Comment les pollueurs désinforment - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 16/01/2010 à 21h40 par Jacques.


COMMENT LES POLLUEURS DÉSINFORMENT

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Comment les pollueurs désinforment

Réflexion sélectionnée par Jacques

Juste avant le sommet de Copenhague sur les changements climatiques, des courriers internes et privés de scientifiques britanniques ont été rendus publics (par qui?) afin de jeter le discrédit sur la grande majorité des scientifiques qui recommandent des actions vigoureuses de réductions des émissions de gaz à effet de serre.

Mais qui avait donc intérêt à rendre publics ces courriels?

Il existe de puissants intérêts économiques qui sont prêts à tout pour continuer leurs activités polluantes. C'est pour cela que la désinformation est si importante pour les pollueurs. Désinformer les consommateurs, les citoyens, les médias et les politiciens. Voilà la stratégie plutôt que de régler les problèmes à leurs sources.

Au cours des années, on a pu observer un certain nombre de tactiques utilisées par certains des lobbys industriels pour combattre le renforcement des mesures de protection de l'environnement. Voici en gros, les principales phases de la désinformation des lobbys de la pollution.

Désinformation 1 : « Pour des décisions politiques basées sur la science! »

Lorsque des industriels veulent faire autoriser de nouveaux produits, ils ont tendance à réclamer, dans une première phase, que les politiques publiques soient « basées sur la science ». Comme il n'existe pas (encore) de preuve scientifique que ces produits sont nocifs, les gouvernements se sentent obligés de les autoriser. Bien sûr, il n'existe aucune ou très peu de contre-expertise indépendante pour vérifier ce que prétend les industriels. Les gouvernements autorisent donc les produits sur la base de l'absence de preuve de risques. C'est comme cela que les gouvernements se font avoir par les industriels, en prenant l'absence de preuve de risque comme étant la preuve d'innocuité.

L'autre avantage de cette stratégie pour les pollueurs est d'exclure le public et les citoyens de la prise de décision... « puisqu'il s'agit que d'une question technique pour les experts ». Ne serait-ce pas souhaitable, au contraire, d'impliquer démocratiquement les élus et les citoyens dans la prise de décision? Par exemple, répondre collectivement à certaines questions comme : voudriez-vous manger ou cultiver des OGM ou a-t-on vraiment besoin des OGM?

Les gouvernements ont néanmoins une lourde responsabilité dans cette situation. Pourquoi refusent-ils de financer adéquatement la contre-expertise scientifique indépendante et d'attendre les résultats avant d'autoriser ces produits? C'est ça aussi le principe de précaution!

Désinformation 2 : « Il n'y a pas de consensus scientifique »

Puis, lorsque les premières études scientifiques indépendantes commencent à être publiées et démontrant qu'il y a des problèmes ou certains risques avec les produits autorisés, la stratégie et le discours des pollueurs changent. « Il n'y a pas de consensus scientifique », « Les scientifiques sont divisés », « Il faut faire plus d'études », « Ce n'est qu'une étude », mais surtout « Il ne faut pas interdire ou restreindre la vente de nos produits sans preuve qu'il y a des risques ». Bref, pour faire autoriser un produit, l'absence de preuves de risque est suffisante, par contre, pour interdire un produit dangereux ou qu'il l'est potentiellement, il faudrait la quasi-unanimité des scientifiques! Deux poids, deux mesures, non?

Pourtant, les gouvernements pourraient s'assurer que les produits autorisés soient sujets à une révision scientifique régulière et que le principe de précaution s'applique aussi pendant ce processus de révision.

Désinformation 3 : « Les scientifiques manipulent la science! »

Lorsqu'enfin, après des années de recherches sous-financées, la communauté scientifique arrive à un consensus par exemple sur l'impact des émissions de gaz à effet de serre sur les changements climatiques, les pollueurs ont alors tout intérêt à jeter le discrédit sur les scientifiques. L'affaire de la publication de certains courriels privés (et donc volés!) entre des scientifiques britanniques juste avant le sommet de Copenhague n'était pas innocente.

Cela faisait partie de cette 3e phase de désinformation. Lorsque vous n'aimez pas le consensus scientifique sur un sujet, vous tentez de délégitimer le porteur du message. La légitimité de la science provient de ses pratiques de publications d'articles scientifiques révisés (et critiqués!) par d'autres scientifiques selon des méthodes rigoureuses et transparentes... pas par des courriels! Cependant, le but ici des pollueurs n'est plus de débattre du fond de la science (et contrairement à ce que la phase 1 prétendait), mais de créer une atmosphère de soupçon envers les scientifiques.

Mais pourquoi?

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Source : environnement.ca

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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