant de l'attention des médias internationaux et d'une campagne organisée par Ecological Internet, un groupe activiste, est parvenu à fermer les exportations de bois de rose depuis le 3 décembre de l'année dernière en faisant pression sur les compagnies de trafic maritime, mais les stocks continuent d'augmenter, les bûcherons ayant été enhardis par l'autorisation de Rajoelina. Les commerçants sont confiants que s'ils attendent suffisamment longtemps, ils finiront par pouvoir expédier le bois de contrebande.

Dès lors, il semble y avoir peu d'options pour répondre à cette crise du bois. Les entités qui interviennent d'habitude ne peuvent ou ne veulent pas le faire : les ONG locales et les communautés sont impuissantes face à la violence et à l'opposition du gouvernement, les ONG internationales (à l'exception du Jardin Botanique de Missouri) ont peur de mettre en jeu leurs projets en prenant position, les gouvernements et agences donateurs refusent de supporter Rajoelina puisqu'il n'est pas élu, et la HAT est complice. Existe-t-il une solution ?

Je ne sais pas s'il y en a une, mais voici une idée : un moratorium absolu sur l'abattage du bois, ainsi qu'une amnistie des poursuites contre les commerçants et un programme de reforestation financé par la vente du bois illégal. Le moratorium prendrait immédiatement effet, les violations étant punies par de longues sentences de prison. Tout le bois de rose en attente d'export à Vohemar, Tamatave et d'autres villes spécifiées serait marqué d'un code qui ne pourrait être imité par contrefaçon (requis pour l'autorisation d'export) et enregistré sur un système de traçage numérique. Le bois pourraient être mis aux enchères sur un système de marché transparent : le prix et le code du bois serait enregistré et disponible au public.

Le revenu des ventes serait divisé selon un système prédéfini. Le commerçant, ayant pris part à une activité illégale mais bénéficiant de l'amnistie pour les crimes liés à l'abattage, recevrait la plus petite part, disons 1 à 3% du prix de vente d'environ 1300$ pour un rondin de taille moyenne. Une plus grande proportion (disons 7 à 9%) serait mise de côté pour l'administration du programme, alors que le reste serait placé dans un fond en fidéicommis divisé entre le mise en application des lois écologiques et la reforestation d'espèces indigènes. Ces deux activités offriraient des opportunités d'emploi pour les communautés locales. Les paiements devraient être structurés de manière à pouvoir durer un minimum de 20 ans afin d'assurer la viabilité.

par Rhett A. Butler - Source : madagascar-tribune.com


Pour lire la suite de cet article, cliquer sur ici

Information recueillie par Tanka

Pour en savoir plus sur la situation planétaire